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PSG : une nervosité chronique

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Malgré sa victoire (0-1) et un titre qui lui tend les bras, le PSG a perdu ses nerfs dimanche soir face à Evian (trois expulsions). Pas vraiment à la hauteur d’un futur champion de France, même si les Parisiens minimisent l’incident.

L’art de la provoc’ ne s’apprend pas. Maîtrisé, il apporte ce supplément de chair qui enrichit les grandes histoires. A l’égal de ses volées, les courroux d’un John McEnroe ont entretenu la légende de l’ancien maître de la petite balle jaune. Né pour houspiller les arbitres, le « Mac » avait ça dans le sang. En appuyant un peu trop lourdement sa joie au nez du banc d’Evian dimanche soir, Blaise Matuidi est tombé à côté. Brillant cette saison sur le pré, le milieu parisien est un bien mauvais pyromane. « Il m'a dit qu'il avait craqué » a indiqué Cédric Barbosa, le milieu de terrain d'Evian, dans Luis Attaque. « Blaise Matuidi est international. Il n’est pas obligé d’exciter tout le monde à la fin du match, regrettait pour sa part le coach haut-savoyard Pascal Dupraz. Nos enfants le regardent à chaque fois. Un peu de mesure quand même ! »

Le souvenir encore frais d’une douloureuse défaite en quarts de finale Coupe de France au même endroit (1-1, 4-3 tab le 17 avril) n’explique pas tout. Le titre pourtant quasi en poche, la qualification directe en Ligue des champions assurée, Paris n’a pas maîtrisé ses nerfs, à l’image d’un David Beckham, expulsé pour un geste dangereux neuf minutes après son entrée en jeu. « Je suis surpris que Beckham se comporte comme un chiffonnier, c’est nouveau pour moi », s’étonnait Rolland Courbis, membre de la Dream Team RMC Sport. Loin de l’image d’exemplarité véhiculée depuis la reprise du club par les Qataris. Très loin de la stature supposée d’un futur champion de France dont les ambitions dépassent largement les frontières de l’Hexagone.

Le PSG, 19e au classement du fair-play

« On est des hommes. Il y a des sentiments. Il y a d’un côté, une équipe qui joue le titre, de l’autre, une qui joue la relégation donc ça fait des petites tensions. Après, il y a peut-être eu des décisions arbitrales litigieuses donc forcément, on s’énerve un peu plus, tentait de justifier le latéral parisien Christophe Jallet. A la fin, ce sont des petites frictions mais rien de bien méchant. On se quitte bons amis. » Une thèse de l’égarement ponctuel que défendait également le directeur sportif parisien Leonardo : « C’était sur le moment sur le terrain, mais là c’est fini ». « Les joueurs du PSG ont mis le feu aux poudres » assure de son côté Cédric Barbosa.

La 19e place du club de la capitale au classement du fair-play (64 cartons jaunes et 7 rouges, seul Bastia fait pire), largement entretenue il est vrai par l’impayable Marco Verratti (12 jaunes, 1 rouge en 26 matches !) malgré les reproches que lui adresse Carlo Ancelotti, atteste cependant d’une agressivité chronique cette saison. Des chiffres à méditer, même si au coup de sifflet final, Paris se focalisait sur l’essentiel, efficacement condensé par Zlatan Ibrahimovic : « Les cartons rouges ? Ce n’est pas grave, on a gagné le match, on va être champions. »

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S.R avec L.B