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Neuf ans de clashs entre le PSG et le Bayern

Contrairement à ce qu’affirme aujourd’hui le président du Bayern Munich Karl-Heinz Rummenigge, les relations entre le Bayern Munich et le Paris Saint-Germain n’ont pas toujours été "au beau fixe". Petit florilège des passes d’armes entre les deux clubs avant la finale qui va les opposer dimanche (21h), en Ligue des champions.

L’histoire récente qui lie le Paris Saint-Germain au Bayern Munich, deux clubs qui s’apprêtent à se disputer le titre en finale de la Ligue des champions, ce dimanche à Lisbonne, n’est pas que celle d’une rivalité sportive, mais aussi d’une mésentente, sur fond de jalousie peut-être. Elle a débuté très tôt après l’arrivée du Qatar à la tête du club de la capitale.

Les petites piques adressées à ces nouveaux riches que les dirigeants du Bayern Munich ont exécré pour ce qu’ils représentaient de prime abord, à savoir une puissance financière aux moyens quasi illimités, susceptible de bousculer l’ordre établi, de déranger la hiérarchie des clubs durablement installés dans le gratin européen, n’ont pas tardé à fleurir.

Sur le thème du fair-play financier, le président du Paris Saint-Germain a rapidement essuyé les attaques à répétition de ces homologues, lesquels se sont relayés pour maintenir la pression. "Michel Platini devrait surveiller ce qu’il se passe chez ses amis français du PSG ou à Manchester City", suggérait Uli Hoeness sous la forme d’une menace.

Le patron du club de la capitale avait alors rapidement et gentiment suggéré aux Allemands de s’occuper de leurs affaires. Mais la bataille des mots a vite tourné à la surenchère verbale. En 2014, soit deux ans avant Zlatan Ibrahimovic, Karl-Heinz Rummenigge avait osé affirmer que le PSG était "depuis 20 ans dans l’obscurité, jusqu'à ce qu’il ait été repris par un cheikh".

Le modèle économique du PSG attaqué

Et voici le club parisien revenu dans la lumière, sous le feu des projecteurs. Mais cela ne s'est pas fait sans heurts. Les Allemands du Bayern Munich ont toujours eu de la peine à masquer leur profonde aversion pour le modèle économique et de gestion du Paris Saint-Germain, aux antipodes du leur, présenté comme plus durable, plus rigoureux.

"Il va arriver un moment où tous les clubs qui dépensent avec fracas autant d’argent sur le marché des transferts ne pourront même plus se payer une baguette ! Car le succès sportif ne se programme pas contrairement à ce que pensent les pourvoyeurs de fonds", tançait Karl-Heinz Rummenigge après le transfert de Neymar pour 222 millions d’euros en 2017.

"Ces sommes folles investies sur le marché ne sont pas forcément des gages de réussite sportive", pointait Uli Hoeness, qui a depuis quitté la présidence du club allemand. "A ce que je sache, Neymar n'est pas devenu un meilleur joueur grâce à la somme de son transfert." Utiliser un joueur pour atteindre le club de la capitale, une méthode largement éprouvée.

Bernat humilié

Revendu cinq millions d’euros au Paris Saint-Germain à l’été 2018, alors que le Bayern Munich avait investi dix millions d’euros sur sa personne, le pauvre Juan Bernat avait subi le terrible courroux de son ancien président, absolument impitoyable.

"Quand on a joué à Séville (en huitièmes de finale aller, Bernat était sorti à la 34e), il a été seul responsable du fait que nous avons failli être éliminés. Le jour même nous avons décidé de le vendre. Il a fait de la merde et il a failli nous coûter notre saison de Ligue des champions!", lâchait le dirigeant.

Une charge mémorable à laquelle l’Espagnol avait eu l’élégance de ne pas répondre sur le même ton. Surtout que la suite lui a plutôt donné raison. Excellent en demi-finale contre Leipzig, Juan Bernat est un joueur clé du PSG depuis son arrivée.

Leonardo contrarié

Le Bayern Munich, depuis quelques années, recrute des joueurs français, notamment en provenance du PSG. Une tradition qui commence à irriter au plus haut point la direction parisienne, vexée d’avoir perdu des joueurs comme Kingsley Coman voire plus récemment le jeune Tanguy Kouassi, qui n’a en plus jamais signé de contrat pro avec son club formateur.

"Les clubs allemands, principalement le Bayern Munich, Leipzig et le Borussia Dortmund, s'attaquent aux jeunes et menacent la formation française. C'est un grand problème", a fustigé Leonardo, le directeur sportif, cet été: "Ils appellent les parents, les amis, la famille, le joueur lui-même (...). À 15 ou 16 ans, ils font tourner la tête des jeunes."

L'attaque est frontale, mais elle ne suscitera pas de commentaires cinglants. Privé de son acolyte, Rummenigge s'est assagi: "Le Bayern Munich n'a encore jamais recruté un joueur dans le but d'affaiblir l'un de ses concurrents. Nos relations avec le PSG sont très bonnes. J'apprécie beaucoup mon homologue Nasser Al-Khelaïfi", avait-il dit. Une autre époque.

QM