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Riolo : « Monaco, c’est vraiment sérieux… »

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Le premier choc de la saison. Enfin. Un OM/Monaco attirant. Après un week-end de L1 classique, donc navrant, j’avais une énergie débordante pour ce match.

Et après ce qu’on a vu durant le week-end, cet OM/ASM, c’était du caviar. Plus sérieusement sans être exceptionnel, la première période est très agréable. L’intensité est là et c’est d’abord équilibré. La sortie de Toulalan change tout. Avec Obbadi et Py, le milieu de l’équipe de stars qui doit jouer le titre prend une grosse claque. A y regarder de plus près, cette équipe de Monaco est tout de même curieuse. La charnière centrale a un passé, mais lointain et son présent est flou. Sur les côtés, c’est jeune et dynamique mais sous la pression d’une bonne équipe, c’est tendre. Moutinho est un très bon joueur, mais le lancer au Vel pour son retour, c’est compliqué. Face à cette équipe, l’OM livre un match plein. Ayew montre qu’il est bien le meilleur marseillais depuis des années. Autour de lui, l’équilibre est bon, l’implication totale. La « bonne nouvelle », c’est l’entrée de Mendes bien meilleur que Diawara. Les relances sont plus propres et si en plus il marque…

L’OM mène donc logiquement, au terme d’une première période ou sans être écrasante la supériorité marseillaise fut nette.

La seconde période ne perd rien en qualité. On est bien devant un match de L1 et ça fait du bien. On n’est pas gavé de ralenti pour faire passer la pilule du match en bois. Mal revenu, l’OM est rejoint dès l’entame. Un ballon qui traîne devant Falcao c’est un cadeau.

Le match est différent et Monaco passe devant. Les raisons ? Moutinho a plus de temps pour jouer et ça change tout. Et puis à Marseille, l’effet compact a disparu. Derrière, c’est laxiste, devant seul Ayew est à la hauteur. Valbuena, mais surtout Payet et Gignac ne font rien. Il n’y a plus de cohérence collective à Marseille.

La sortie de Falcao ne perturbe pas l’ASM. Sur le Rocher, la Hype Rivière est à son comble. Monaco qui gagne au Vel, franchement je n’y croyais pas. Sur la fin, la tranquillité dégagée par l’équipe m’a bluffé. Pas de doute, le premier test pour Monaco est réussi.

A Paris, Pastore est donc le grand coupable. Si le PSG joue mal, c’est à cause de lui. Il faut carrément le mettre dehors ! J’avais rarement vu un joueur se faire descendre avec une telle force. L’Equipe qui titre « Pastore ça suffit », ça je dois dire que j’en suis resté bouché bée. A quand un « Benzema ça suffit en Bleu » ? Certes on voit bien que l’Argentin est hors du coup. Autant de ratés, c’est même troublant, invraisemblable. Mais peut-on évoquer l’attitude d’Ibra ? Il casse absolument toute tentative de jeu. Lavezzi qui manque le cadre à 3 mètres, on peut ? Son manque d’implication, ses appels inexistants. Le niveau de Matuidi ? Motta qui marche ? Lucas qui rentre et joue à l’envers ? Les latéraux qui oublient de monter ? Ah non, c’est Pastore. Alors descendons un mec, ça facilite l’analyse. Le mouvement, le collectif, à quoi bon en parler ?

De toute façon, il paraît que c’est déjà acté, après 4 matches, le PSG de Blanc joue mieux que celui d’Ancelotti. Les amis journalistes et consultants du coach parisien sont déjà en mission.

Derrière les matches qui font parler, on a encore vécu une journée de championnat assez désolante. En exergue évidemment la faillite de l’OL. Le début de l’entame du championnat avait été bon, mais le début de saison est une cata. J’avais parlé après les deux matches contre la Real Sociedad (et j’avais poursuivi après les matches d’Europa League) de l’attitude des joueurs. Des signes, des visages. A chaque fois on me prend pour un fou quand je parle de ça. On préfère rester coller au terrain. Après la déroute d’Evian, Garde en a toutefois parlé du comportement de son équipe. De ces jeunes monté au pinacle en deux matches. J’ai étudié de près cette histoire de jeunes dans notre foot. Ce que je vois à l’OL depuis quelques matches ne contredit en rien mon constat. Je vois des gamins qui avant de penser foot, travaillent leur look, leur attitude, l’image et cette obsession de ne pas montrer le plaisir. Je prends le droit, aussi, d’évoquer le souci de l’affirmation identitaire voire religieuse. Ce problème n’est pas que lyonnais. On le trouve un peu partout en L1. Si les mecs s’impliquaient à 100% pour le foot et arrêtaient de se prendre pour ce qu’ils ne sont pas… voilà, c’était en gros le propos de Remi Garde.

D’ailleurs la L1 se joue beaucoup là-dessus. Une sorte de quand on veut, on peut. Beaucoup de coaches, de joueurs sont interchangeables. Regardez Sainté. Honteux contre une équipe danoise, les joueurs se sont bougés contre Bordeaux. Interchangeable comme Erding. Décevant au PSG, puis à Rennes, l’ASSE le prend. Surprenant non ? L’idée peut-être qu’en changeant de cadre, il sera meilleur. Sainté reprend Mollo aussi. Galtier et les dirigeants n’en voulaient plus. Leurs mots à son égard étaient plutôt durs, mais pourtant il revient ! C’est une sorte de recrutement faute de mieux, au rabais.

Un mot sur Bordeaux qui est en train de se « Rennisé », de devenir un club quidam, avec des joueurs qui s’en foutent souvent et jouent parfois. Une sorte d’équipes de morts-vivants.

Pour finir, vous avez probablement lu avec intérêt l’interview de Falcao dans l’Equipe de samedi. Il découvre la L1 et nous en parle, comme on en parle depuis longtemps. C’est pas très joli. On dit souvent que notre foot n’est pas « imprégné ». On dit qu’il manque une culture foot dans notre pays. Je crois au contraire qu’on en a une. Elle se forge, elle pousse, se construit. Et cette « culture », elle est très moche.

Après une telle semaine alors qu’on est seulement fin août, désolé, mais je n’ai pas pu me retenir d’être sombre…

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Daniel Riolo