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Lens, symbole d’une Ligue 2 qui se meurt

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A l’image de Félix-Bollaert à Lens cette saison, les stades de Ligue 2 se vident de leur public. En décalant une partie des matches le vendredi à 18h45, la Ligue de Football Professionnel a privilégié les droits télévisés au détriment des spectateurs.

Certes, les performances sportives du Racing Club de Lens, englué au 15e rang de Ligue 2 cette saison, n’aident pas à attirer le public à Félix-Bollaert. Pourtant, un autre coupable est désigné par les supporters et les dirigeants de l’antichambre de l’élite : les nouveaux horaires du vendredi. Autrefois programmée à 20h30, la majorité des rencontres de Ligue 2 se déroule désormais à 18h45. En décalant un match de Ligue 1 à l’heure habituelle de sa petite soeur, la LFP et le nouveau diffuseur du football hexagonal BeIn Sport n’ont pas laissé le choix. « C’est la loi des droits télé mais les horaires sont mal faits. C’est toujours à nous, supporters, de faire des concessions par rapport à ce que l’on pouvait faire quand les matches étaient à 20h30, s’insurge David, supporter Sang et Or. On court à la mort des stades et on aura des stades vides à terme. C’est désolant car à Bollaert on avait une ambiance magnifique. »

Des affluences en chute libre

En effet, par rapport à la saison dernière, le stade lensois connaît une baisse de fréquentation de 25 à 40% selon les matchs, sans oublier une chute de 30% de son nombre d’abonnés, tombé à 11 500. Les supporters ne sont pas les seuls à avoir déserté les enceintes sportives de la deuxième division du football français, puisque le club nordiste a vu son budget partenaires entreprises amputé de 3 millions d’euros. « Il ne faut pas voir que l’aspect financier, et penser aux gens qui travaillent. 19h30 ou 20h c’était un bon compromis, 18h45 c’est trop tôt » juge Gabriel fidèle du club champion de France en 1998.

 « Des discussions sont prévues avec BeIn Sport à l’issue de la réélection de Frédéric Thiriez (le 12 octobre prochain, ndlr), explique Luc Dayan, président du RC Lens. Tout le monde essaie de voir comment on peut préparer quelque chose de mieux pour l’année prochaine… » Face à ces difficultés, la direction nordiste a choisi de fermer la tribune Trannin ainsi que le niveau 2 de la tribune Delacourt par économies de sécurité (20 000 euros par match). « On se retrouve dans quelque chose qui n’était pas nécessairement prévu (les changements d’horaires, ndlr) et les gens qui ont décidé de ça se sont manifestement trompés, » tranche Dayan. Le faible taux de remplissage (31,2%) des enceintes de Ligue 2 communiqué par la LFP ne peut que lui donner raison.

Jérôme Carrère avec Jean Bommel