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Le Havre: Kadewere, le buteur record qui affole la Ligue 2

Huit buts à lui seul avant même la fin du mois d’août. Si Le Havre est actuellement deuxième de Ligue 2 après cinq journées, il le doit en grande partie à son attaquant zimbabwéen Tino Kadewere, 23 ans. Un joueur passé de l’Afrique à la Suède puis à la France sans aucun problème, aujourd'hui prêt à exploser. Et déjà courtisé ailleurs.

Un début de saison record

Un doublé à Ajaccio (2-2) en apéritif, puis un but face à Niort (1-1), un autre à Troyes (2-1), avant un nouveau doublé à Lens (3-1), et encore un autre vendredi soir face à Grenoble (3-1). Oui, oui, après seulement cinq journées de Ligue 2, Tino Kadewere, l’avant-centre zimbabwéen du Havre, a déjà fait trembler les filets à huit reprises – sur onze buts au total pour la formation normande – et permis au HAC de se hisser provisoirement à la deuxième place du classement.

Petite précision: Kadewere a marqué sur chacun de ses tirs cadrés, s’il vous plait. Cela fait une réalisation toutes les 53 minutes, et surtout, cela fait entrer le joueur de 23 ans dans l’histoire de la deuxième division française: avant lui, seul Abraham Guié Guié avait marqué à huit reprises lors des cinq premiers matchs, avec Tours lors de l’exercice 2010-2011. Si l’Ivoirien avait ensuite calé, et fini la saison à 13 unités, Kadewere ne semble lui pas vouloir s’arrêter. "C’est un joueur différent, un joueur qui a un talent supérieur, dit de lui son coach Paul Le Guen. En ce moment il est au-dessus… Je le crois capable de battre le total de l’an passé."

Du Zimbabwe… à la Suède

Encore méconnue, l’histoire du Zimbabwéen est celle d’un voyage: celui l’ayant conduit de son pays natal… au glacial championnat suédois. Né à Harare, dans une contrée où le sport roi est le cricket, Kadewere a débuté le football enfant, dans l’académie de son père. Rapidement remarqué (et surclassé), il rejoint en 2014 le club d’Harare City, en première division locale. Et cartonne. Si bien qu’en 2015, plusieurs formations européennes – dont Sochaux – lui proposent des essais. Pas effrayé par le changement de culture, et surtout de climat, l’attaquant de 19 ans opte pour Djurgardens, club de Stockholm et place forte du foot suédois.

L’adaptation ne pose pas franchement de problème au garçon: après avoir enquillé les pions avec l’équipe U21, il enchaîne chez les grands, avec 18 buts en 60 apparitions. Jusqu’à son transfert au Havre. A l’été 2018, le doyen des clubs français cherche un remplaçant à Jean-Philippe Mateta et cible Kadewere. Problème: l’avant-centre vient alors de se rompre le ligament collatéral du genou gauche, annoncé sur le carreau pour plusieurs mois. La formation normande tente quand même le pari, et met même deux millions d’euros dans l’opération pour le plus gros transfert de son histoire.

En novembre 2018, Kadewere peut enfin débuter sous ses nouvelles couleurs. Il marquera jusqu’à la fin de la saison 6 buts et délivrera 5 passes en 26 apparitions toutes compétitions confondues. Un bel échauffement avant de prendre feu à l’été.

Un joueur courtisé mais verrouillé

Au vu de sa forme actuelle, se pose évidemment la question de l’avenir de Kadewere. La Ligue 2 est un superbe marché pour les recruteurs, avec des clubs n’ayant généralement pas les moyens de conserver leurs meilleurs éléments en cas d’offres conséquentes. Et des offres, Le Havre en aurait bien reçues pour son buteur. Dont une… à deux chiffres, comme l’expliquait vendredi Pierre Wantiez, le directeur général du club, à France Bleu.

"Mais je vous refroidis tout de suite, Kadewere ne partira pas, a-t-il annoncé. Bon, je ne suis pas propriétaire du club donc Vincent Volpe aura le dernier mot. Mais sachez que nous avons reçu une offre de plusieurs millions, à deux chiffres, et Vincent n’a même pas souhaité ouvrir les discussions avec ce club. Il n’y a pas de débat. Notre objectif, c’est de monter. On essaie de se donner les moyens de réussir." Un cap que veut aussi suivre le principal intéressé. "Moi je suis ici, concentré sur le terrain, a-t-il glissé après son doublé contre Grenoble. Le mercato, c’est pour mon agent. Mais moi, je suis ici, et je veux rester ici, c’est officiel."

Clément Chaillou