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Les coulisses de l’exploit

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L’OM a signé l’un des plus beaux succès européens de son histoire mardi sur la pelouse de Dortmund (3-2). Retour sur une soirée inoubliable, du vestiaire à l’avion, au plus près des joueurs et des dirigeants marseillais.

Le vestiaire en fusion

Un peu plus de 23h, mardi soir. Ivres de joie, les 2500 supporters de l’OM chantent, dansent et font la fête dans leur tribune du Signal Iduna Park. Quelques mètres plus bas, dans les entrailles du stade de Dortmund, le vestiaire de l’OM est en feu. « On y est, hurle Alou Diarra. On aime les missions impossibles. Elles ne sont jamais impossibles pour nous ! » Morgan Amalfitano et Billel Omrani lancent un « Qui ne saute pas n’est pas marseillais ! ». Didier Deschamps applaudit et félicite ses joueurs. Fidèle à sa réputation de « DJ du vestiaire », Rod Fanni fait tourner la play-list de son Iphone.

Loïc Rémy rend hommage à Mathieu Valbuena, le héros de la soirée, assis à ses côtés : « Ce mec-là, on l’appelle ‘‘Euro millions’’ ! Lors du fameux match de Liverpool (0-1 en 2007, ndlr), il déclenche une pépite, elle rentre. Et là, c’est ce même mec qui nous qualifie ! » Encore marqué par un choc frontal avec Diarra, Mbia arbore un épais bandage blanc pour couvrir son œil de pigeon. « J’ai sacrifié mon œil pour le club, glisse le Camerounais, euphorique. Je ne vois plus. Mais ce n’est pas grave, on est là ! » Après la rencontre, Guy Stephan, l’entraîneur adjoint, confiera sur RMC : « C’était une grosse ambiance dans le vestiaire, comme il y en a eu peu depuis deux ans et demi. C’est sur le podium des ambiances depuis que l’on est arrivé avec Didier ! »

Deschamps hilare, Valbuena sans un mot

Encore ébloui par cette effervescence, Didier Deschamps se présente en conférence de presse le col de chemise un peu défait : « Ce n'était donc pas mon dernier match de coupe d'Europe avec l'OM ! » Il renifle des pichets présentés devant lui en espérant y trouver de la bière, sa boisson préférée pour fêter une victoire, mais le Borussia ne propose que du cidre. Ce sera pour plus tard. L’entraîneur phocéen se moque gentiment du traducteur allemand et chambre un journaliste français au moment où celui-ci prend le micro-perche pour lui poser une question : « Allez, vas-y Johnny ! » L'humeur est au beau fixe, la qualification, ça donne le sourire. Deschamps prend même plaisir à s'arrêter dans la zone d'interviews. Valbuena passe lui comme un fantôme devant la presse, le pas vif et le regard hostile. Le héros n'a visiblement pas envie de plaisanter.

Pendant ce temps-là à Paris…

Margarita Louis-Dreyfus vient de recevoir le prix de la « capitaliste de l'année ». Dans un restaurant chic du 16e arrondissement de Paris, une table de quarante personnes a été réservée. Vincent Labrune n'a pas oublié de demander au patron un écran géant pour suivre le match. Le président de l'OM avait d'ailleurs prévenu Margarita : « Je t'accompagne pour la remise du prix, mais je regarde le match ! » Les banquiers allemands, les avocats venus de New-York et les amis historiques de la famille Louis-Dreyfus ne profiteront pas beaucoup du président marseillais pendant la rencontre. Labrune est au bord de la télé, avec les trois enfants de MLD, certains membres du conseil d'administration et quelques représentants d’Eric Soccer. Le tartare de daurade est appétissant, mais le champagne et le vin blanc auront plus de succès pour fêter la qualification.

« C'est un superbe clin d'œil, confie Labrune. On était là pour célébrer Margarita et on a pu célébrer la victoire de l'OM en même temps. A cinq minutes de la fin, je me suis levé et j'ai annoncé à tout le monde qu'on allait marquer un troisième but. » Au moment du chef d’œuvre de Valbuena, une douce euphorie s'empare du président de l'OM, de Margarita et de ses enfants, Maurice, Kirill et Eric. Labrune appelle alors Steve Mandanda, à peine quinze minutes après la fin du match. Il lui annonce que la prime est doublée avant de lui passer Margarita, fière de ses joueurs. « Quand en cinq minutes on passe de zéro à quatre millions d'euros de bonus pour la qualification en huitièmes, on peut bien doubler la prime des joueurs. Vu le scénario, l'engagement, et l'état des joueurs, je pense qu'ils l'ont mérité », justifie Labune, qui avait pris soin au début de saison de revoir à la baisse le montant des primes négociées par son prédécesseur, Jean-Claude Dassier.

Azpi chambre Mandanda dans l’avion

Décollage de Dortmund à 1h30. L'ambiance est détendue, mais beaucoup plus calme que dans le vestiaire ou dans le bus. Valbuena discute avec Cesar Azpilicueta dans l’avion. L'Espagnol chambre Mandanda : « Je t'ai sauvé d'un troisième but, Steve ! C'est le tournant... » Deschamps et Stephan, toujours à côté l'un de l'autre en déplacement, à l'avant, sont déjà projetés sur le match de samedi face à Bordeaux. Les plateaux repas arrivent : salade et saumon, poulet, pâtes... Sous leur casque ou face à leurs vidéos, les Marseillais sont sereins.

Pas de chants, pas de cris, il se fait déjà tard et la pression est retombée. Atterrissage à Marseille Marignane à 3h du matin. Chacun récupère sa voiture et regagne son domicile. Après une bonne nuit de sommeil, les partenaires de Souleymane Diawara retrouvent le centre d’entraînement Robert Louis-Dreyfus ce mercredi à 17h. Devant une dizaine de supporters, ils effectuent un léger décrassage, avant de filer pour un moment de détente bien mérité. Deschamps a accordé une matinée de repos à son groupe ce jeudi. L’entraînement a été décalé en fin d’après-midi. Histoire que tout le monde se remette de ses émotions…