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Marseille, la peur du vide

L'entraîneur marseillais se méfie des Matelassiers. A juste titre...

L'entraîneur marseillais se méfie des Matelassiers. A juste titre... - -

Les Marseillais, en déplacement sur la pelouse de l’Atlético Madrid lors de la 2e journée de la Ligue des Champions, ont tout à craindre d’une formation madrilène particulièrement affûtée en ce début de saison. Pourquoi ? Décryptage des clés du match.

Après avoir bien failli accrocher Liverpool lors de la première journée (défaite 2-1 au Vélodrome), l’Olympique de Marseille va se déplacer au stade Vicente Calderon pour y défier l’Atlético Madrid. L’enjeu pour les Phocéens ? Prendre leurs premiers points dans le groupe D et surtout, enfin lancer leur campagne européenne 2008-2009. Le défi est de taille face à des Matelassiers, certes battus dernièrement à Séville (0-1) mais tout de même particulièrement incisifs sur le plan offensif. Si les hommes d’Eric Gerets ont montré depuis le début de saison qu’ils avaient les arguments pour gêner n’importe quelle formation, est-ce que les qualités du groupe phocéen seront suffisantes pour résister à la pression madrilène ? Esquisse de réponses et comparaison secteur par secteur des forces en présence.

Attaque : Plus de richesse et de réalisme chez l’Atlético

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les hommes de Javier Aguirre font clairement parler la poudre en Liga. Avec une moyenne de 2,25 buts par match, la formation madrilène a de quoi impressionner. Avec le rapide, percutant et prolifique Sergio Agüero, l’Atlético Madrid dispose actuellement en son sein d’un des meilleurs attaquants de la planète foot. Diego Forlan blessé, c’est l’ancien Havrais Florent Sinama Pongolle qui fait le métier et de belle manière (quatre buts en cinq matches). De quoi démontrer la profondeur du banc des Rojiblancos.

En face, l’Olympique de Marseille n’est pas en reste. Avec treize buts inscrits en sept journées, l’attaque phocéenne n’a pas de complexes à avoir avec son homologue espagnol. L’ennui, c’est qu’à l’OM, Eric Gerets ne peut pour l’instant que compter sur la performance de Mamadou Niang. Et quand ce dernier n’est pas inspiré, comme ce fut récemment le cas face au Mans, c’est toute la formation marseillaise qui marque le pas. Certes, même si Baky Koné peut toujours dépanner dans l’axe et Mamadou Samassa représenter une forme d’avenir, l’OM est dépendant du rendement de son international sénégalais. Sur ce point, avantage à l’Atlético donc.

Milieu : Plus d’équilibre chez l’OM

A l’Atlético, le baromètre… c’est Maniche. Le vainqueur de la Ligue des Champions en 2004 sous les couleurs du FC Porto est le pivot, le piston indispensable au rouage des Madrilènes. Sa capacité à venir temporiser et à orienter le jeu de son équipe donne de l’équilibre à une formation exclusivement tournée vers l’attaque. Son absence, en raison de douleurs à une épaule, peut, en ce sens, être une source d'espoir. En effet, et ce malgré la présence de joueurs de talent sur les flancs (Maxi Rodriguez et Luis Garcia), le jeu de l’Atlético, amputé ces dernières semaines de son feu follet lusitanien Simao, ne tourne vraiment rond que lorsque son international portugais veille au grain.

En face, les Olympiens sont mieux lotis. En quantité, comme en qualité. La bonne nouvelle dans les rangs marseillais se situe surtout dans le retour en forme d’Hatem Ben Arfa, particulièrement intenable face aux Manceaux. Mathieu Valbuena revient bien et apporte une solution offensive de plus à Eric Gerets, qui, malgré la méforme de certains (M’Bami, Koné), ne manque pas de solutions à l’heure de dresser son schéma tactique. De plus, l’OM dispose de véritables aboyeurs avec Benoît Cheyrou et Lorik Cana. Bref, les Olympiens semblent être mieux armés que leurs adversaires de mercredi.

Défense : De la fébrilité des deux côtés

Changer de gardien comme de défense à chaque rencontre n’a jamais été un gage de stabilité. Entre les petits arrangements existants désormais publiquement entre Coupet et Leo Franco (les deux joueurs alternent au but à chaque match sauf en Ligue des Champions où l’Argentin est titulaire) et les blessures et les suspensions des uns et des autres, Javier Aguirre a toutes les peines du monde à composer une arrière-garde digne de ce nom. En revanche, lorsque le Mexicain a toutes ses forces vives, il peut compter sur sa charnière centrale Heitinga-Ujfalusi. Une charnière d’expérience, à même de stabiliser une équipe sujette aux fautes de concentration (cinq buts encaissés en huit matches).

Sur la Canebière, le constat n’est pas moins inquiétant en défense. Si l’OM affiche plus de solidité (merci Hilton), le club dirigé par Eric Gerets peine à maintenir une concentration constante durant 90 minutes. D’ailleurs, ce sont deux fautes individuelles (un ballon trop porté par M’Bami et une défense trop naïve de Zubar) qui ont mis Liverpool sur orbite au Vélodrome. Le technicien belge de l’OM cherche encore la bonne formule. Hormis les indéboulonnables Hilton, Bonnart et Taiwo, personne n’est encore véritablement parvenu à tirer son épingle du jeu. Zubar est encore irrégulier et Erbate n’a toujours pas démontré qu’il avait le niveau requis pour jouer les ténors défensifs aux côtés d’Hilton. Quel que soit le défenseur aligné avec l’ancien Lensois, il faudra que celui-ci se montre à la hauteur.

L’OM n’a plus vraiment de temps à perdre. Mais les Phocéens, en cas de coup dur, pourront toujours s’en remettre à un miracle de Mandanda. A l’heure du bilan, la confrontation entre les deux équipes sur le papier ne se veut pas aussi déséquilibrée qu’on pourrait le penser. En revanche, sur le terrain, l’affaire est toute autre. Malgré quelques points communs, notamment concernant l’aspect défensif, l’explication de texte de mercredi aurait de fortes chances de sourire aux Rojiblancos. Mais si l’OM affiche le même jeu offensif que face au Mans, la même volonté que face à Liverpool et le même réalisme que face à Rennes en début de saison, tout est possible. Cela fait beaucoup de si, certes, mais une victoire en Ligue des Champions, notamment face à un adversaire réputé pour sa force de frappe et son beau jeu, sont à ce prix.

Alix Dulac