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Harry, un entraîneur qui vous veut du bien

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Homme clé de la réussite de Tottenham, vainqueur mardi de l’AC Milan (1-0), Harry Redknapp est un personnage à part dans le football anglais. Si son image a longtemps été sulfureuse, son parcours brillant pourrait le mener très bientôt à la tête de la sélection anglaise.

Dans les couloirs de San Siro, Harry Redknapp ne cache pas sa joie après la belle victoire de Tottenham face à l’AC Milan (1-0). « Ce fut une performance fantastique », se réjouit le manager anglais. La réussite des Spurs, actuellement 4e de Premier League (comme l’an passé) et bien partie pour se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des champions pour sa première participation, Harry Redknapp n’y est pas étranger.
A bientôt 63 ans, cet ancien joueur professionnel passé notamment par West Ham est une figure incontournable du football anglais. L’une des plus controversées aussi. Car si ses talents de recruteurs et de dénicheur de talents sont unanimement reconnus (il a lancé Rio Ferdinand, Joe Cole, Frank Lampard…), ses méthodes et sa frénésie de transferts, en revanche, ont souvent laissé planer le doute. Au point de susciter la curiosité de la police qui a débarqué à son domicile un jour de novembre 2007. A la recherche de documents compromettants sur le transfert d’Amdy Faye d’Auxerre vers Portsmouth en 2003, les autorités britanniques repartent néanmoins bredouille.

Le successeur de Fabio Capello ?

Pour le manager anglais, le mal est fait. Et la pilule difficile à digérer. Très fragilisé par cette affaire, celui qui postule alors au poste de sélectionneur, voit Fabio Capello s’emparer de son rêve. Sa cote ne chute pas pour autant. Décrit par un proche comme « malin et ouvert », il tire le meilleur de ses équipes. Homme de paris, il relance Lassana Diarra, hors sujet à Arsenal, à Portsmouth en 2006-07, saison couronnée par une victoire en FA Cup (1-0 contre Cardiff).
Son secret ? A l’instar d’un Rolland Courbis, Harry Redknapp est très à l’aise avec ses joueurs. Son humour, décapant, fait souvent des ravages. A Portsmouth, dans un vestiaire très francophone (Diarra, Distin, Pamarot…), il lâche : « Ils me traitent peut-être de « bran… » toutes les dix minutes mais de toute façon, je ne les comprends pas. » Habitué à travailler avec des effectifs pléthoriques, il sait aussi quoi répondre lorsqu’un remplaçant vient plaider sa cause en affirmant se donner à 200% à l’entraînement : « Ben tu es payé pour ça ! »
A Tottenham depuis 2008, le manager anglais est encore en passe de réussir son pari : en relaçant notamment William Gallas, il a hissé les Spurs juste derrière le nouveau Big four (MU, City, Arsenal, Chelsea). Du coup, il pourrait ne pas aller au terme de son contrat en 2013. Car du côté de la Fédération anglaise, sa cote est remontée en flèche. Il fait même partie à nouveau de la short liste pour succéder à Fabio Capello au poste de sélectionneur en 2012. Et son rêve de devenir enfin réalité.