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Ligue des champions : Madrid divise (un peu) les cœurs

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L’Atlético face à Chelsea mardi soir, le Real contre le Bayern Munich le mercredi : Madrid s’apprête à vivre deux demi-finales aller de Ligue des champions. L’occasion de revenir sur la rivalité entre les deux clubs. Reportage.

Il y a d’abord le constat de l’évidence. Le palmarès, l’histoire, l’aura, les millions de supporters à travers la planète. Entre le Real et l’Atlético, impossible de ne pas adosser l’expression « très grand club » à un club madrilène plutôt qu’à l’autre. La « maison blanche », bien évidemment. A l’heure où la capitale espagnole accueille deux demi-finales aller de Ligue des champions en deux jours, la première mardi soir entre l’Atlético et Chelsea, la seconde mercredi avec le Real et le Bayern Munich, l’antagonisme entre les deux clubs madrilènes écrit l’histoire d’une rivalité différente selon le point de vue. D’un côté, un Real dont le véritable « ennemi » historique se nomme Barça. De l’autre, un Atlético qui s’oppose naturellement au club qui partage sa ville. « Le Real est notre rival éternel, explique Victor, 26 ans, supporter des Colchoneros. On doit toujours essayer de terminer devant. »

Pas de quoi créer pour autant une ambiance délétère. Car la différence de reconnaissance – populaire et médiatique – entre les deux clubs provoque plutôt une indifférence moqueuse des fans du Real, demi-finale de C1 ou non. « Les supporters de l’Atlético sont très anti-Real car ils perdent toujours contre nous et le Real a gagné plus de titres qu’eux, avance Toñin, 46 ans, socio de la « maison blanche » depuis ses 10 ans et patron d’un bar à Vallecas considéré comme un des temples du madridisme. Ils ont toujours été dans notre ombre. Les supporters du Real vont regarder la demie de l’Atlético sans engouement. S’ils gagnent, c’est bien. S’ils perdent ou font match nul, c’est bien aussi. »

« Quand ils vont à Bernabeu, ils vont à l'opéra »

Difficile d’afficher le même détachement chez son homologue. Victor tente bien d’écarter le Real d’un revers de pensée mais finit par y revenir comme un aimant : « On se préoccupe seulement de notre match. Le Real, on s’en fout. Ils nous regardent toujours de haut mais tout ce qu’ils ont gagné nous est égal. Nous, on est une grande famille. Eux, quand ils vont à Bernabeu, ils vont à l’opéra. Il faut profiter de cette semaine européenne pour montrer qu’il n’y a pas un grand club à Madrid mais deux. » Le message sur l’écharpe du garçon en dit long : « L’histoire continue, maintenant nous triompherons ». Comme un rappel d’une saison exceptionnelle sur le plan sportif pour les Colchoneros et des conséquences déjà palpables de ce retour au premier plan.

« On en rigole à la rédaction car on se dit qu’on va peut-être prendre la place de ceux qui s’occupent du Real, s’amuse Daniel Hidalgo, journaliste au quotidien As où il couvre l’actualité de l’Atlético. Normalement, on fait huit ou neuf pages sur le Real et quatre pages sur l’Atlético. Désormais, on commence parfois à faire cinq ou six pages sur l’Atlético et ça réduit la place sur le Real à sept pages. Il y a du progrès mais le Real représentera toujours plus car un Espagnol sur quatre supporte le Real. On est obligé de se plier au marché, il ne va pas changer, mais il y a de plus en plus de Unes sur l’Atlético et maintenant qu’ils sont installés, ça ne va plus changer. » Toñin ne partage pas cet avis : « Ce n’est pas parce qu’ils gagnent beaucoup pendant une année qu’ils vont devenir le grand club de Madrid. Le Real restera n°1. C’est quand même le club du siècle. » Le conte d’une seule cité. Et d’un club plus grand que son voisin.

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Alexandre Herbinet avec Georges Quirino à Madrid