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Stade des Lumières : enfin la première pierre !

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La première pierre du stade des Lumières va être posée ce mardi matin à Décines. Une délivrance pour l’OL et son président Jean-Michel Aulas, qui se battent depuis plusieurs années pour faire aboutir le projet.

C’est une semaine dont Jean-Michel Aulas se souviendra longtemps. Deux jours après la victoire arrachée à Saint-Etienne (2-1), le président de l’OL va vivre un nouveau moment de bonheur ce mardi à 10h. Quasiment une délivrance. La première pierre du stade des Lumières va enfin être posée sur le site de Décines-Charpieu, avec plus de trois ans de retard sur le calendrier initial ! Un chantier maudit qui a fait passer bien des nuits blanches au boss rhodanien. Ce dernier ne s’imaginait sans doute pas une telle situation lorsque l’Olympique Lyonnais est entré en bourse en février 2007… A l’époque, l’ogre de la Ligue 1 est en pleine gloire. L’équipe, qui gagnera quinze titres entre 2002 et 2008, surclasse la concurrence sous les ordres de Gérard Houllier. Fort des 100 millions d’euros levés par la bourse, Lyon se lance dans la construction d’un grand stade à Vénissieux. La livraison est prévue pour juin 2010. Mais les propriétaires américains du terrain engagent une bataille juridique contre l’OL. Après plusieurs mois de conflit, la piste est abandonnée.

Il faut trouver un nouvel emplacement en urgence. Gérard Collomb, le maire de Lyon, impose le site du Montout, à Décines. Une décision loin de faire l’unanimité. Mais Aulas fait avec. Pas le choix, pas le temps. Sauf que les riverains ne sont pas de cet avis. Une nouvelle – et très longue – bataille juridique s’engage. Elle débouchera sur 80 recours, tous gagnés par l’OL. Entre-temps, les résultats financiers et sportifs du club s’étiolent. Les comptes sont dans le rouge à chaque fin de saison (-19 M€ en juin dernier). L’été 2009, l’arrivée de Yoann Gourcuff et les 90 millions d’euros dépensés plombent la trésorerie. Les banques perdent confiance. Aulas rame pour obtenir des prêts... Mais le 28 mai 2010, une annonce décisive relance le projet. Ce jour-là, la France obtient l’organisation de l’Euro 2016. Le stade des Lumières devient un enjeu national. Le permis de construire est déposé en janvier 2011 et les travaux de terrassement débutent en octobre 2012, alors que tous les recours ne sont pas purgés. Un risque qu’Aulas est obligé de prendre compte tenu des délais.

40 à 60 M€ de recettes par an

Une option payante puisqu’il obtient le feu vert quelques mois plus tard. Désormais, la livraison du stade est prévue au plus tard le 29 janvier 2016. Avec l’espoir de voir l’enceinte de 58 000 places inaugurée le 8 décembre 2015, jour de la fête des Lumières. Il faudra pour cela couler les 13 000m 3 de béton et poser les 33 kilomètres de gradins. Un chantier colossal auquel vont s’atteler 1500 ouvriers. « Un hôpital de 700 lits représente à peu près 50 000 m3 de béton, là, on en a presque trois fois plus, illustre Yann Nicolas, le chef des travaux. C’est quelque chose d’extrêmement important. » L’écrin totalement privé (une première en France) coûtera au total 405 millions d’euros. Une somme entièrement financée par l’OL, via ses fonds propres et des emprunts auprès de onze banques différentes. Le conseil général et du Grand Lyon prendra en charge la construction des accès (rocade, tramway…).

Un investissement que le club rhodanien espère amortir rapidement, sachant que son stade lui rapportera 40 à 60 millions d’euros par an, grâce notamment aux 6130 places VIP. Avec un centre de loisirs, des espaces de bureaux, un centre médical et deux hôtels, l’enceinte sera ouverte tous les jours. Sans parler des concerts, spectacles et autres matchs internationaux qui y seront organisés. « On a été tenaces et déterminés pour en arriver là, sourit Gilbert Giorgi, vice-président de la Foncière du Montout, la filiale de l’OL qui gère la construction. On a eu pas mal d’embûches. Mais on savait qu’on irait au bout ! » En espérant qu’aucun nouvel obstacle ne surgisse d’ici la pose de la dernière pierre…

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Alexandre Jaquin avec Edward Jay et à Lyon