RMC Sport

Toulouse: remontée immédiate, moyens... le projet des nouveaux propriétaires

Nouveau président du Téfécé, Damien Comolli a présenté son projet et celui du fonds d'investissement américain RedBird Capital Partners lors d’une conférence de presse ce mercredi. Les ambitions sont claires: remonter aussitôt et s’installer dans le haut de tableau de la Ligue 1.

Présent ce mercredi en conférence de presse, pendant un peu plus d'une heure, le nouveau président de Toulouse Damien Comolli a présenté les grandes lignes de son projet et celui du fonds d'investissement américain RedBird Capital Partners, désormais propriétaire de 85% des actions du club. Questionné notamment sur les objectifs sportifs, Comolli s'est montré clair: il veut voir le Téfécé quitter la Ligue 2 dès cette saison pour ensuite d'installer dans le haut de tableau de la Ligue 1.

Les ambitions sportives

"Damien Comolli: Remonter, c’est sûr. On veut remonter immédiatement. Je l’ai dit aux joueurs et au coach durant nos entretiens. Le coach l’a dit aux joueurs, on ne se cache pas là-dessus. On veut remonter dès cette saison. Ensuite, pour l’avenir, vous pouvez vous référez aux interviews de Gerry Cardinale (fondateur et associé-gérant de RedBird Capital Partners). On veut s’installer en haut du classement de Ligue 1. Il y a de la place entre premier et sixième-septième-huitième. Il faut être en rapport avec la taille de la ville, qui est la quatrième ville de France. Il n’y a pas de raison qu’on ne soit pas en haut du classement de la Ligue 1. Quand je parle de potentiel, c’est exactement ça quand vous regardez le potentiel de la ville, du stade et du club. Je ne parle pas de places européennes, mais du top 6-8 de la Ligue 1."

Les priorités de RedBird Capital Partners

"Damien Comolli: Que ce soit Red Birds ou moi, on est dans la haute compétition depuis toujours. Ce qui nous pousse, c’est l’ambition et le progrès constant. On va essayer d’améliorer tous les secteurs. Les fondations sont excellentes. Je pousse l’ensemble des salariés à prendre des initiatives pour qu’on s’améliore. Ça ne veut pas forcément dire dépenser plus d’argent, mais se pousser en permanence pour essayer de progresser."

"Les priorités? Je peux nommer la relation avec les supporters, l’accueil des supporters au stade, augmenter notre nombre de sponsors, remonter tout de suite en mettant en place une équipe très compétitive, aller dans le top 4 ou top 3 des centres de formation. Tous les secteurs sont améliorables. On a une vision claire de ce qu’on peut faire. Notre identité, qu’on cherche à améliorer, sera toujours locale. C’est un club qu’on peut développer à l’avenir sur plein d’aspects: infrastructures, stade, relation avec les supporters, sportif, formation."

Les moyens économiques

"Damien Comolli: On aura le budget le plus important de Ligue 2, sans entrer dans les chiffres. Ça nous met devant nos responsabilités. Quand vous voyez depuis 2011 et 2019, la moyenne de la masse salariale qu’il fallait pour monter de L2 à L1 était environ de 12,5 millions d’euros. On sera largement au-dessus de ça. Ça veut dire qu’on n’a pas le droit de passer à côté. Tous les moyens seront à disposition pour qu’on la remontée tout de suite."

La réponse aux critiques sur les repreneurs américains

"Damien Comolli: La première chose à considérer, c’est le passé de RedBird dans le sport de haut niveau. Ils ont une connaissance du sport de haut niveau sur plusieurs aspects qui est unique. Leur savoir-faire c’est du niveau de Fenway Sports Group, le propriétaire de Liverpool. Ça vous place RedBird sur la carte du sport au niveau mondial. On veut augmenter les revenus, garder nos joueurs le plus longtemps possible, former des joueurs de qualité, avoir l’équipe la plus compétitive possible. Notre but sera d’augmenter les rentrées financières pour investir dans l’équipe."

Le point sur le mercato estival

"Damien Comolli: On est en constante négociation avec des joueurs et des clubs. On a fait plusieurs offres, on attend des retours. On sera sur trois-quatre arrivées, pas plus, s’il n’y a pas de départs. Max-Alain Gradel a un accord pour qu’il quitte le club. On n’a pas envie de se séparer d'Ibrahim Sangaré, des offres vont venir, il y aura peut-être un point où on ne pourra pas dire non. On n’a pas besoin de vendre financièrement."

Lui aussi présent à cette conférence, Olivier Sadran, président du club de 2001 jusqu'à la prise de pouvoir de RedBird et désormais actionnaire minoritaire avec 15% des parts, a pris la parole pour exprimer sa satisfaction de passer la main à un nouveau propriétaire. Il a également fait son mea-culpa, reconnaissant avoir commis "beaucoup d'erreurs".

Pourquoi son choix s'est porté sur RedBird

"Olivier Sadran: J'attends ce jour depuis longtemps. Je n’ai pas une passion pour la vie publique et encore mois pour qu’elle soit étalée. Je suis parfois dur mais c’est ce qui a permis de garder de la confidentialité, là où d’autres repreneurs ont imaginé qu’en parlant à quelques journaux ils allaient infléchir ma position. C’est tout le contraire qui s’est passé. Beaucoup de gens sont venus pour acquérir le club: des opportunistes, des financiers, des locaux, des gens en mal de reconnaissance qui pensaient peut-être exister politiquement. A tort ou à raison, personne n’a mieux représenté la continuité de l’esprit du club que Damien et les gens de RedBird."

Sa confiance dans le nouveau projet

"Olivier Sadran: Ce qui m’a impressionné, et je pense que c’est ce qui manque au club, c’est leur connaissance du sport à travers l’intelligence artificielle, la data. Nous avons fait trop de choix émotionnels, des choix sans analyse assez forte chez nos joueurs et entraîneurs. Sur la durée, quand on commet des erreurs de façon répétitive, on est en échec. Considérons que la L2 est un échec. Je suis convaincu que votre Toulouse va très vite remonter en Ligue 1, se redonner une image et une force parce que les bases sont bonnes et que le boulot va être de très grande qualité. Vous ne pouvez pas savoir comme je me sens heureux d’avoir le sentiment que vous êtes le bon président et le bon partenaire."

Son soulagement et son mea-culpa

"Olivier Sadran: Sur les cinq-six dernières années, je ressentais à la fois une passion moins grande et le sentiment qu’il fallait que quelque chose évolue. Cette période plus difficile, je l’ai ressentie mais je ne l’ai pas suffisamment mesurée parce que sur le plan sportif les choses s’arrangeaient par miracle. Il y a eu beaucoup d’erreurs dans le choix des entraîneurs, dans le choix des joueurs, beaucoup d’approximations. Ce club a toujours su garder ses qualités de formation, être financièrement stable. J’ai aidé quand il a fallu le faire dans les moments difficiles. C’est pour ça que ce club est toujours en vie. J’ai vite ressenti dans les dernières années que les paroles et les actes étaient forcés. Finalement, cette descente qui n’est pas non plus un drame au regard du malheur qui peut être généré dans le monde est quelque part la résultante de cette passion qui est partie."

Son regard critique sur les entraîneurs

"Olivier Sadran: J’ai trouvé que la relation avec les entraîneurs était terrible depuis quatre-cinq ans. Ils ont le savoir, on ne peut rien leur dire. Ils enchaînent les conneries. Quand ça marche, ils sont intouchables et sont sur la lune. Quand ça ne marche pas, c’est tout le monde a tort sauf eux."

Son nouveau rôle

"Olivier Sadran: Je m’autoriserai à venir voir des matchs. Mais je sais que quand on part il ne faut pas rester. Je serai un actionnaire non exécutif. Je me garderai de porter des jugements. Trop souvent les gens partent en restant. C’est quelque part une erreur que j’ai commise lors des quatre dernières années."

RR avec Wilfried Templier à Toulouse