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Tigana, une énigme bordelaise

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Alors que les Girondins sont 8es du classement, difficile de dresser le bilan de leur première moitié de saison. Leur entraîneur, lui, croit toujours à la qualification en Ligue des champions.

A la trêve, juste après le match nul de son club contre Lens (2-2), Jean Tigana avait concédé qu’il était « très fatigué ». Un aveu troublant pour un entraîneur de haut niveau, qui avait mis un doute sur sa capacité à diriger une équipe aussi médiatisée que les Girondins. « Il faut regarder les choses avec un peu de recul, souligne Nicolas de Tavernost, l’actionnaire majoritaire des Bordelais. L’an dernier, nous avions de très bons joueurs et un très bon entraîneur avec Laurent Blanc. Pourtant, nous étions derniers dans la deuxième partie du championnat. Jean Tigana est un combattant. Comme tous les entraîneurs, il a la pression. Mais il est ambitieux et nous les sommes avec lui. »
Son ambition et sa santé, l’ancien membre du « carré magique » semble les avoir récupérées à quelques heures du choc de la 20e journée, entre l'OM et Bordeaux. « On l’a bien retrouvé, confirme Fernando. On a fait un bon stage à Rabat avec lui. Il est en forme.» Preuve que l’ancien coach de Lyon, Monaco ou Fulham a décidé de débuter l’année sur de nouveaux rails, il est arrivé vendredi en salle de presse en costume et rasé de près. Pendant un quart d'heure (un record pour lui !), il s’est attardé avec humour et passion sur la deuxième partie de saison de son équipe.

« Chez moi, je suis le patron ! »

« La priorité, c’est la Ligue des champions, avance-t-il prudemment quand les journalistes l’interrogent sur le titre. Là, vous me mettez une échelle supplémentaire… » Et pour atteindre l'objectif de ses dirigeants, il n’a pas l’intention de mettre outre mesure la pression sur ses joueurs. « Comment voulez-vous leur mettre la pression ? Vous pouvez leur dire ce que vous voulez, mais des aboyeurs, j’en connais… Et ce qui compte, c’est le travail de tous les jours. »
Seul moment d’incertitude, pour le coach bordelais, la venue éventuel d’un renfort offensif, comme Kevin Gameiro, au cours de ce mercato. « Je n’impose rien, rappelle-t-il. Je suis dans le dialogue. S’ils (les dirigeants, ndlr) ont envie de faire un effort, ils le feront. S’ils n’en ont pas envie, je continuerai à travailler avec mes joueurs. Chez moi aussi je suis le patron. Mes employés peuvent suggérer, mais c’est quand même moi qui décide ! » Une piqûre de rappel qui ne peut pas faire de mal.

Clément Zamp (avec F.Ge. et O. S.)