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Blanc : « Attention aux contres de Cluj ! »

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Les Bordelais n’ont pas le choix. Pour croire encore en leurs chances en Ligue des Champions, les hommes de Laurent Blanc doivent s’imposer en Roumanie face à Cluj.

Vaincre ou mourir. Tel pourrait être le slogan du match qui opposera mardi les Girondins de Bordeaux aux Roumains du CFR Cluj, sur la pelouse du stade Dr. Constantin-Radulescu. En effet, les joueurs au scapulaire n’auront pas trente-six solutions s’ils comptent encore aller chercher une hypothétique qualification pour les 8es de finale de la C1. Il leur faudra gagner, ni plus ni moins, face à un adversaire qui avait su maintenir, dans son antre, les virevoltants attaquants de Chelsea à portée de leurs filets (0-0).

Cluj jouera-t-il le jeu ?

Franck Jurietti n’en pense pas moins : « On sait que c’est un match hyper-important. Si on veut espérer se qualifier, il faudrait au minimum ramener un point, voire gagner, surtout quand on voit le calendrier qui nous attend. On reçoit Chelsea, on va aller à Rome… » En effet, l’agenda des Bordelais en Ligue des Champions s’annonce copieux. Mais il pourrait franchement devenir intéressant si le groupe de Laurent Blanc venait à l’emporter en Roumanie. Seulement voilà… sur ce qu’elle a démontré cette saison en Ligue 1, la formation girondine a affiché un visage plutôt bancal.

Capable de maîtriser un adversaire de A à Z comme ce fut le cas en milieu de semaine dernière face au Havre à Chaban-Delmas (4-0), sujet également à des matches « sans » ou « moins bien », constat avéré récemment à Nancy (défaite 1-0 à Marcel Picot), Bordeaux a du mal face aux équipes regroupées, face aux formations bâties sur le contre. Justement, Cluj a fait sensation lors des deux premières journées de C1 grâce à l’unité de son bloc-équipe et le réalisme de son milieu offensif argentin Juan Culio. « Ce que je retiens de cette équipe-là, c’est qu’elle a été performante à Chelsea et face à la Roma en contre, note Laurent Blanc. Je ne suis pas sûr que demain ils prennent le match à leur compte. Au contraire, ils vont nous laisser la mainmise sur le match. Ça ne sera que plus dangereux pour nous. »

Une « finale » pour les deux équipes

Le coach girondin lance le débat. Les avis d’ailleurs divergent au Haillan entre les éléments persuadés de tomber en Roumanie sur un remake de Fort Knox (Chalmé : « Contre Cluj, ça va être exactement le même type de match que face à Nancy ») et ceux, comme Alou Diarra, persuadés que leurs adversaires « ouvriront un peu plus le jeu et qu’ils nous laisseront plus d’espaces ». Mais, au fond, une seule question fait l’unanimité en Gironde : que va donc proposer Cluj, une formation amputée de ses attaquants Diego Ruiz et Didi (touché au genou gauche), de son milieu de terrain Eugen Trica (suspendu) ? Son guide, Maurizio Trombetta, annonce d’ores et déjà la couleur. « C'est un match décisif car il n'y a qu'un point d'écart entre Bordeaux et nous. C’est un match important et nous avons confiance ». Envers et contre tous ?

A la lecture de la physionomie du groupe A, le club roumain a en effet toutes les raisons d’être confiant puisqu’il a presque toutes les cartes en main. Certes, un point seulement sépare Bordeaux et l’AS Rome du CFR Cluj, mais ce dernier aura l’avantage de recevoir deux fois de suite (Bordeaux donc et Chelsea) et il est pour le moment idéalement placé pour la qualification (2e de la poule). Privé de son dernier rempart défensif, Ulrich Ramé, et d’une solution de rechange au milieu de terrain avec Pierre Ducasse (également blessé), Bordeaux s’avance un peu en tâtonnant vers l'un des premiers rendez-vous décisifs de sa saison.
Cluj prendra-t-il des risques en début de rencontre ? Laissera-t-il le soin aux Bordelais de faire le jeu pour mieux les endormir ? « Avec l’avis du public, on se laisse facilement emporter », concède le défenseur franco-portugais Tony Da Silva. Bordeaux, pour se faciliter la tâche, ne demande que ça.

Alix Dulac