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Taxe à 75% : Vers un boycott de la Ligue 1 ?

Jean-Pierre Louvel

Jean-Pierre Louvel - -

Les clubs professionnels envisagent de boycotter plusieurs journées de Ligue 1et de Ligue 2 afin de protester contre la taxe à 75% sur les très hauts revenus. Une décision est attendue le 24 octobre. En amont, l’UCPF espère amorcer un dialogue avec le gouvernement.

Une inquiétude grandissante

Le sujet a enflammé les discussions mardi lors du comité exécutif de l’UCPF (le syndicat des clubs professionnels). Réunis à cette occasion, les présidents de Ligue 1 et Ligue 2 ont exprimé leur opposition à la taxe à 75% sur les très hauts revenus (plus d’un million d’euros annuel). Le projet de loi, qui sera débattu à partir de la semaine prochaine à l’Assemblée nationale, pourrait entrer en vigueur pour 2014 et 2015. Une perspective qui inquiète les clubs pros, dont les finances vont être alourdies par ce nouvel impôt. D’autant que l’Etat ne semble pas très à l’écoute de leurs craintes. « Nos élus ne sont pas toujours au fait de la vie d’un club, estime Jean-Pierre Louvel, président de l’UCPF. C’est cette incompréhension qui nous fait peur parce qu’on est en train d’aggraver la note. Le football français a aujourd’hui 60 millions d’euros de déficit, excepté le PSG et Monaco. Donc arrêtons-là, si on ne veut pas tuer cette filière ! »

Des conséquences désastreuses

C’est d’une même voix que les clubs l’affirment : la taxe à 75% peut mettre en péril l’avenir du football français. « L’impact va être catastrophique pour les clubs de L1 qui seront obligés de la payer, assure Saïd Chabane, le président d’Angers (Ligue 2). Certains risquent de disparaître. La suppression du droit à l’image a déjà beaucoup coûté. Là, ça risque d’être la goutte qui va faire déborder le vase. » « Il y aurait un ou deux clubs en redressement judiciaire, précise Louvel. Sans parler des dégâts collatéraux, qui rejailliront sur tous les clubs et des 25 000 emplois qui se seront menacés. » Certaines équipes, comme l’OL, se préparent à être frappées de plein fouet. « On fera partie des clubs les plus touchés, assure Jean-Michel Aulas, le président rhodanien. Nous avons encore beaucoup de joueurs à plus d’un million d’euros. Pour nous, ça serait l’obligation de vendre des joueurs supplémentaires. Mais j’espère qu’il y aura des aménagements… »

Un boycott envisagé

Pour l’heure, la fronde n’a encore accouché d’aucune opération concrète. « On est dans une phase de dialogue avec le gouvernement, explique Louvel. Après, si rien ne se produit, des actions pourraient être menées par les clubs ». La première d’entre-elles pourrait prendre la forme d’un boycott du championnat. Les 11es et 12es journées de L1 et L2 sont dans le viseur (fin octobre/début novembre). Une assemblée générale extraordinaire de l’UCPF aura lieu le 24 octobre pour évoquer cette hypothèse. « Cette taxe, ça va faire très mal. Et à un moment donné, quand on a mal, on essaye de se défendre », résume Chabane. Reste à savoir comment le public accueillerait cette initiative dans la conjoncture actuelle. Pas sûr que la grève soit très populaire à l’heure où Knysna est encore dans tous les esprits…

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Alexandre Jaquin avec Nicolas Paolorsi