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Sagnol : « Bielsa ? Des résultats qui ne durent jamais »

Willy Sagnol

Willy Sagnol - AFP

Avec 14 points en sept matchs de Ligue 1, Willy Sagnol réalise de très bons débuts en tant qu’entraîneur de club. Avant la réception de Rennes ce dimanche (14h), il dresse le bilan de ses premiers pas comme coach de Bordeaux, fixe les ambitions girondines et exprime son scepticisme au sujet de la méthode de son homologue marseillais Marcelo Bielsa sur le long terme.

Son premier bilan comme entraîneur

« Je dirais que le plus dur à accepter, c’est de voir certaines choses à un moment donné sur le terrain, de se dire que les joueurs les ont comprises et de se rendre compte, le week-end d’après, qu’en fait non, ils ne les avaient pas comprises. Ça montre qu’il y a du travail au quotidien. Il ne faut jamais se relâcher parce qu’un joueur, avant d’être un joueur, est un homme et tous les hommes ont des défauts, les entraîneurs aussi. Rien n’est jamais acquis et il faut toujours travailler là-dessus. C’est le plus difficile mais c’est ce qui fait qu’on a envie de se lever tous les matins. »

Son nouvel adjoint Patrick Guillou 

« J’avais défini un cahier des charges sur le profil de l’adjoint que je désirais. On a travaillé de manière collégiale, avec tout le reste du staff. On a rencontré plusieurs personnes et le profil de Patrick correspondait au cahier des charges, et humainement ça s’est bien passé avec tout le monde, donc pourquoi pas ? C’est un joueur qui a marqué Saint-Etienne parce que c’était un joueur de club, qui respectait toujours l’institution et qui se donnait à fond. Dans un staff, il va amener exactement les mêmes choses, c’est-à-dire du punch, son regard sur le foot, son regard sur les joueurs. C’est bien d’avoir des regards différents, ce n’est pas toujours notre regard qui est le bon. Il sera amené aussi à superviser l’adversaire, éventuellement des joueurs aussi. Ce sera une mission un petit peu large. »

Un rythme pour la Ligue des champions

« Je ne sais pas pourquoi on serait tendu. On a pris 14 points sur 21 possibles. C’est presque un rythme de champion de France, non (rires) ? Ça fait 76 points à l’arrivée, on ne serait pas loin de la Ligue des champions. Pour l’instant, on prend ce qu’on a pris. On connaît nos limites, nos défauts, nos lacunes mais on sait également ce qu’on veut, ce qu’on fait de bien. On sait que l’état d’esprit est bon. Quand je parle d’état d’esprit, c’est un garant de résultats, de bonne atmosphère tous les jours. Les joueurs sont contents de voir le staff et le staff est content de voir les joueurs. Tant que ça restera comme ça, les résultats seront présents. » 

Des ambitions de titre ?

« Viser le titre ? Je ne sais pas. Il faut viser le plus haut possible de toute façon. On ne peut pas dire aujourd’hui qu’on va viser la 7e place, parce que si on finit 8e, on va être déçu. Pour finir là où est la place de Bordeaux, il faut viser plus haut. Il faut savoir être ambitieux, après il faut s’en donner les moyens et si on n’y arrive pas, ce n’est pas la fin du monde non plus. »

Dans l’ombre de l’OM et du PSG

« On est caché, il y a une grosse Cannebière qui est au-dessus, donc elle prend tout le soleil. C’est bien, elle est habituée au soleil. La Tour Eiffel est juste en-dessous, elle pique avec les trucs pointus dessous (rires). Plus on avancera dans la saison, plus on restera longtemps en haut et moins ce sera anecdotique. Ce que font les joueurs depuis trois mois c’est très fort, donc en termes d’état d’esprit c’est normal qu’on se retrouve-là. En termes de jeu, on peut toujours vouloir mieux. »

La méthode Bielsa 

« Il a une méthode forcément très particulière, qui amène toujours des résultats immédiats mais qui ne durent jamais. J’ai connu des entraîneurs comme ça, Félix Magath par exemple. En Allemagne, dans tous les clubs qu’il a faits, il a eu des résultats immédiats. Au bout d’un moment, lorsqu’on considère les joueurs comme des machines, on se heurte à l’homme et ça devient difficile. Mais s’il est là pour un an ou deux ans, ça marchera. Sa méthode est peut-être meilleure que la mienne, la mienne est peut-être meilleure que la sienne. Il n’y a que les résultats qui comptent et il a des résultats aujourd’hui, donc sa méthode est bonne. »

la rédaction avec OS