RMC Sport

Lyon veut marquer les esprits

Le technicien lyonnais se méfie des Roumains du Steaua Bucarest. Il attend du sérieux de la part de ses joueurs

Le technicien lyonnais se méfie des Roumains du Steaua Bucarest. Il attend du sérieux de la part de ses joueurs - -

L’Olympique Lyonnais peut prendre, dès mercredi, une sérieuse option pour la qualification pour les 8e de finale de la C1. Pour cela, il lui faudra dominer une formation du Steaua Bucarest en plein doute.

Après Marseille et Bordeaux mardi soir, c’est désormais au tour de l’Olympique Lyonnais d’entrer dans le vif du sujet en Ligue des Champions. Après trois journées de C1, deux nuls et une victoire, les Gones, 2e de leur groupe, sont bien placés pour se qualifier pour le prochain tour, autrement dit, les 8e de finale de la C1. Etre bien placé est une chose, se qualifier en est une autre et si la mission ne semble pas insurmontable au camp rhodanien, elle leur serait grandement facilitée en cas de succès mercredi à Gerland.

Le Steaua prêt au combat

Oui mais voilà. Depuis le 5-3 reçu chez lui, à domicile, le Steaua Bucarest a changé. De peau, de style et surtout d’entraîneur. Marius Lacatus a été sacrifié sur l’autel des résultats catastrophiques de sa formation et remplacé par le recordman de sélections en équipe de Roumanie, Dorinel Munteanu. Depuis, les Roumains, à défaut de gagner, comme ce ne fut toujours pas le cas face au Dinamo Bucarest dernièrement en championnat (1-1), ont retrouvé un semblant d’orgueil. Les déclarations d’intention, à quelques heures d’aller défier l’Olympique Lyonnais, sont légion. « Je n'ai peut-être pas beaucoup d'expérience, mais j'ai des joueurs expérimentés, et ils sont prêts à relever le défi. Lyon est fort mais a également quelques faiblesses. J'ai bien regardé le match aller, surtout les moments où le Steaua était devant, et j'ai extrêmement bien préparé mes joueurs. » Le ton de Munteanu se veut ambitieux. Très ambitieux.

Du coup, dans les rangs lyonnais, personne ne fanfaronne. Pas vraiment le style de la maison, encore plus lorsque celle-ci compte dans ses rangs le pragmatique Claude Puel. « Il ne faut pas se focaliser sur le match aller. Même si on avait réalisé un très beau retournement de situation, cette équipe a des atouts. Elle nous avait mis en danger sur coups de pied arrêtés, dans les frappes, dans le jeu dès qu’on lui a laissé les commandes du match. Elle a fait 0-0 à la Fiorentina, elle méritait de l’emporter face au Bayern. Ce sera un gros match de notre part et de leur part également. Les Roumains vont essayer de nous contrer. »

Puel s’attend à un gros match

L’ancien guide du LOSC craint le choc psychologique lié à l’arrivée de Munteanu aux commandes du Steaua. Un choc qui pourrait avoir un impact, dès mercredi, à Gerland. « Quand il y a changement d’entraîneur, il y a remobilisation. Le groupe est de nouveau en éveil parce qu’il y a une redistribution des cartes. Il faudra être fin prêt face à un adversaire coriace et être là physiquement, techniquement et mentalement. »

Certes. Mais Lyon a-t-il véritablement de quoi s’inquiéter ? Rien n’est moins sûr. Friable ces derniers temps, la défense rhodanienne montre désormais des garanties solides. Les Lyonnais ont vu leurs cages inviolées lors de leurs trois dernières sorties, une période de grâce qui n’est pas sans rappeler le début de saison plutôt calme d’Hugo Lloris dans les buts rhodaniens (pas un but encaissé lors des 8 premières journées de L1). Mieux, certains cadres à la peine (Cris) sont en train de retrouver peu à peu leur meilleur niveau.

Juninho : « Lyon est dépendant de Karim… »

Les voyants côté OL sont donc au vert. Et le jeu des Gones, si décrié en début de saison, a pris assez de corps lors des dernières sorties des joueurs de Claude Puel pour constituer un solide argument à l’heure de recevoir des Roumains aux abois. Pour le reste, Lyon devrait compter, une fois n’est pas coutume, sur le talent de Juninho et le réalisme de son goleador attitré, Karim Benzema. Ce dernier, décisif depuis le début de saison (15 matches, 11 buts), est en quelque sorte le baromètre de sa formation.

Un statut qui n’étonne pas plus que cela le milieu de terrain brésilien Juninho. « Lyon est dépendant de Karim mais Manchester est dépendant de Cristiano Ronaldo aussi. En début de saison, MU n’était pas bien sans son international portugais… Toutes les grandes équipes ont de grands joueurs qui font souvent la différence. » Justement, mercredi, Lyon aura bien besoin de la vista et du sens du but de son jeune prodige international. L’occasion, en effet, de prendre ses aises dans le groupe F, est si belle… et la perspective de rallier le Top 16 européen en février prochain si proche qu’il serait dommage de gâcher le rocambolesque mais joli succès acquis en Roumanie quelques semaines plus tôt.

Alix Dulac