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Barça-PSG : Comme un avant-goût de finale

Neymar et Thiago Motta

Neymar et Thiago Motta - AFP

Qualifiés pour les huitièmes de la Ligue des champions, le PSG et le Barça se retrouvent ce mercredi soir (20h45) au Camp Nou pour une « finale » de poule. Objectif ? La première place du groupe. Paris devra pour ça garder son invincibilité cette saison. RMC Sport analyse le choc sous ses quatre angles principaux.

Première place recherchée pour huitième choc à éviter

Les poids lourds vont se pouvoir se jauger. D’un côté, un Barça à domicile et en quête d’un retour au sommet européen. De l’autre, un PSG très ambitieux sur le plan continental. Entre les deux, déjà qualifiés pour la suite des réjouissances, une « finale » de poule qui va permettre d’en savoir plus. Enjeu ? Une première place qui permet de croiser en huitième un des deuxièmes de groupe (et de recevoir au retour), scénario qui avait ouvert la voie des quarts au PSG les deux dernières saisons. Un nul ou une victoire permettrait à Paris, un point devant, de conserver sa première place. Une défaite ferait reculer le club de la capitale. Avec la perspective d’un huitième plus ardu à négocier. Seul club des grands championnats européens encore invaincu cette saison, mais parfois peu fringuant dans le jeu, le PSG a plus à prouver que le Barça. Et encore…

Avec deux défaites dans les matches les plus importants de leur saison jusque-là, à l’aller à Paris (3-2) puis contre le Real Madrid en Liga (3-1), les Catalans peuvent difficilement se permettre un jamais deux sans trois. Question de confiance. « Nous devons nous améliorer mais je ne tirerai aucune conclusion définitive de ce que nous avons vu jusqu’à maintenant », juge Luis Enrique. Reste une interrogation : qui aura le plus à perdre ? « La place de leader est importante car terminer premier ou deuxième du groupe, ce n’est pas la même chose, admet Laurent Blanc. Les équipes terminant en tête ont l’avantage de recevoir lors du huitième retour. Ce match sera donc un défi. » Et son homologue barcelonais de la jouer plus en nuance : « Je préfère terminer premier. Cela signifierait avoir un avantage partiel mais pas définitif. Il ne faut pas penser que ce match est le plus important de la saison. J’espère que ceux qui arriveront le seront davantage. » Nouveau venu au PSG cette saison, David Luiz offre une conclusion pragmatique : « C’est le match le plus important depuis que je suis là. Nous voulons finir premier, montrer notre puissance et gagner ce match. Le PSG peut remporter la Ligue des champions dès cette saison mais il faut le prouver sur la pelouse. »

Retrouvailles corsées pour maturité à prouver

Au printemps 2013, en quart retour de Ligue des champions, le PSG n’avait pas su résister à l’entrée de Lionel Messi (et son effet de peur psychologique) après avoir pourtant ouvert la marque et entrevu la demie (1-1). Un an plus tard, sur la pelouse de Chelsea, Paris se montrait incapable de garder son avantage du quart aller (3-1), trop borné dans son idée de garder la possession du cuir sans s’adapter à la situation (défaite 2-0). Ce mercredi, le club de la capitale fera face à un nouveau défi européen de taille XXL. Des retrouvailles corsées avec les Catalans qui donnent l’occasion aux hommes de Laurent Blanc de répondre à une question : alors, plus mature, ce PSG version 2014-2015 ?

Avec un simple nul nécessaire pour se qualifier, la gestion du match s’annonce essentielle. Prouver à tout prix sa qualité de jeu, sa légitimé à la table des grands sur ce plan, ne peut constituer l’objectif. « A l’aller, on a voulu développer du jeu, se souvient Laurent Blanc. Là, on sait ce qui nous attend. Ils auront certainement la possession mais il faudra être efficace quand on aura le ballon. Et quand ce ne sera pas le cas, il faudra bien défendre. On peut être dangereux dans l’utilisation du ballon et le Barça concède des occasions. » Un discours réaliste appuyé par David Luiz, nouveau de la maison parisienne cette saison : « Parfois on a la possession de balle, parfois non. On préfère l’avoir mais le plus important, c'est de gagner. »

Messi au top, enfin le test

Il y a deux ans, il s’était blessé à l’aller avant de rentrer jouer les sauveurs au retour. A l’aller, fin septembre, il avait marqué mais semblait encore loin de sa meilleure forme. Cette fois, le PSG peut avoir peur : au Camp Nou, le club de la capitale va croiser un petit Lionel redevenu le grand Messi. Sur les six dernières rencontres, l’Argentin a inscrit… onze buts, dont trois triplés (le dernier ce week-end) ! Passé coup sur coup meilleur buteur de l’histoire de la Liga (256) et de la Ligue des champions (74), Messi surfe sur une vague on ne peut plus positive. Avec une conséquence collective : le Barça reste sur sept victoires consécutives. Bref, Leo a tout pour martyriser la défense parisienne. Qui aura également un nouvel élément à gérer, la présence de Luis Suarez, suspendu à l’aller.

Zlatan, le moment de briller pour oublier le passé

L’homme ne garde pas de souvenirs impérissables de sa saison au Barça, en 2009-2010. Sa relation avec la Ligue des champions, elle, n’a jamais livré de parcours collectifs brillants pour ses clubs. Tout considéré, cette « finale » au Camp Nou a de quoi motiver plus que de raison un certain Zlatan Ibrahimovic. Absent à l’aller, toujours pas à 100% sur le plan physique, le Suédois reste un atout énorme, capable de changer le cours d’un match d’un simple coup de patte, à l’image de son doublé décisif contre Nantes ce week-end. Peur de Zlatan, messieurs les Catalans ? Gros respect pour le joueur et ses qualités, en tout cas. « C’est l’un des meilleurs, reconnait Marc-André ter Stegen, le gardien du Barça en C1 comme en Coupe du Roi. Nous devons être prudents avec lui, mais comme avec le reste de l’équipe parisienne. Ils sont dangereux en tant qu’équipe. Mais si nous jouons comme nous savons le faire, nous allons gagner. » Luis Enrique appuie : « Avec Ibra de retour, ils ont un potentiel forcément meilleur dans les phases offensives. Nous parlons là d’un joueur de top niveau. A n’importe quel moment, il peut faire la décision. S’il est dans sa forme habituelle, ce sera difficile de le contrer. Mais si nous jouons de manière collective, s’il y a de l’entraide dans les couvertures défensives et que nous évoluons en bloc, moins de ballons arriveront jusqu’à Ibra. Et si moins de ballons arrivent jusqu’à Ibra, sa supériorité diminuera. »

Alexandre Herbinet avec M.Bo. et L.B. à Barcelone