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Valeur, travaux, bonne affaire : la vente de l’OM décryptée

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- - AFP

Pascal Perri, économiste et consultant RMC Sport, décrypte les attentes que suscite la mise en vente de l’OM, dont la valeur est abordable à condition d’injecter beaucoup d’argent pour relancer le projet sportif.

La valeur de l’OM

« Il y a plusieurs façons d’apprécier la valeur d’un club de football. Soit on vend des actifs et il y en a peu à l’OM, à part le terrain de la Commanderie. On peut aussi vendre du cash-flow mais il y a peu de fonds propres à Marseille. Il y a aussi ce que les investisseurs appellent du goodwill, c’est à dire qu’on achète des valeurs immatérielles comme l’histoire, le palmarès ou le public. Quelle que soit la méthode retenue, l’OM ne vaut pas le prix que Margarita Louis-Dreyfus voulait, c’est-à-dire 100 millions d’euros. Le prix est certainement très en dessous de la barre des 50 millions d’euros. »

Des travaux onéreux

« Le club a peu de valeur parce qu’il a peu d’actifs corporels, des mauvais résultats, un effectif à renouveler. Le nouvel investisseur va devoir remettre de l’argent dans la machine pour la faire tourner. Le prix qu’il acceptera de payer est probablement faible. Je ne pense pas qu’il y aura une très grande quantité d’acheteurs. Quand il y a un seul acheteur, c’est lui qui fixe le prix.

Le championnat français marche sur une jambe avec le PSG d’un côté et on attend un deuxième grand investisseur de l’autre. L’OM, c’est une vraie marque du football français qui a gagné la Ligue des champions en 1993. C’est une ville qui respire le football et qu’on connait un peu partout en Europe. Ça suppose un investisseur ambitieux parce qu’on part pratiquement de zéro. Le projet sportif est à reconstruire, il faudra mettre beaucoup d’argent sur la table et réinvestir sur un marché des joueurs très inflationniste. »

Une bonne affaire

« L’OM, aujourd’hui, c’est une marque mais c’est une coquille vide. Il a une histoire lointaine maintenant. Ça reste un club sympathique et des investisseurs peuvent venir parce que le prix d’entrée est encore acceptable. Il est, par exemple, impossible d’aller sur le marché anglais à moins de 500 millions d’euros. Marseille peut être une bonne affaire pour celui qui a un vrai projet sportif et d’entreprise. »

CM