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Cet OM est trop petit pour l’Europe...

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

L'OM a subi son troisième revers de rang ce mardi en Ligue des champions, face à Naples (1-2). Daniel Riolo revient sur cette nouvelle défaite des Phocéens.

Après deux défaites dans un groupe de feu, il fallait donc gagner. Marseille devait battre Naples. Le problème, c’est que dans ce groupe, l’OM fait figure, aux yeux des autres, du petit. Celui contre qui on doit prendre 6 points. Dans ces conditions et au moment où la forme de l’équipe n’est guère reluisante, miser sur un succès marseillais pouvait sembler hasardeux.

Par le biais d’une large banderole, les supporters réclamaient de l’audace. « Audere est facere » comme le dit la devise de Tottenham. Et c’est vrai que l’audace, l’ambition, c’est ce qui semble le plus manquer à cet OM.

La première audace pour Baup, c’est de changer de système. C’est en tout cas ce qui est annoncé par le diffuseur du match. On est impatient. Quoi ? Qui ? Il a fait quoi Baup ? En fait rien. C’est juste Cheyrou à la place d’Imbula.

Pour une équipe qui doit absolument gagner, l’OM est surtout timide. Une sorte de prudence naturelle. L’équilibre vital. Celui qui fait perdre finalement toute initiative. Naples est meilleur et ça se voit. Les premières occasions sont logiquement pour l’équipe italienne.

C’est au milieu que ça se passe. C’est dans cette zone que Marseille est défaillant et que son adversaire apparaît supérieur.

Le problème c’est que l’OM donne l’impression de ne pas pouvoir battre un adversaire plus fort. Ça sent l’incapacité à se surpasser, à aller au-delà du normal. C’est pourtant la base du foot, du sport. Se dépasser. La chance de Marseille malgré tout, c’est de voir un Naples peu efficace. Le symbole, c’est cet incroyable échec d’Higuain seul devant Mandanda.

L’OM reste toutefois très fébrile. Le moindre contre, surtout côté droit, est un danger. La moindre pénétration fait mal. La défense marseillaise, c’est du beurre. Le constat sur le but encaissé est limpide.

Devant ? Rien. Valbuena est dépassé mais se bat. Payet et Gignac, eux, ne sont pas au niveau. Ils sont juste le fruit d’une supercherie qui s’appelle « foot français ».

Le 0/1 à la pause est un minimum. Naples est au-dessus, sans forcer.

La seconde période est similaire. L’OM ne fait rien, n’essaye rien. C’est d’une faiblesse inouie, d’autant que Naples ne semble pas monstrueux. Alors on attend. On sait que le 2e but des Napolitains viendra. Comme Arsenal, Naples joue tranquille, laisse venir. Et en toute décontraction, le 2e but est marqué par le remplaçant d’Higuain, Zapata. Sur cette action, on a vu un très bon Mertens. Il a été bon tout le match. C’est un international Belge, 26 ans, qui jouait au PSV et qui marquait des buts. Naples l’a recruté pour un brin moins de 10 millions. Payet ou encore Thauvin ont coûté plus cher. Payet est sorti juste après. Sifflé par son public. 10 matches de championnat, 3 en LDC et toujours le néant.

Au cas où vous m’auriez perdu en route, on parle bien de l’OM. Le plus grand club français. 100 millions de budget. Certes le groupe est très difficile, mais Marseille peut-il être le Zilina d’un groupe de LDC sans que ça fasse mal ? Une telle résignation, pauvreté technique, individuelle, collective, c’est possible ?

A 0/2, c’est terminé. Il ne nous reste plus, comme d’habitude, qu’à rigoler de la coupe de cheveux de Jordan Ayew. De la sortie d’un Gignac qui dans un match de LDC est comme un enfant perdu au supermarché…

Sur la fin, André Ayew montre qu’il est bien l’un des rares à évoluer au haut niveau dans cette équipe. Un but à la 86e et enfin quelques minutes de folie. En fait ça sera des secondes et ça ne change rien au final. Trois défaites en trois matches, il n’y a rien de surprenant à ça. C’était attendu.

Une bonne nouvelle toutefois pour l’OM. Samedi, c’est Reims qui vient. Ça doit, ça devrait mieux se passer…

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Daniel Riolo