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Taxe à 75% : La grève est déclarée !

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Les clubs professionnels français ont décidé de se mettre en grève le week-end du 29 novembre afin de protester contre la taxe à 75%. François Hollande doit rencontrer les principaux dirigeants. Le dialogue s’annonce tendu.

La menace a finalement pris une tournure concrète. Les clubs professionnels français ont décidé ce jeudi de se mettre en grève le week-end du 29 novembre. Une décision, prise à l’unanimité, qui vise à protester contre le projet de loi concernant la taxe à 75 % sur les très hauts revenus. La 15e journée de Ligue 1 et la 16e journée de Ligue 2 vont donc être perturbées. Des affiches comme PSG-Lyon, Monaco-Rennes ou Marseille-Montpellier devraient être reprogrammées plus tard dans la saison.

« La situation est gravissime pour le football français, explique Jean-Pierre Louvel, le président de l’UCPF (syndicat des clubs). Le gouvernement n’a pas mesuré l’ampleur des dégâts que ça va provoquer si cette taxe est appliquée. Il fallait pousser un grand cri de désespoir. Pas seulement pour les clubs, mais pour les 25 000 emplois que nous représentons. Demain, le foot français peut entrer dans la 3e division du foot européen. Nous nous battons contre ça, et c’est notre devoir. » Durant ces « journées blanches », les stades devraient tout de même être ouverts afin de sensibiliser les supporters.

Rendez-vous avec Hollande

En cette période de crise, la taxe à 75%, qui s’appliquera sur deux ans et portera sur les revenus 2013 et 2014, pourrait coûter 44 millions d’euros à la L1. Excepté le PSG et Monaco (qui n’est pas soumis aux mêmes règles fiscales), les autres clubs auront beaucoup mal à supporter un tel impôt. Certains estiment que la mesure pourrait même entraîner la fuite des talents et la disparition de plusieurs équipes. « Il s'agit de sauver le foot français, résume Louvel. Nous sommes tous mobilisés. On a besoin de dire non, ne tuez pas notre outil de travail ! »

François Hollande doit rencontrer la semaine prochaine les dirigeants du football français pour tenter de sortir de l’impasse. Et peut-être éviter la grève. Mais le dialogue s’annonce tendu. Matignon a annoncé dans la journée que les clubs seraient traités « comme les autres entreprises » concernant la taxe à 75%. Une fermeté qui devrait les pousser à aller au bout de leur action. Reste à savoir comment vont réagir les diffuseurs et les supporters, eux qui n’ont plus connu de grève dans le championnat de France depuis 1972…

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|||Les présidents de clubs pas tous unanimes pour la grève
Les patrons du syndicat des clubs professionnels ont du se montrer convaincants. Car selon nos informations, de nombreux présidents étaient contre l’idée d’une grève avant la réunion de mercredi. Parmi eux, il y a d’abord ceux, pas assez riches qui ne sont pas concernés par cette taxe de 75 %. Alors pourquoi faire grève ? Il y a ceux qui ne perdront que quelques dizaines de milliers d’euros,  et qui ne seraient pas gênés de voir certains de leurs concurrents affaiblis par cette taxe. Enfin beaucoup d’entre eux ont peur de voir l’image du football français dégradée par une grève. Selon eux, beaucoup de Français et la majorité de leurs supporters ne comprendraient pas un tel mouvement alors que le pays est en crise. Voilà pourquoi l’UCPF avant cette réunion a fait appel à une société de communication pour trouver les bons mots. Autrement dit ne pas heurter l’opinion publique. Rapidement le mot grève a donc été remplacé par journée blanche.

A.J.