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Riolo : « Le PSG, à suivre sans résignation…»

Daniel Riolo

Daniel Riolo - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Retour sur un aspect du déplacement du PSG à Bastia… De l’échauffement des stars du PSG avant le coup d’envoi jusqu’à la différence de charges de travail entre la Ligue 1 et l’étranger. Observations.

Tous les yeux sont sur eux. Toutes les têtes tournées d’un seul côté, celui du PSG. Le groupe de joueurs s’échauffe. « Impressionnant », c’est le mot qui tombe de toutes les bouches. Pourtant à Bastia, si on sait recevoir, en matière de foot on veut d’abord se faire respecter. Orgueil, fierté doivent être mis en avant. Le peuple l’exige. Le speaker chauffe la foule : « On s’en fout du PSG et de son pognon… U.N.I.T.I ! »

Un manque de travail qui saute aux yeux

Le public répond et s’efforce de croire à l’exploit. Evian l’a fait. Pourquoi pas nous ? Sur le terrain, les Parisiens dégagent tranquillité et assurance. L’entraînement est rôdé. Au bord de la pelouse, tous les médias, l’entourage des deux clubs, amis, invités, une trentaine de personnes, regardent les vedettes du PSG. De l’autre côté du terrain, il y a pourtant l’équipe locale. Le choc visuel est troublant. Même les petits joueurs parisiens semblent plus grands que ceux d’en face. Et même quand ils sont plus petits, ils sont plus forts, plus costauds. Les corps, les muscles sont plus affirmés. Les jambes ne sont pas les mêmes. Et je ne parle pas des montagnes Ibra et Alex. Face à cette différence évidente, comment ne pas penser aux récents débats autour du manque de travail des joueurs et des clubs français ? Ça saute aux yeux, il faut juste les ouvrir.

« Guilavogui n'a pas fait le poids »

Quelques heures plus tard, j’ai croisé Thauvin en visite dans son ancien club. Un enfant. Ils font quoi à l’entraînement à Marseille ? Selon certains, pas grand-chose. Je me souviens que sous Deschamps, beaucoup se plaignaient des charges de travail qui, paraît-il, avait usé les joueurs !! Ça a changé. Le lendemain à la télé, je vois Guilavogui. Un joueur qu’on dit solide, costaud. En Espagne, il n’a pourtant pas fait le poids. En off, il confie qu’entre l’ASSE et l’Atletico, il n’y a pas un monde, mais un univers. Image simple mais claire. Une pensée pour Ravanelli qui s’est fait virer pour avoir trop fait bosser ses joueurs… On en reste au constat, ou on avance ?

« Boudebouz tente de mettre des coups pour jouer au dur »

Retour à Bastia. Dès l’échauffement on sait donc que l’exploit est impossible. En marchant, le PSG mène vite 2/0. A la pause, au micro de Canal, Julien Sablé dit qu’il aimerait bien être méchant, mais que pour cela, il faudrait pouvoir les attraper… Le joueur emblème du Sporting, Cahuzac, lui y arrive. Pas plus costaud que ses coéquipiers, mais au moins plus concerné, plus courageux. Le meneur de jeu du club avec ses jambes d’ado, Boudebouz ne voit pas un ballon et ne fait rien pour le voir. De temps en temps, il tente de mettre des coups pour jouer au dur. Minable. Le public de Bastia mérite mieux qu’un joueur aussi pathétique.

A Bastia, comme dans beaucoup d’autres clubs de L1, on pense que ce PSG, c’est bon pour le championnat. C’est vrai. Les stades sont pleins, les droits TV vont augmenter, ça attire l’attention sur la L1. Potentiellement ça peut donc faire entrer du blé dans les caisses. Mais ce qui serait bien aussi, c’est qu’au lieu de juste les regarder, les admirer avec des yeux résignés, notre L1 soit influencé sportivement et améliore son professionnalisme. Entrer enfin dans un football exigeant. Suivre l’exemple PSG et pas uniquement l’admirer…

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