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Ramé : « Lloris a une longueur d’avance sur Mandanda »

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Longtemps titulaire indéboulonnable à Bordeaux, Ulrich Ramé a prolongé d'une saison en janvier dernier, avant de voir arriver Cédric Carrasso et son statut de gardien n°1. L’ancien portier international, qui tente d'assumer cette nouvelle donne, s’exprime aussi sur la situation de Lloris et Mandanda chez les Bleus.

Ulrich Ramé, lorsque vous avez prolongé votre contrat en janvier dernier, aviez-vous envisagé le fait de n’être que gardien remplaçant cette saison ?
C’était une possibilité donc je le savais. Dans l’état actuel des choses, il n’y a pas d’ambiguïté. Le groupe monte crescendo depuis trois ans. Etant sur mes dernières années professionnelles, il est normal qu’il y ait du changement. C’est ce qui s’est passé naturellement entre la saison dernière et cette saison. Il faut être objectif : une carrière sportive est relativement éphémère, personne n’est indispensable, et il faut du renouveau pour l’émulation d’un groupe. C’est tout de même plus facile à gérer quand on l’a anticipé.

En arrivant à Bordeaux, Cédric Carrasso se réjouissait d’évoluer à vos côtés en expliquant qu'il avait travaillé avec Barthez à l'OM et que cela lui avait beaucoup apporté... Alors, lui avez-vous donné des conseils ?
Non, je ne suis pas quelqu’un de moraliste ou de paternaliste. De plus, Cédric n’est pas un novice. Il a déjà une certaine expérience… Qui plus est, on n’a pas les mêmes gabarits, on n’a pas les mêmes défauts, ni les mêmes qualités. Il doit simplement trouver le bon tempo pour être le plus performant possible…

Un mot sur la hiérarchie des gardiens en équipe de France… Alors Lloris ou Mandanda ?
Lloris a une longueur d’avance sur Mandanda. Pour entrer dans une compétition comme la Coupe du Monde, le sélectionneur (Raymond Domenech) va devoir se positionner sur une hiérarchie. Il le sait. Le poste de gardien de but est un poste particulier, et il n’y a pas de solution miracle. Certains préfèrent le savoir tout de suite, et d’autres peuvent dire le contraire. Il y a pleins de petits facteurs qui entrent en ligne de compte, et je pense qu’il faudra surtout regarder l’état d’esprit des joueurs concernés, leur motivation, leur maturité… C’est d’ailleurs peut-être ce que Domenech est en train de faire…

Pour cause de barrages, la 11e journée de Ligue 1, prévue en milieu de semaine fin octobre, est reportée au mois de décembre. Cela va vous faire une fin d’année chargée au niveau du calendrier…
Il faut s’adapter. On n’a pas le choix car l’équipe de France est prioritaire. Mais heureusement, quand on abordera ces quatre matches fin décembre, on en aura fini avec la phase de groupes de la Ligue des Champions. Cela aurait été plus compliqué si ce match à Montpellier s’était intercalé entre des matches européens. Depuis plusieurs années, Bordeaux a tendance à être un diesel en se reboostant au fur et à mesure des mois. J’espère que ce nouveau calendrier ne changera pas nos bonnes habitudes.

recueillis par Olivier Schwarz (RMC Sport)