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Lille dit pratiquement adieu à l’Europe

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Sans jamais vraiment donner l’impression de pouvoir l’emporter, le Losc s'est incliné mardi sur sa pelouse face au Bayern Munich (1-0). Une troisième défaite en autant de matches de Ligue des champions qui anéantit pratiquement toute chance de qualification nordiste en huitième de finale.

Ancienne icône de l’équipe de France, passé par le Bayern, Jean-Pierre Papin avait prévenu : « Les Lillois devront sortir un gros match. Contre une équipe comme le Bayern, ils ne gagneront pas au rabais. Il faudra sortir une copie presque parfaite. » De miracle il n’y a pas eu. Mardi soir, Lille a fait ce qu’il a pu. C’est-à-dire pas grand-chose. Et si les Nordistes ont parfois réussi à bousculer la forteresse bavaroise, qui n’a pas eu à forcer son talent, il n’y aura pas grand monde pour contester la victoire bavaroise (1-0) sur la pelouse du Grand Stade de Lille. Mais pouvait-il réellement en être autrement entre le 11e de Ligue 1 et le leader incontesté du championnat allemand, finaliste de la dernière Ligue des champions ? 

Face à une équipe auteure d’un parfait grand huit (8 victoires en 8 matches) en Bundesliga, Rudi Garcia, privé pour cette rencontre de Mavuba, Debuchy, Gueye et Basa, avait décidé de titulariser Franck Béria dans l’axe de la défense et de placer le jeune Sidibé sur la route d’un certain Franck Ribéry, de retour sur ses terres nordistes. L’ancien pensionnaire du centre de formation du LOSC placera bien quelques banderilles et début de match, mais c’est de l’autre côté que viendra le premier coup de poignard munichois. A la lutte avec Digne dans la surface lilloise, le latéral allemand Philipp Lahm s’effondre (19e). L’arbitre désigne généreusement le point de penalty. Thomas Müller, d’un plat du pied plein d’assurance, prend Mickaël Landreau à contre-pied.

Dur pour la Ligue Europa

A la pause, Rudi Garcia regrettait cette décision du corps arbitral. « Le Bayern n’a pas besoin d’un coup de pouce de l’arbitre, c’est une grande équipe qui peut gagner sans ça, pestait Garcia au micro de Canal +. Il ne faut pas qu’on se démobilise. Il faut continuer à bien défendre, mais mieux utiliser le ballon. Si on veut exister ce soir (mardi), il faut construire nos actions, partir de derrière. » Un vœu pieu face à une équipe qui n’aura pas commis le même péché d’orgueil que face au Bate Borisov lors de son dernier déplacement européen (défaite 3-1). L’entrée de Mendes (77e) apportera quelques éclairs en fin de match, insuffisants pour tromper Neuer

Battu par Borisov (3-1) puis Valence (2-0), les Nordistes encaissent une troisième défaite de rang en Ligue des champions, et ne verront pas, sauf incroyable miracle, les huitièmes de finale. Des Lillois qui semblent par ailleurs bien mal embarqués dans la course à la Ligue Europa, puisqu’il leur faudra gagner au moins deux de leurs trois prochains matches pour se rêver un printemps continental. Dans l’autre match de ce groupe F, Valence est effet allé s’imposer sur la pelouse de Borisov (3-0). Le compteur toujours bloqué à 0, le Losc pointe à six longueurs du trio de tête. Au vu du manque de ressources affiché mardi soir, la tâche semble quasi-insurmontable. Tout comme la certitude qu’à Lille, cette année, rien ne sera vraiment simple.

Sylvain Reignault