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L’OM veut chasser le diable

Mathieu Valbuena

Mathieu Valbuena - -

L’OM devra faire preuve d’une solidité à toute épreuve, ce soir (20h45) au Vélodrome, s’il entend réaliser l’exploit devant Manchester United en 8e de finale de la Ligue des Champions. Car les Diables rouges, en attaque comme en défense, et même privés de Rio Ferdinand, font office d’ogres.

Mercredi soir, Marseille y pensera forcément. En tribunes. Dans le vestiaire. Et sur la pelouse du Vélodrome bien sûr, là où se déroulera l’explication de texte entre les Phocéens et leurs homologues anglais de Manchester United. L’OM aura nécessairement une pensée pour son exploit passé, l’esprit tourné vers ce 19 octobre 1999. Au but de William Gallas et à la victoire à domicile des Marseillais (1-0) face au tenant d’alors de la Ligue des champions. Les joueurs de Didier Deschamps auront le droit de s’appuyer sur la force du souvenir. Mais il faudra plus qu’un joli cliché d’époque pour rééditer l’exploit face aux Mancuniens.

Des Red Devils qui savent voyager, eux qui ont gagné neuf de leurs dix derniers déplacements en C1. « Le souci de Didier Deschamps sur ce match-là sera la solidité de son équipe et celui d’un système qui a fait ses preuves à Sochaux, à savoir un 4-4-2 avec deux milieux récupérateurs », estime l’ancien défenseur marseillais Eric Di Meco. Face à la force de frappe mancunienne que constitue Rooney, Nani ou encore Hernandez, la rigueur défensive sera la clé de voûte, selon Jean-Michel Larqué, d’une possible performance phocéenne. « L’important, c’est que l’OM conserve une base arrière solide, insiste l’ancien finaliste de la C1 (en 1976). Si Marseille récupère son six de derrière, c’est-à-dire Mandanda dans les buts, Diawara-Mbia, Heinze, Fanni (en délicatesse avec ses ischios-jambiers) et devant eux Edouard Cissé, les Olympiens auront déjà des garanties. »

Deschamps a l’art des « gros coups »

Comme l’enthousiasme de Mathieu Valbuena. Out un mois des terrains en raison d’une entorse du genou gauche, l’international devrait figurer dans le groupe de Didier Deschamps. « Il est fort probable qu’il le soit, a confié ce dernier. Sur le plan psychologique pour lui et le groupe, c’est bien qu’il soit là pour préparer le match.» Sa présence sur le terrain sera également importante. L’OM, privé de Gignac (élongation aux ischios-jambiers) aura bien besoin des qualités de perforation du milieu international. Un atout non négligeable à l’heure d’aller chatouiller la meilleure défense de la compétition (un but encaissé), même privée de son leader assumé, Rio Ferdinand (mollet). Une tâche délicate vue d’Arsenal et de l’opinion de Samir Nasri. « Ça va être très dur pour l’OM, a assuré l’ancien Minot. United n’est pas fantastique, ni flamboyant, mais c’est costaud. D’ailleurs, les Mancuniens ont vraiment une base défensive très difficile à contourner. Manchester est une équipe mature, très intelligente. »

Et experte dans l’art, aux dépens de Lille (2006-07) et Lyon (2007-08), de faire barrage aux rêves de quarts de finale des clubs français. Un stade après lequel court le club phocéen depuis son sacre en 1993. Mais si Manchester a « un grand technicien » (Nasri) ayant « la culture de la gagne » (Heinze), en la personne de Sir Alex Ferguson, l’OM possède aussi « un grand entraîneur » (Evra), habitué à faire des étincelles sur la scène européenne. La marque de fabrique de « DD » : faire tomber une grosse cylindrée lors d’une confrontation à élimination directe. Comme le Real Madrid et Chelsea en 2004. Et Manchester en 2011 ?

Alix Dulac avec Florent Germain