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Auxerre ne méritait pas ça

Titulaire, l'international français n'a pas été en réussite

Titulaire, l'international français n'a pas été en réussite - -

A l’image de sa défaite à Milan (2-0), c’est un Auxerre méritant qui est tombé de justesse mardi contre le Real Madrid (1-0). Au soir de la deuxième journée, les Bourguignons ne comptent toujours pas le moindre point.

On leur avait promis une soirée en enfer. Toujours à la recherche de sa première victoire de la saison, Auxerre recevait ce mardi soir le Real Madrid et ses stars. Jean Fernandez savait qu’en tombant dans le groupe des Espagnols, de l’AC Milan et de l’Ajax Amsterdam, il ne s’attendait pas à voir les Bourguignons dicter leur loi sur les pelouses d’Europe. Mais ce que l’entraîneur ignorait certainement, c’est à quel point ses hommes étaient en mesure de tenir tête aux Benzema, Ronaldo et autre Xabi Alonso.

A l’image de ce qu’ils ont proposé lors de leur déplacement à San Siro (0-2), les Auxerrois ont parfaitement su déjouer les plans concoctés par Jose Mourinho. Trop juste depuis sa blessure à un genou, Ireneusz Jelen n’était finalement pas titulaire. En alignant Langil, Ndinga, Chafni, Pedretti et Contout, Jean Fernandez avait choisi de densifier son milieu de terrain et de procéder en contre. En connaisseur avisé du football européen, l’entraîneur auxerrois n’avait sans doute pas manqué de noter que le Real Madrid n’avait encaissé qu’un seul but en six rencontres officielles.

Logique donc de voir les visiteurs prendre les choses en main. A la 15e minute, ils sont d’ailleurs à deux doigts d’ouvrir le score, mais la frappe en pivot d’Higuain est sauvée sur la ligne par Chafni. Sous les yeux de Laurent Blanc, l’AJA ne se démonte pas. Oliech s’était illustrée à la 5e minute, mais c’est surtout sur un coup-franc de Pedretti que Ndinga voit sa tête passer juste à droite du but gardé par Iker Casillas. Olivier Sorin avait lancé qu’il jouait avec la meilleure défense du monde. Sans doute exagérée, mais la manière dont Hengbart est parvenu à maîtriser Ronaldo en première mi-temps a eu le don d’agacer le Portugais.

Le coaching payant de Mourinho

Alors « CR7 » a tenté. Et encore tenté. Pour quel résultat : trois frappes pour autant d’échecs en première mi-temps. Sur une dernière occasion avant la pause, c’est son compère du flanc droit qui se présente seul devant Sorin. Mais Marcelo bute sur le portier icaunais (35e). La pause a dû être mouvementée côté Real et la manière dont les Espagnols abordent la deuxième période ne laisse rien augurer de bon. Benzema, décevant et taclé par son entraîneur au micro de Canal+, est sorti et c’est Ronaldo qui prend les choses en main avec tour à tour un coup-franc boxé par Sorin (69e) et une tête sur le corner qui suit (70e).

On pense alors que la bande à Perdretti va créer l’exploit quand Pepe dévie un centre venu de la gauche sur son propre poteau. Mais c’est finalement le Real Madrid qui ouvre le score sur un but de Di Maria (80e), alors que la réalisation de l’Argentin est entachée d’une main de Sergio Ramos au début de l’action. « On s'est un peu arrêté, parce qu'on pensait que l'arbitre allait siffler, puisqu'il était très bien placé », pestait Grichting après le match. Une fois de plus, en faisant entrer son joueur quelques minutes plus tôt, Jose Mourinho a prouvé qu’il restait un technicien hors-paire. « Tout le monde avait dit que l'on ne méritait pas de gagner car l'on n'avait pas marqué. Là, si tout le monde est pragmatique, on a marqué donc la victoire est méritée », a confié le Portugais qui s'est même permis de venir en aide au traducteur de l'UEFA en reformulant ses réponses en français lors de la conférence de presse. Une conférence de presse qu'il a quittée après avoir serré la main de Guy Roux.

Quant à Jean Fernandez, il s’est surtout fait remarquer par son fair-play et sa dignité malgré la déception. Après avoir fait la bise à Jose Mourinho, il s’est exprimé : « On était bien, on ne subissait pas. Le tournant c’est cette tête sur le poteau d’un défenseur du Real et après il y a eu cette main pas signalée et puis ce but. C’est très gentil de la part de José de dire qu’on méritait le nul mais je crois aussi que c’est le cas. C’est le foot. » Malgré ses 18 frappes au but, le Real n’a pas été transcendant. Suffisant pour s’imposer en Bourgogne. La marque des grands.

P.Ta.