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Quand Auxerre prend peur

Anthony Le Tallec

Anthony Le Tallec - -

Face à Lens ce dimanche (17h), l’AJ Auxerre n’aura pas le droit à l’erreur pour préserver son avenir en Ligue 1. Invaincu depuis quatre matches, les joueurs de Jean Fernandez respirent un peu mieux. Mais le spectre de la descente inquiète encore la petite ville de l’Yonne.

Il y a quelques jours, il a passé un coup de téléphone à l’intendant. Pour lui dire que les barrières autour du stade Abbé-Deschamps avaient besoin d’un coup de peinture. A Auxerre, Guy Roux n’est jamais loin. A l’heure où l’AJA tremble pour son avenir, avec seulement deux points d’avance sur Caen (18e), le premier relégable, l’ancien homme fort du club partage sûrement le sentiment d’inquiétude qui parcourt la petite ville de l’Yonne et ses 36 000 habitants. Voir son équipe descendre en Ligue 2, qu’elle n’avait plus connu depuis 1980, Auxerre aurait du mal à s’y résoudre.

« Auxerre est connu grâce à l’AJA, rappelle un commerçant. Descendre, ce serait un coup de massue. » Avec deux victoires et deux matchs nuls lors des quatre dernières journées, les Auxerrois (15e) respirent un peu mieux que des Lensois (19e) qui sont déjà presque condamnés et qui abattent ce dimanche leur dernière carte (17h). Mais cette saison, débutée au paradis de la Ligue des champions et conclue aux portes de l’enfer, pourrait laisser des traces.

Bourgoin : « Il faudra un vrai raz de marée »

Après cinq ans à l’AJA, l’entraîneur, Jean Fernandez, est en fin de contrat. Il n’a pas encore donné son accord à la prolongation qui lui a été proposée et suscite l’intérêt de Nancy ou, à un degré moindre, de Monaco, Bordeaux et Lyon. Le président, Alain Dujon, est lui aussi sous pression. Depuis sa nomination en 2009, il n’a toujours pas de bureau personnel et c’est souvent le président de toujours, Jean-Claude Hamel, qui prend les décisions…

Encore influent et sollicité pour ses réseaux, même s’il ne fait plus partie de l’organigramme, Gérard Bourgoin, l’ancien vice-président du club, n’est pas rassuré par la situation actuelle de l’AJA. « Je suis très inquiet pour mon département, reconnait l’industriel. Ce serait une très grande tristesse de descendre en Ligue 2. C’est beaucoup plus facile de rester en Ligue 1 que de remonter. Si l’encadrement ne réussit à pas à trouver la solution pour se maintenir, sans être acerbe, je ne pense pas qu’il aura les ressources pour remonter. Il faudra un vrai raz de marée, des gens courageux. » Avec l’AJA, le miracle est permanent depuis l’accession à l’élite en 1980. Les Auxerrois aimeraient qu’il se prolonge un peu.

LP avec LB