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Lyon, une habitude à garder

Michel Bastos

Michel Bastos - -

Invaincu en Ligue des champions face au Real Madrid, souvent capable de se transcender en C1, l’Olympique Lyonnais devra conserver la même attitude pour surprendre les Merengue mardi soir (20h45). Car sans Lisandro et avec un José Mourinho déterminé à briser la malédiction dans les rangs adverses, la tâche sera compliquée à accomplir.

Depuis six ans et la gifle infligée aux Merengue à Gerland (3-0) en phase de poules de la Ligue des Champions, Lyon n’a pas plus perdu en C1 face au Real Madrid. Une série plus que confortable à l’heure de retrouver les Madrilènes, comme l’année dernière, en 8e de finale de l’épreuve. « Même si Lyon a énormément changé, même si le Real a énormément changé, cela va jouer forcément un petit peu, juge Sidney Govou, attaquant du Panathinaïkos, mais ancien membre des « Invincibles » Lyonnais. Les joueurs se sentent moins impressionnés. Ils ont presque le sentiment d’évoluer d’égal à égal. Encore faut-il après faire le nécessaire sur le terrain. » Se réfugier derrière un statut avéré de bête noire ne garantira donc pas l’ivresse d’un succès aux joueurs de Claude Puel.

« L’année dernière, il avait fallu un tir de 30 mètres de Makoun pour permettre aux Lyonnais de gagner à l’aller, rappelle Rolland Courbis. Quant à la première période du match retour, j’avais l’impression que les Espagnols jouaient à quinze contre huit. » Faire échec au Real n’avait pas été un challenge simple à réaliser. Il ne le sera pas plus ce mardi, sans Lisandro Lopez blessé aux ischios-jambiers. Mais avec Cesar Delgado, enfin tranquille après des pépins physiques à répétition. « Chaque match a une histoire différente, philosophe Cris. Cette fois, ce sera plus compliqué. » D’autant que le Real a changé.

Seul Mourinho a déjà battu Lyon

Le vestiaire des Merengue compte de nouvelles têtes (Di Maria, Özil, Khedira, Carvalho, Adebayor) cette saison. « Une organisation défensive de grande qualité », selon JMA. Mais aussi un entraîneur réputé pour gagner, José Mourinho. « Une des bonne recrues du Real, capable de sublimer son équipe », affirme Claude Puel. « The Special One » n’a perdu qu’une seule fois dans son histoire en Coupe d’Europe face à un club français. C’était le 12 décembre 2002, avec Porto, à Lens (1-0), lors de la feue Coupe de l’UEFA. Homme de défis, le technicien portugais n’ignore pas l’attente de ses dirigeants: permettre au Real de franchir ces satanés 8es de finale, véritable barrage pour les Espagnols depuis 2005 et leur élimination face à la Juventus de Turin.

« Le Real a un double obstacle à franchir, reconnaît d’ailleurs Mourinho. Se qualifier pour les quarts de finale et battre Lyon. » Rien d’insurmontable pour « Mou », qui avait déjà triomphé des Lyonnais, en quarts de finale de la C1 2003-04. Une menace de plus pour le camp lyonnais. Qui devra se méfier aussi, du retour en forme de son ancien protégé Karim Benzema, buteur ces dernières semaines mais pas encore assuré de débuter le choc. « Il gagne en confiance dans son club et avec ses coéquipiers, juge son ancien coéquipier Cris. Je pense aussi que la victoire en match amical avec l’équipe de France contre le Brésil lui a permis de gagner en confiance. » Suffisamment pour jouer un vilain tour à l’OL ?

Alix Dulac avec Edward Jay