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Le Bayern fait exploser le Barça

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Laminé 4-0 par le Bayern Munich ce mardi soir à l’Allianz Arena, en demi-finale aller de la Ligue des champions, Barcelone a connu sa pire défaite dans l’épreuve depuis… 1997. Après cette démonstration, les Munichois ont plus qu’un pied et demi à Wembley, cadre de la finale le 25 mai.

Si l’on voulait faire dans le jeu de mots, on appellerait ça la quête au bis repetit-exploit. Mais en version mission impossible. Battu 2-0 par le Milan AC en huitième de finale aller de la Ligue des champions, le Barça avait su renverser la vapeur au retour (4-0) pour s’offrir une superbe qualification en quarts. Un PSG difficilement écarté plus tard, les Catalans font face à un défi deux fois plus XXL après avoir perdu leur demi-finale aller dans les grandes largeurs, 4-0, sur la pelouse du Bayern Munich ce mardi soir. Lionel Messi et sa bande peuvent-ils le faire ? On ne va pas se mentir, sauf tremblement de terre footballistique, non. Car il y a un hic. Un gros hic. Du genre infranchissable.

En face, c’est Munich. Et ce Bayern n’est pas le Milan. Bien plus fort. Bien plus complet. Bien plus en confiance après cette… vingtième victoire sur leurs 21 derniers matches. Battus seulement à… trois reprises cette saison, les Bavarois n’ont jamais concédé une défaite par plus de deux buts d’écart (3-1 contre BATE Borisov, 1-2 face au Bayer Leverkusen, 0-2 contre Arsenal). On souhaite bien du courage au Barça pour mercredi prochain… La finale de Wembley, le 25 mai, semble déjà avoir une place réservée pour le Bayern.

La revanche du quart de finale 2009

Et cette demi-finale aller entre ces deux quadruples vainqueurs de l’épreuve, dans tout ça ? Très vite, les spectateurs de l’Allianz Arena ont compris l’idée du soir. Un futur champion d’Espagne dominateur dans la possession, comme toujours (66%), mais stérile dans le camp adverse (quatre tirs dont un seul cadré) derrière un Lionel Messi fantomatique et qui se ressent peut-être plus qu’il ne veut bien le dire de la blessure à la cuisse droite contractée lors du quart de finale contre Paris. En face, un déjà champion d’Allemagne très présent des deux côtés du terrain, dans le rythme et à la technique diablement efficace, avec comme un symbole ce Franck Ribéry se donnant à fond lors des phases défensives pour contenir le danger Dani Alves.

Des Munichois qui verront leur domination se concrétiser, d’abord, par un but de la tête de Thomas Müller en première période (25e). Avant d’enfoncer le clou au retour des vestiaires : Mario Gomez doublait la mise(49e) mais en… position de hors-jeu, Arjen Robben déposait la cerise sur le gâteau d’une frappe dans le petit filet opposé suite à un écran un peu trop musclé de Müller sur Alba (73e). Müller terminait le chemin de crois barcelonais avec un doublé (81e), portant le total de buts du Bayern sur la saison à… 134 toutes compétitions confondues. « C'est un résultat mérité, expliquait Ribéry au micro de Canal+. On a bien joué tous ensemble offensivement et défensivement. On est plus forts cette année car notre banc est beaucoup plus gros, c'est la force de l'équipe. On prend beaucoup de plaisir à jouer ensemble. »

Les Catalans pourront toujours se plaindre d’erreurs d’arbitrage sur les deuxième et troisième buts, l’homme en noir avait également oublié deux mains barcelonaises dans la surface en première période. Bref, n’en jetez plus, l’humiliation est totale pour le Barça, chambré par le public dans les dernières minutes. Les Blaugrana n’avaient plus concédé une telle défaite en Ligue des champions depuis un 4-0 infligé par Kiev en 1997. Le Bayern, lui, a pris la parfaite revanche sur la déculottée 4-0 infligée par Barcelone au Camp Nou en quart de finale en 2009. Et si cette demi-finale aller de l’Allianz Arena marquait une passation de pouvoir ? Sur la pelouse, en tout cas, la meilleure équipe d’Europe ne s’appelait pas Barcelone. De très loin. « Au-delà du résultat, il y la domination des Bavarois, analyse Jean-Michel Larqué, membre de la Dream Team RMC Sport. C'est fou comme un football qui a été avant-gardiste pendant des années et qui a essayé d'être copié peut devenir totalement démodé. Le Bayern a une autre façon de jouer. C'est du football total, l'Ajax Amsterdam des années 70 revu à la sauce moderne. On a vu l'impuissance du Barça. La différence est telle que ce ne sera pas qu'un simple accident pour le Barça. »

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Alexandre Herbinet