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Toulouse-OM / Sadran : « Aujourd’hui, il y a une vraie volonté de jeu »

Olivier Sadran, patron du TFC

Olivier Sadran, patron du TFC - -

Alors que Toulouse (12e) reçoit Marseille (3e) ce samedi (17h) pour le compte de la 18e journée de Ligue 1, le président toulousain Olivier Sadran, fier du jeu pratiqué par son équipe, se livre à RMC Sport.

Olivier Sadran, comment voyez-vous l’avenir du TFC ?

Je pense que le football va changer. Paris va nous tirer vers le haut, une ou deux équipes suivront. Grace à des gens comme Noel Le Graët, il y aura un travail de fond. On va aller vers une reconquête du public, tout ça va se réguler tranquillement. De ce point de vue-là, je ne suis pas sûr qu’on soit les plus mal placés. Avec la baisse des droits télé, il y aura beaucoup de surprises à la fin de saison parce qu’on est un club avec un actionnaire très solide et des économies cohérentes.

Avec la venue de Marseille, ce sont les retrouvailles avec Elie Baup. Elles ne promettent pas d'être très chaleureuses entre Baup et son ancien adjoint Casanova, le premier reprochant au deuxième de lui avoir « savonné la planche » au moment de son départ...

Elie Baup sait parfaitement que ce n’est pas vrai. S’il est parti, c’est qu’il avait vraisemblablement un certain nombre de points de vue différents du mien et on en a souvent reparlé depuis. Un jour, il m’a dit « ça m’a aussi aidé à modifier mon point de vue ». Elie a passé deux ans ici, on a terminé 3e, on a fait une année catastrophique après. On a vécu des bons et des mauvais moments, et comme toujours avec moi, on s’est dit ce qu’on avait à se dire.

Comment avez-vous encaissé et géré l’affaire des Espoirs, avec la présence de Ben Yedder parmi les mis en cause ?

C’est d’abord son problème avant d’être le mien. Tout parent sait que de temps en temps, son enfant peut faire une connerie parce qu’il faut créer sa propre route dans la vie. Qui n’a pas fait ça dans sa jeunesse ? Qui n’a pas fait de bêtises entrainé par un groupe ? C’est la vie de tous les ados et Ben Yedder n’est plus un ado, mais ce n’est pas encore un adulte. Ce truc-là l’a sans doute beaucoup aidé à se forger.

« Les joueurs ont la chance d’avoir un club qui les paye très bien tous les mois »

Bernard Caïazzo, le président du comité de surveillance de Saint-Etienne, a parlé d’une attaque « indigne d'un président de club » après que vous l’ayez déclaré dangereux pour l'unité du football professionnel dans le cadre des élections pour la présidence de la FFF…

Bernard Caïazzo dit ce qu’il veut. Si c’était tellement indigne, je n’aurais pas reçu tant de remerciements. Je ne l’ai pas dit pour moi, je l’ai aussi dit parce que je pouvais être le plus libre pour le dire parce que bloqué par aucun mandat. Que Bernard se rassure, je ne me suis pas aventuré tout seul, j’ai aussi été le porte-parole d’un grand nombre qui ont été exaspérés par l’élément de trop, cette tentative de putsch sur la Fédération Française qui fait que, par hasard devant un restaurant, tout un groupe concurrent passe devant à 20h30. C’est juste ma liberté de fonction qui m’a permis de porter la parole pour tout le monde.

Pourquoi avez-vous apporté votre soutien à Noël Le Graët pour la présidence de la FFF ?

Je vote pour Noël Le Graët parce que je crois que c’est celui qui à mes yeux est professionnel, d’un point de vue du chef d’entreprise, donc capable de manager une fédération qui est une grosse entreprise avec beaucoup de monde. C’est quelqu’un qui a les pieds sur terre, qui sait où sont les valeurs du sport, conscient du déficit d’image du football et qui ne se leurre pas.

Ne vous êtes-vous pas parfois ennuyé en regardant votre équipe jouer, notamment sur les récents matchs à l'extérieur à Bordeaux, Lorient et Lille ?

Ce n’est pas acceptable comme propos. Pendant des années, on a dit de nous qu’on était ennuyeux. Aujourd’hui, il y a une vraie volonté de jeu, beaucoup de choses ont été faites dans ce domaine-là. Sans doute la conséquence de cette volonté de jeu, c’est qu’on est moins solide défensivement. C’est une question qui ne se pose pas cette saison. Le match contre Bordeaux, je ne l’ai pas vu, je n’étais pas là. Le match de Lille, je ne suis pas d’accord, c’est difficile d’aller jouer là-bas et avec beaucoup de titulaires absents. Quant à Lorient, ce fut un match très moyen.

N'est-on pas à la fin d'un cycle à Toulouse avec des joueurs comme Capoue, Sissoko ou M'Bengué ?

Je ne partage pas du tout cet avis. Si jamais on avait trois points de plus votre question serait : envisagez-vous véritablement de faire l’Europe avec cette équipe-là ? Les joueurs ont des contrats, chaque fois qu’une proposition intéressante est arrivée, on l’a à chaque fois évoquée et étudiée. Plein de joueurs que vous venez de citer n’ont jamais eu de proposition. C’est ça, la réalité. Ils ont la chance d’avoir un club qui les héberge, qui les nourrit et les paye très bien tous les mois. Ils doivent maintenant en être un peu plus conscients et rendre ce qu’ils doivent rendre au club de façon un peu plus forte.

Entretien réalisé par Wilfried Templier à Toulouse