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Le Barça, étendard de la catalanité

Bien qu'absent demain contre Paris, Puyol est le pur produit de la Masia

Bien qu'absent demain contre Paris, Puyol est le pur produit de la Masia - -

A l’image de son ex-président, Joan Laporta, le FC Barcelone a toujours été un des piliers du nationalisme catalan. Car mardi au Parc des Princes, c’est bien qu’un club que vont affronter les partenaires d’Ibrahimovic.

Lorsque Barcelone est allé soulever la Ligue des champions à Paris en 2006, le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero était dans les tribunes du Stade de France. Une marque de soutien qui n’est pas passée inaperçue en Catalogne puisque le leader socialiste est un supporteur déclaré de Barcelone, malgré la rivalité historique qui règne entre le Barça et l’Espagne. Autrement dit, Madrid, siège du pouvoir, et le Real Madrid, rival honni, et porte drapeau du pouvoir central castillan.

Car le Barça, c’est justement ça : c’est bien plus qu’un club, « Més de un club » dans le texte, comme le clame la devise du Foot-Ball Club Barcelona, fondé en 1899. Joan Laporta (2003-2010), 38e président de l’institution blaugrana (bleu et rouge), était aux manettes lorsque Zapatero a fait le déplacement à Paris. « Le club est une exposition pour la Catalogne, explique Laporta, qui passe pour un nationaliste. Ici, la vie s’articule autour de notre région. » Et dans ce Nord-Est du pays, le cœur bat au rythme de l’opposition ancestrale à Madrid.

Dix Ballons d’or pour le Barça, six pour le Real

Sous Franco, la capitale catalane est restée zone irrédentiste, et le stade du Camp Nou, le bastion de la catalanité, jusqu’à la fin de la dictature en 1977. Le club s’enorgueillit de n’avoir jamais sollicité le patronage de la monarchie, contrairement au Real et à l’Espanyol Barcelone. Catalanité ? « C’est comme être français, c’est un sentiment de dignité, une manière de défendre le droit à la liberté de la Catalogne », affirme Laporta. Le Barça, aux côtés de Gaudi et de la Sagrada Familia.

Dans les tribunes, les 170 000 socios du club affichent régulièrement des slogans séparatistes. Sur le terrain, c’est la progéniture de la Masia, le centre de formation maison, qui porte haut les couleurs de la Catalogne. Les locaux Xavi ou Puyol, mais aussi le Castillan Iniesta, né à quelques encablures de Madrid, ou l’Argentin Messi, élevé au grain dès ses 14 ans. La Masia contre la Fabrica, son alter ego merengue. Dix Ballons d’or d’un côté, six de l’autre. « On forme les Ballons d’or, eux les achètent », moque-t-on dans les rues de Barcelone.

Cruyff, éternel ambassadeur blaugrana

Depuis l’inauguration de la Masia en 1979, les joueurs catalans ont pour mission de bien jouer. « Le Barça exprime une genuine (authentique) manière de jouer au football », plaide Laporta. Et gare à celui qui l’oublierait. En 1998, l’équipe de van Gaal était accueillie par des sifflets qui descendaient des tribunes. Le peuple blaugrana se moquait du doublé Championnat-Coupe obtenu pourtant par le Batave. Un autre enfant du Plat Pays, Johan Cruyff, reste en revanche à jamais l’ambassadeur du sentiment barcelonais.

Selon Laporta, quatre mots définissent l’identité du Barça : « Cruyff, système (de jeu), jeunesse, Catalogne ». L’extraordinaire attaquant a d’ailleurs pris les rênes en 2009 de la sélection… de Catalogne. Encore une preuve qu’à Barcelone, le foot c’est beaucoup plus que du foot.

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Louis Chenaille (avec M.Bo.)