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Rennes est d’attaque

Mevlut Erding

Mevlut Erding - -

Après deux défaites consécutives, le Stade Rennais s’est imposé à domicile face à Bastia (3-2), ce samedi pour le compte de la 3e journée de Ligue 1. Les hommes de Frédéric Antonetti lancent enfin leur saison.

L’état d’urgence était déjà décrété du côté de Rennes… Avec deux défaites lors des deux premières journées (contre Lyon et à Bordeaux), les Bretons, habitués aux départs flamboyants depuis l’arrivée de Frédéric Antonetti en 2009, connaissaient leur pire début de saison depuis 2006-2007. « Il est évident qu’on est au pied du mur », regrettait même l’entraîneur rennais avant la réception de Bastia. Au coup d’envoi contre Bastia, le Stade Rennais était même la seule équipe de Ligue 1 à ne pas avoir inscrit le moindre but depuis le début de saison… Mais quoi de mieux que de battre (3-2) l’équipe surprise de ce début de saison pour repartir de plus belle ?

Pour la première fois de sa carrière d’entraîneur, Frédéric Antonetti se retrouvait face à Bastia, son club de toujours. Et le Corse gardera certainement un bon souvenir de cette grande première. Eteint lors des deux premières sorties de la saison, Jonathan Pitroipa semble avoir compris l’état d’urgence lancé par son entraîneur dans la semaine. Constamment dans les bons coups, l'ailier burkinabé sert sur un plateau son nouveau coéquipier Romain Alessandrini. Pour sa deuxième apparition dans l’élite, l’ancien Clermontois, auteur de 11 buts la saison dernière en Ligue 2, résiste au retour d'Angoula et fusille Novaes (22e, 1-0). Comme quoi le travail spécifique, mis en œuvre pendant la semaine, porte ses fruits.

M'Vila libère Rennes

Mais Bastia, qui s’est imposé deux fois alors qu’il était mené au score (à Sochaux et contre Reims), est une équipe à réaction. Bien décidés à poursuivre leur bonne série, les Corses reviennent de suite dans la rencontre, grâce au premier but de François Marque en Ligue 1, bien aidé par la sortie hasardeuse de Benoît Costil (28e, 1-1). Malgré la colère et le regard noir de Frédéric Antonetti, il en faut plus pour décourager les Rennais. Parfaitement lancé par Erding, Pitroipa, encore lui, permet à son équipe de rentrer aux vestiaires avec l’avantage au score (40e, 2-1). Mené et réduit à dix après l’expulsion d’Ilan (54e), Bastia n’abdique pas et persévère. Une force de caractère récompensée par une égalisation inespérée de Sylvain Marchal, à l’affût sur un coup-franc lointain de Khazri (75e, 2-2).

Mais après un mois d’août maussade, il était certainement écrit que le Stade Rennais parviendrait à faire tourner la roue sur un coup du sort… Comme un symbole, c’est Yann M'Vila, en instance de départ, qui se charge de forcer le destin. A 30 mètres, l’international français prend sa chance et sa frappe, qui est déviée par la tête d'Erding, file sous la barre de Novaes (84e, 3-2). Les Rennais tiennent leur première victoire, font tomber l’un des coleaders de la Ligue 1 avant cette 3e journée et lancent leur saison. Présent dans les tribunes du stade de la Route de Lorient, Jean II Makoun, dont la présentation officielle a été repoussée, a certainement dû apprécier…

Le titre de l'encadré ici

Hantz : « La victoire des puissants contre les modestes »|||

Frédéric Hantz, l’entraîneur bastiais :

« D'abord, il y a l'analyse des faits. Sur le premier but, il y a une faute grossière sur Fethi Harek qui n'est pas signalée. Le deuxième fait de jeu, c'est l'expulsion d'Ilan, qui ne voit pas le joueur. Il le dit à l'arbitre et est expulsé de façon incompréhensible. On a le mérite de revenir au score, et la cerise sur le gâteau, c'est le troisième but de Rennes, qui est très heureux. C'est la victoire des puissants contre les modestes. Nous, les modestes, on doit être plus malins, plus réalistes. Je suis très satisfait de la façon dont on a abordé et géré ce match. On continue notre apprentissage. On apprend plus dans la défaite. »

Frédéric Antonetti, l’entraîneur rennais :

« Je pense qu'on est encore convalescents. On a fait de bonnes choses, avec une bonne circulation de balle qui met l'équipe adverse en danger. Mais on sent une crispation. J'espère que le résultat et le scénario de ce soir vont nous faire du bien. Il y a eu des choses positives ce soir, j'ai vu des joueurs à leur meilleur niveau, comme Pitroipa. Dans l'ensemble, la victoire est quand même méritée, même si elle vient sur un but de chance. On sent un potentiel, mais cette équipe a besoin de confiance, parce qu'elle manque d'expérience. »