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Douchez, de grand espoir à confident des stars au PSG

Aux portes de l’équipe de France à son arrivée au PSG en 2011, Nicolas Douchez, arrêté jeudi pour violences conjugales, était devenu au fil de son aventure parisienne, essentiellement passée sur le banc, l’un des cadres du vestiaire. Retour sur une carrière en dents de scie.

Aux portes de l’équipe de France

Formé au Havre puis prêté à Châteauroux, Nicolas Douchez se révèle à Toulouse. Comme souvent pour un gardien, il lui a fallu attendre une opportunité pour gagner ses galons de titulaire. Après près d’une saison et demie en qualité de doublure chez les Violets, Douchez profite de la blessure de Christophe Revault en 2006 pour s’affirmer. Il ne lâchera plus le poste jusqu’à son départ pour Rennes à 28 ans. Trois ans durant, le natif de Rosny-sous-Bois confirme sa solidité, au point d’être appelé en équipe de France en qualité de numéro 4 lors d’un rassemblement en 2009. Les portes des Bleus s’entrouvrent alors. Son transfert au PSG à l’été 2011 devait les lui ouvrir en grand. Mais la dimension nouvelle et soudaine du club parisien doucheront ses rêves internationaux.

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Au PSG en tant que numéro 1… et puis les Qataris arrivent

Fin de saison 2010/11, son transfert au PSG est annoncé. A 31 ans, Douchez change de dimension et, espère-t-il alors, de statut, notamment en vue de la sélection. Mais le changement à l’été 2011 ne concerne pas le seul Douchez. Le PSG lui-même change. Dans les grandes dimensions. Par le biais du cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, alors futur héritier du trône, le Qatar investit au PSG. Massivement. Nommé directeur sportif par les nouveaux dirigeants parisiens, Leonardo ne juge pas Douchez au niveau du nouveau projet "Dream Bigger". Salvatore Sirigu, international italien, débarque alors à Paris. Et Douchez file sur le banc, pour l’ensemble de son aventure parisienne.

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Douchez, le ciment du groupe parisien

"J’ai appris à voir mon métier différemment." Cette évolution Douchez la confie à Goal en 2016 au terme de cinq années passées à avoir un rôle important au sein du vestiaire parisien malgré son temps de jeu famélique. Le gardien remplaçant devient l’un des relais des stars du PSG. "J'ai côtoyé des joueurs qui m'ont fait découvrir un autre métier avec une exigence et une façon de travailler que je ne connaissais pas. Ce n'est pas un hasard s'ils en sont là. Ils mettent tout en œuvre pour être les meilleurs. Quand on est dans un club comme Paris, au sein d'un groupe comme celui que j'ai eu la chance de côtoyer, on se rend compte que c'est un vrai métier. La priorité, c'est de voir le football comme un métier", confie-t-il alors.

Au-delà de ce professionnalisme accru, Douchez apprend à se faire apprécier des grands joueurs du PSG. Fédérateur, il est souvent partie prenante de l’organisation des festivités en dehors du terrain. Comme ces fameux barbecues chez Sylvain Armand. Des tranches de vie qui le rapprochent de David Beckham. "Mon amitié avec David Beckham, ça ne s’explique pas, expliquait-il à Radio France Bleu. C’est vrai qu’au départ Beckham et Douchez, ce sont deux mondes qui ne doivent pas se rencontrer et pourtant quand il est arrivé avec nous à Paris le feeling est passé naturellement."

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L’appel du terrain

Le PSG ne sera pourtant pas son dernier club. Kevin Trapp engagé, Alphonse Areola conservé après un prêt réussi à Villarreal, Nicolas Douchez se relance pour une dernière aventure en 2016. A 36 ans, le portier retrouve les terrains à Lens, en Ligue 2. Malgré une première saison aboutie sur le plan personnel, le RCL rate la montée lors de la dernière journée. Puis Douchez débute la suivante en conflit avec Alain Casanova. Sur le banc lors des quatre premières journées, il retrouve la place de numéro 1 à partir de la 5e journée. Mais sa carrière sportive s’est peut-être achevée un soir d’octobre à Paris, au commissariat du XVIIe arrondissement. 

Mathieu Idiart