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Riolo : "La Ligue 1 progresse-t-elle vraiment ?"

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Les progrès de la L1 en chiffres…

On a vite évoqué un frémissement. Dès l’été, on a senti un parfum nouveau. On a vu de nouveaux dirigeants, des coaches pour qui le foot n’est pas d’éviter, avant tout, de prendre un but. Le mercato a aussi été intéressant. Etonnant même, comme à Nice.

Après on a vu les matches. On fait moins la sieste devant la L1. On arrive même à suivre un match de Coupe de la Ligue sans soupirer. Il ne s’agit pas de s’enflammer et de dire que tout va bien, mais de constater que tout va mieux.

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Et comme un auditeur de l’After très attentionné a demandé à ce que parfois nos analyses soient plus pointues, qu’elles soient plus « scientifiques » (oui le mot fait peur je sais), je vais tenter de manier les chiffres pour expliquer tout ça.

La Ligue 1 tourne autour du PSG. Le champion depuis 4 ans étant la valeur étalon, on va prendre ce club comme point de départ. Je dis ça, parce que certains pensent que Paris est en recul et que le départ d’Ibra le géant a rendu la L1 plus équilibrée voire compétitive. Je ne le crois pas.

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Le PSG ne refera pas de sitôt une saison aussi folle que la 2015/16. 96 points, 57 après 21 journées, c’est indécent. Les autres étaient déjà à plus de 20 points. Jamais derrière un leader on avait été à ce point largué. C’était il y a un an mais qui se souvient qu’Angers était 3e, que l’OL ne comptait que 29 points ! Comme Rennes aujourd’hui. Bref, la résignation était totale. Notre championnat touchait le fond. Parce que si le PSG était énorme, rien n’obligeait les autres à être aussi nuls. Rappelons qu’on ne joue que deux fois par an contre le monstre.

Malgré tout, après 21 journées, et si on remonte à la saison 2012/13, la moyenne de points du PSG est de 47,5 points. Contre 45 aujourd’hui. L’écart n’est pas si dingue. Si on enlève la « surréaliste » saison dernière, le PSG actuel est un brin au-dessus. Peut-on vraiment dire que le PSG a baissé de niveau ? Que sans Ibra, c’est moins bien ? Je ne le crois pas.

Mais le plus significatif, c’est les progrès des autres. D’abord de Monaco. Jardim est bien installé. Le club fonctionne bien, le recrutement a été judicieux. 48 points, c’est le top des années « russes ».

La progression de Nice ne souffrant d'aucune contestation, passons à l’OL. L’analyse des quatre dernières saisons dit qu’en termes de points, Lyon est stable. 36,75 contre 37 aujourd’hui. Lyon c’est le club de L1 par excellence. Le caméléon qui s’adapte. La saison dernière, l’OL a attrapé le podium en n’ayant que 29 points après 21 journées. En 2013/14, il en avait 31 au même stade et a terminé au final 5e. L’OL, c’est le club qui s’accroche pour rester en haut. C’est jamais simple, toujours fait de soubresauts. Deux fois sur les quatre dernières saisons à plus de 40 points après 21 journées et trois fois sur le podium !

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L’autre année avec 3 équipes au-dessus de 40 points à ce moment de la saison, c’est 2014/2015. OL, OM, PSG, avec 45/44 et 41 points. C’est la saison de Bielsa à l’OM. Une bonne saison de L1 au final, saluée comme tel par la majorité des observateurs.

Cette saison, c’est encore mieux. En fait, jamais un trio de tête n’a eu autant de points ! C’est remarquable non ? Quoi de mieux que ce chiffre pour observer la progression de la compétitivité ? 46 points de moyenne pour notre trio de tête. Et même si on prend l’OL, 4e, on reste au sommet historiquement !

Les années « homogènes » dans la mélasse du moyen sont loin. On tire vers le haut et nos locomotives avancent.

Les chiffres sont donc bons et attestent d’une L1 en progression. Après, il y a le jeu. C’est évidemment beaucoup mieux. Ça aussi ça se prouve en chiffres ? Peut-être, mais je ferai ça une autre fois…

Daniel Riolo