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Le PSG, autopsie d’un crash en quatre temps

Les joueurs du PSG

Les joueurs du PSG - -

Aussi cruelle soit-elle, l’élimination du PSG n’échappe pas, finalement, à une certaine logique. Coaching défaillant, fighting spirit aux abonnés absents, inexpérience et attaque muette : voici les raisons de l’échec parisien.

Coaching : N'est pas Mourinho qui veut

Il y a des images qui ne trompent pas. Quand José Mourinho court sauter dans les bras de ses joueurs après le but qualificatif de Demba Ba. Ou quand ce même José Mourinho gesticule de tout son long devant (autour, surtout) de sa zone technique… Que fait Laurent Blanc ? Pas grand-chose… à part conserver sa posture. Droit dans ses bottes. Dans ses idées. Et c’est certainement l’une des raisons du fiasco parisien. Le Cévenol n’a jamais su insuffler à ses joueurs une attitude guerrière (on y reviendra). Il n’a surtout pas osé prendre des risques, une fois son équipe menée et sous la menace d’une élimination, contrairement à son homologue portugais, qui aura changé deux fois de système. Lui qui disait ne pas vouloir subir et garder la même philosophie de jeu, n’aura pas vraiment tenu parole. Certes à sa décharge, une fois Pastore et Cabaye sur le terrain, Blanc n’avait plus trente-six mille solutions à sa portée. Mais il aura préféré faire rentrer un défenseur (Marquinhos) en fin de match en sacrifiant… un joueur offensif (Lucas), qui plus est capable de tenir le ballon. Surtout, tactiquement, il n’a pas voulu bousculé son sacro-saint 4-3-3. Et le rêve des Parisiens d’accéder aux demies de la C1 est mort avec.

Inexpérience : le talent, oui mais...

En Ligue 1, le PSG se promène et va, sauf cataclysme, célébrer prochainement son quatrième titre de champion de France. Mais Paris a sûrement payé cher, très cher mardi soir sa domination hexagonale. Certes, Lille l’a tenu en échec au Parc, Monaco à l’aller comme au retour. Et Saint-Etienne, avant de rendre les armes Porte de Saint-Cloud, lui avait mené la vie dure en Coupe de la Ligue et à Geoffroy-Guichard. Mais à part ça et l’accident contre Evian-Thonon-Gaillard, Paris n’a pas vraiment sué cette saison. En Ligue des champions non plus où l’Olympiakos, Benfica, Anderlecht et plus tard, le Bayer Leverkusen, n’ont pas joué les épouvantails. Paris a donc manqué de sparring-partners un tant soit peu supérieurs ou du moins suffisamment consistants pour lui permettre de préparer ce grand rendez-vous. Si la magie du Parc a agi à l’aller, c’était l’expérience qu’il fallait aux Rouge et Bleu mardi pour sortir indemnes de Stamford Bridge. S’ils n’ont pas démérité, les cadres (Motta, Silva, Alex, Maxwell) habitués à la C1 n’ont pas transcendé les leurs. Et il ne fallait pas attendre cela de la part des novices (Jallet, Matuidi, Verratti, Lucas).

Fighting-spirit : esprit, pourquoi n'étais-tu pas là ?

L’argent, c’est bien. Le talent, aussi. L’addition des deux également, bien sûr. Mais il faut aussi une attitude, une âme. Le PSG de Laurent Blanc en a une et les observateurs ont pu la voir à plusieurs reprises cette saison. Mais les joueurs parisiens n’ont jamais eu, manifesté ou ne serait-ce que présenté un dixième de l’état d’esprit guerrier que les Blues, eux, ont affiché. D’autant que le score de l’aller (3-1) les mettait simplement en ballotage favorable, pas en possession certaine de leur billet pour les demies. Le fighting spirit, les Londoniens l’ont eu, notamment en seconde période, où ils n’ont jamais lâché les basques des joueurs parisiens, persuadés de les faire craquer. A raison. S’il a manqué un brin de talent au PSG face au Barça il y a un an, cette fois, c’est dans l’attitude que le club Rouge et Bleu a failli. Paris va également devoir apprendre, en plus de son niveau de jeu, à rehausser son niveau d’engagement.

Attaque : Le spectre Ibra, le fantôme de Cavani

Il voulait l’axe. Il l’a eu. Qui plus est dans un grand match et contre une équipe avec qui il avait des comptes à régler. Mais Edinson Cavani ne s’est jamais montré à la hauteur de l’événement. Ni de la teneur de ses propos. Les 20 dernières minutes où il avait supplée Ibrahimovic, blessé, à l’aller, l’avaient déjà affiché. Pas un tir cadré au Parc. Pas mieux à Stamford Bridge. Ce fut même pire, avec deux occasions franches expédiées au-dessus du but de Cech. Un rendement indigent à ce niveau, avec un physique inexistant, une agressivité défensive bien en deçà de ses performances habituelles. Sans oublier une fâcheuse tendance à dézoner (ce qui relancera assurément son débat sur son positionnement) très, très handicapante pour ses partenaires en quête d’un point de fixation. Paris était orphelin d’Ibra et si ce dernier avait été transparent à l’aller, il aura clairement manqué au retour. Rien ne dit que le géant suédois aurait délivré les siens. Mais il aurait, par sa faculté à tenir un ballon, évité au bloc parisien d’évoluer aussi bas.

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A.D