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Ligue des Champions: C'était vraiment une saison complètement folle

La bataille pour soulever le trophée a été particulièrement rude cette saison.

La bataille pour soulever le trophée a été particulièrement rude cette saison. - RMC Sport

La cuvée 2018\/2019 de la Ligue des champions a été particulièrement exceptionnelle. De début septembre à fin mai, la C1 a offert un nombre incalculable d’émotions aux fans de football et aux abonnés de RMC Sport. Avant l’ultime match entre Tottenham et Liverpool, retour sur un millésime qui restera à coup sûr dans les mémoires.

En poules :

Qualification à l’arrache du PSG et de Liverpool

Trois favoris pour seulement deux places. Ce groupe C, considéré comme le groupe de la mort, regroupait trois gros morceaux: le PSG, Liverpool et le Napoli. Un d’entre eux allait se retrouver sur le carreau. Et c’est finalement les Italiens qui passent à la trappe. Un nul décevant à Belgrade, Un but égalisateur de Di Maria dans les ultimes secondes au San Paolo, et les Partonopei se retrouvent le couteau sous la gorge pour leur dernier match de poules à Anfield. Dans un match serré, c’est l’Egyptien Mohammed Salah qui délivre ses supporters à la demi-heure de jeu et élimine les Napolitains grâce à une meilleure attaque (7 buts pour Liverpool, seulement 5 pour le Napoli. Le PSG et Liverpool s’en sortent de justesse

L’OL regarde Manchester City dans les yeux

Dans cette poule F, Lyon a dû batailler avec Manchester City, le Chakhtior Donetsk et Hoffenheim. Les hommes de Bruno Génésio doivent leur qualification en grande partie à leurs performances face aux joueurs de Pep Guardiola. Outsiders, les Lyonnais dominent physiquement et dans l’intensité les Citizens à l’Etihad Stadium et s’imposent grâce à Nabil Fekir et Maxwell Cornet (2-1). Au Parc OL, les Lyonnais rééditent l’exploit et tiennent en échec les Skyblues 2-2 avec un doublé du virevoltant Cornet. Malgré des résultats en demi-teinte face aux deux autres équipes du groupe ( 4 matchs nuls), l’OL passe en huitième.

Tottenham passe de justesse

Le héros s’appelait déjà Lucas Moura. Barcelone déjà qualifié, la dernière journée voit un affrontement à distance entre l’Inter Milan et Tottenham pour composter le deuxième ticket pour les phases aller-retour. Les Anglais se déplacent au Camp Nou alors que l’Inter reçoit le PSV Eindhoven, déjà éliminé. Devant leur public, les Intéristes patînent et concèdent le nul face aux Hollandais (1-1). Mais même avec ce résultat, les Milanais sont qualifiés. Jusqu’à la 85e minute au Camp Nou. Le moment choisi par Lucas Moura pour égaliser à Barcelone (1-1) et ramener Italiens et Anglais à égalité. Grâce à une meilleure différence de but particulière (2-1 à San Siro, 1-0 à Wembley), ce sont les hommes de Mauricio Pochettino qui passent en huitième. Déjà une qualification de justesse…

Un Ajax déjà conquérant

Les prémices de l’épopée. Sorti des qualifications, l’Ajax Amsterdam ne fait pas figure de favori dans ce groupe E composé du Bayern Munich, du Benfica Lisbonne et de l’AEK Athènes. Mais cette année, l’Ajax a décidé de sortir le grand jeu. Deux matchs nuls spectaculaires (1-1 et 3-3) face aux Munichois, aucune défaites concédées, un jeu spectaculaire et un Dusan Tadic déjà en feu (5 buts en 6 matchs), et les hommes d'Erik Ten Hag valident leur ticket pour le tour suivant. Une qualification passée un peu inaperçue, plus pour longtemps.

Un début de saison chaotique du Real

L’après-Zidane n’a pas encore été digérée. Que ce soit avec Julen Lopetegui (viré fin octobre) ou Santiago Solari, les Madrilènes n’ont que trop rarement affiché un visage de triple tenant du titre. Alors que la défaite 1-0 chez les Russes du CSKA Moscou avait déjà fait mal, la raclée 3-0 infligée lors de l’ultime journée à Bernabeu par ces mêmes Moscovites présageait déjà d’une saison compliqué. Si le Real Madrid nous avait habitué à sous-performer en championnat (le cas encore cette saison), la C1 apparaissait toujours comme une bouffée d’oxygène pour les coéquipiers de Karim Benzema. Malgré une première place, cette phase de poules 2018/2019 aura donc été annonciatrice de la fin de ce Real Madrid sûr de sa force.

Huitièmes de finale :

Piteuse sortie de route pour Paris, plus logique pour Lyon

L’indice UEFA de la France risque de prendre un sacré coup. Si les Lyonnais tiennent la baraque au match aller contre le FC Barcelone au Parc OL (0-0), ils ne peuvent rien faire au Camp Nou face aux vagues barcelonaises, dirigées par un Messi de gala (5-1). La grosse déception est à mettre du côté de Paris. Comment les Parisiens ont-ils réussi à passer à la trappe face à un si faible Manchester United? Victorieux 2-0 à Old Trafford grâce à des buts de Presnel Kimpembe et Kylian Mbappé, le PSG avait juste à terminer le travail au Parc des Princes face à des Red Devils décimés (Martial, Lingaard, Matic, Herrera blessés, Pogba Suspendu). Mais l’invraisemblable s’est, une fois de plus, produit. Sur trois erreurs individuelles, le PSG encaisse trois buts, dont un pénalty de Rashford dans les dernières secondes (1-3). Mbappé invisible, Neymar et Cavani absents, les Parisiens sont éliminés pour la troisième fois consécutive en huitièmes de finale de Ligue des champions. Le premier scénario improbable de ces éliminatoires. Ce sera loin d’être le dernier.

Le Real prend une leçon de football

Le match aller semblait confirmer que le Real Madrid restait le Real Madrid. Outrageusement dominés à Amsterdam, les Madrilènes s’en sortent grâce à des buts de Karim Benzema et Marco Asensio (1-2). On se dit que ça y est, les Madrilènes sont lancés. Que malgré le beau jeu pratiqué par l’Ajax, l’efficacité des Merengues suffirait à passer l’obstacle. Mais le match retour sera finalement une démonstration de football de la part des coéquipiers de Frenkie De Jong. Intensité physique, jeu collectif ultra-fluide et état d’esprit dominateur, l’Ajax Amsterdam domine le Real de la première à la dernière minute (1-4) et passe en quarts de finale. Les triples champions en titre à la trappe, c’est toute une Europe qui se remet à croire en la victoire finale.

CR7 assomme l'Atletico

Le Real dehors, la Juventus de Cristiano Ronaldo apparaît logiquement comme un favori à la victoire finale. Pourtant, dans ce huitième de finale face à l’Atletico de Madrid, ce sont les hommes de Diego Simeone qui frappent les premiers au Wanda Metropolitano (2-0) grâce à Giménez et Godín . La Juventus a paru si impuissante face à la force défensive des Rojiblancos que seul un miracle peut sauver les Turinois. Et ce miracle s’appellera Cristiano Ronaldo. Au terme d’une partie exceptionnelle dans son intensité, la star portugaise martyrise sa victime favorite (25 buts contre l’Atletico pour CR7) et inscrit un triplé libérateur (3-0). Antoine Griezmann n’en croit pas ses yeux, mais c’est bien la Juventus qui passe au tour suivant. Encore une remontée incroyable.

Quarts de finale

Il ne faut pas provoquer Lionel Messi

Manchester United contre le FC Barcelone, une affiche historique mais déséquilibrée. Les Barcelonais filent vers le titre domestique tandis que les Red Devils coincent en championnat. Cela n’empêche pas Chris Smalling de chauffer le terrain en provoquant Lionel Messi en conférence de presse. "Je t’attends", chauffe l’international anglais. La réponse de la Pulga sera cinglante : une passe décisive en guise d’apéritif au match aller, remporté 1-0 par les Catalans, un doublé tout en maîtrise au Camp Nou qui douche les espoirs Mancuiniens (3-0). Et c’est tout un peuple qui croit en une nouvelle C1.

L'Ajax renverse CR7

La perspective d’une finale entre Cristiano Ronaldo et Lionel Messi est dans toutes les têtes à l’aube de ce quart de finale entre la Juve et l’Ajax. Ces présomptueux Hollandais ne pourraient rien face à la solidité italienne et l’efficacité de leur star portugaise. Le match aller tend à prouver cette affirmation avec un match nul au forceps des Turinois 1-1 à Amsterdam. Cristiano Ronaldo fait déjà parler son efficacité. Mais au Juventus Stadium, l’Ajax prouve que cette saison de Ligue des Champions est différente et éjecte les Bianconeri avec la manière (1-2). Malgré l’ouverture du score de l’inévitable Ronaldo, Van de Beek et De Ligt sur corner se chargent de faire taire tout un stade. Le Football Total est de retour!

Tottenham et City

Un ascenseur émotionnel. Un scénario digne du meilleur films d’Alfred Hitchcock. Des acteurs incroyables des deux côtés. Ce quart de finale entre Manchester City et Tottenham aura fait plus que tenir ses promesses. Après une victoire 1-0 dans leur nouveau stade, les Spurs se présentent à l’Etihad stadium sans Harry Kane. City croit avoir le match en main après la rapide ouverture du score de Sterling ,mais c’était sans compter sur la capacité de résilience des Spurs. En quelques minutes, Heug-Min Son inscrit un doublé et renverse totalement la situation. Manchester doit marquer trois fois pour se qualifier. Mission impossible, sauf dans cette C1 édition 2018/2019. À la 59e minute, Sergio Agüero, sur une superbe frappe, porte le score à 4-2, synonyme de demi-finale pour les Citizens. Mais sur un corner, le supersub Fernando Llorente marque du fessier et refait passer les Londoniens au-dessus de la ligne de flottaison. Ce match était déjà incroyable, mais il basculera dans l’irrationnel. Dans les ultimes secondes, Sterling croit arracher la victoire dans un stade en fusion. C’était sans compter la VAR qui décide d’annuler le but pour un hors-jeu plus tôt dans l’action. 4-3 pour City mais c’est bien Tottenham qui passe en demi-finale. Au prix de nombreuses crises cardiaques.

Demi-finales:

La remontada de Liverpool

Liverpool y a toujours cru. Dans cette Ligue des champions où le thème était l’improbable, les Reds ont sorti leur plus beau costume. Un trois-pièce qui ressemble à celui porté un 25 mai 2005 à Istanbul. Encore une fois, les ingrédients sont là pour assister à un match aller-retour exceptionnel. Il faut déjà un dominant : le FC Barcelone. Malgré une terne prestation, le Barça s’impose 3-0 au Camp Nou grâce une nouvelle fois à leur génie argentin, qui crucifie les hommes de Klopp d’un somptueux coup-franc. Le scénario est donc posé : il faut marquer au moins trois fois à Anfield pour apercevoir la finale. Et dans la lignée des précédents résultats, c’est encore une scène inimaginable qui se déroule dans la ville des Beatles. Divock Origi marque dans les premières minutes et plonge les Barcelonais dans le chaos. Georginio Wijnaldium remet les deux équipes à égalité avant que Trent Alexander-Arnold embobine tout le monde et tire rapidement son corner. Origi est le seul à suivre et inscrit un doublé libérateur pour les Reds (4-0). Y aura-t-il un match normal dans cette Ligue des champions?

Tottenham ne meurt jamais

Après le Real et la Juve, Tottenham ressemble à un obstacle plus surmontable pour l’Ajax. La victoire acquise 1-0 en Angleterre augure d’une première finale depuis 1995 pour les Hollandais. Une qualification qui devient de plus en plus probable quand De Ligt et Ziyech donnent un double avantage aux leurs à la Johan Cruyff Arena. Mais cette Ligue des Champions a décidé de n’avoir aucun sens. À force de persévérance, Tottenham (pourtant privé de Kane et Son) refait surface en deuxième période. Et le salut viendra par Lucas Moura, qui inscrit un triplé aussi improbable qu’historique qui qualifie Tottenham pour la première finale de Ligue des Champions de son histoire (2-3).

Que nous réservera la finale? Réponse le 1er juin à 21h, Tottenham-Liverpool à suivre sur BFM TV et RMC Sport 1.

Mathieu Sanchez