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Quillot (LFP) : "Le football doit être aussi un business"

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Invité de Larqué Foot ce vendredi sur RMC, le directeur général exécutif de la LFP, Didier Quillot, nouvel homme fort du football professionnel en France, a évoqué de nombreux thèmes : compétitivité de la Ligue 1, chantiers en cours, remplissage des stades. Morceaux choisis.

La gouvernance du football professionnel

"On a voté à l’unanimité en conseil d’administration de la Ligue le 14 avril dernier, et ensuite en assemblée générale, des statuts qui modifient légèrement la gouvernance du football professionnel. On se rapproche du modèle anglais avec un "chairman" et un CEO, c’est-à-dire un directoire et un conseil de surveillance. Mais au-delà de cette gouvernance modifiée, ce qui est important pour moi c’est qu’on a aujourd’hui un football professionnel apaisé, la Ligue 1 et la Ligue 2, étant donné que l’UCPF et la Première Ligue ont signé un protocole la semaine dernière, dans lequel ils ont mis un terme à leurs différends. Nous avons un nouveau budget, celui des clubs, qui pour la saison 2016-2017 est en augmentation de 23%. C’est lié aux droits audiovisuels qui vont être augmentés à partir de cette année (748,5 millions d’euros par an, 850 avec les droits internationaux, ndlr)."

Les relations avec la FFF

"Nous avons donc des bases solides maintenant, en sachant qu’avec la FFF, nous avons un objectif sur trois ans de créer une élite de l’arbitrage avec une professionnalisation de l’arbitrage. On a conduit ce chantier avec Pascal Garibian, le Directeur technique de l’arbitrage et Eric Borghini, le patron de la CFA. C’est un premier exemple de collaboration fructueuse entre la Fédé et la Ligue, j’espère qu’il y en aura d’autres. La Ligue reverse aujourd’hui 17 millions d’euros au football amateur."

Ses propositions pour les nouveaux stades

"Je souhaite que le football professionnel soit géré comme une entreprise. Il faut qu’on améliore l’attractivité du jeu. Il faut qu’on évènementialise certaines compétitions. Nous avons lancé un appel d’offres pour savoir si on pouvait délocaliser la finale de la Coupe de la Ligue en province. On a maintenant des stades de plus de 40 000 places en France, qui sont des merveilleux outils de travail pour les clubs. Il y aussi les barrages Ligue 1 / Ligue 2 qui seront un suspense additionnel, à l’issue de la saison prochaine. Il faut faire ce qu’ont fait les Allemands après la coupe du Monde 2006. Il faut lancer un grand plan marketing des stades après l’Euro 2016 pour augmenter le remplissage, le panier moyen dépensé par les spectateurs dans les stades, refaire venir les familles. Pour moi le modèle sur lequel on devrait tendre, c’est le modèle anglais. Et je n’ai pas peur de dire que le football c’est un divertissement mais ça doit être aussi un business. Il faut qu’à terme, on arrive à transformer notre football, les Allemands sont un bon exemple en matière de remplissage des stades."

Les chantiers économiques

"Il y aussi un travail à faire sur les charges, on a remis un rapport à Thierry Braillard. Parmi les propositions il y a une modification de la règle du numéro d’affiliation qui permettra à tout investisseur de voir notre football et nos clubs avec un meilleur œil, sans être bloqué par l’association. Il y a un autre chantier sur lequel il faut travailler, sur des améliorations fiscales en matière de sponsoring, un peu comme dans le cinéma. Il y a aussi une recommandation au niveau du salaire des joueurs, qui pourrait être versé en forme de redevance. Si on améliore la compétitivité, avec l’augmentation des droits TV qui arrive, on est encore très loin des Anglais, des Allemands, des Espagnols, on peut y arriver. Mais il faut que les investisseurs français et étrangers s’intéressent plus à notre football. Il faut permettre à nos clubs d’investir davantage, de retenir les meilleurs joueurs."

La dimension culturelle

"Quand vous regardez en Angleterre, vous avez souvent le père de famille, la mère de famille et les enfants avec le maillot du club, c’est dans l’ADN du pays. On n’a pas cet engouement-là en France. Les pouvoirs publics sont aussi favorables au développement du foot en Angleterre. De notre côté, on a parlé de la fameuse absence de vente de bière en Coupe de la Ligue, alors que les spectateurs qui reviendront voir Maître Gims dans quelques semaines pourront acheter des bières, pareil au stade de Rennes pour les demi-finales du Top 14. Il faut aussi que les pouvoirs publics nous soutiennent."

La présidence de la Ligue

"On aura un président intérimaire à partir du 27 mai, puis un nouveau président à partir de septembre/octobre. J’assurerai malgré tout l’intérim demain, pour la finale de la Coupe de la Ligue. Je ne descendrai pas sur la pelouse pour serrer les mains des joueurs car je ne suis pas président, et d’ailleurs je pense que ce protocole est un peu désuet."