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Pepe, le pitbull de Mourinho

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Repositionné au milieu du dispositif madrilène par son mentor José Mourinho, le rugueux Portugais a pour objectif de couper les ailes de Messi dans la folle série de Clasico. Une mission qu’il honorera une fois de plus mercredi en demi-finale aller de Ligue des champions contre le Barça (20h45).

José Mourinho a trouvé son chien de garde. Depuis que Képler Laveran Lima Ferreira, dit Pepe, est monté d’un cran au poste de milieu défensif, le Real Madrid a musclé son entrejeu et surtout annihilé les attaques de ses adversaires. Depuis quatre matches et alors que le club merengue enchaîne une série vertigineuse de Clasico contre le Barça en Liga, Coupe du Roi et dès mercredi en Ligue des champions, Pepe montre toute l’étendue de son « savoir faire ». Sans surprise.

Le Brésilien, naturalisé portugais en 2007, a fait sortir de ses gonds Lionel Messi lors du premier face à face en Championnat (1-1). Toujours à la limite sur le terrain, Pepe s’est déchaîné : entre coups bas et crachats. En finale de Coupe du Roi, remportée par le club madrilène (1-0) dix-huit ans après son dernier succès dans l’épreuve, l’ancien joueur de Porto y est même allé de son bras d’honneur en direction du public blaugrana après le but de Cristiano Ronaldo à la 103e…

Les excuses du Portugais n’effacent pas un palmarès riche en mauvais gestes depuis son arrivée au Real en juillet 2007. Son tabassage en règle de Javier Casquero, le 21 avril 2009 contre Getafe à domicile (3-2), est resté dans les annales du football espagnol. Pepe, que les joueurs présents à Bernabeu ont eu toutes les peines du monde à maîtriser ce jour-là, avait récolté dix matches de suspension. Un poète !

L’arrivée de Mourinho le relance

Engagé voire violent, le défenseur merengue n’a pas non plus été épargné par les blessures. Miné par les pépins physiques, il gâche sa deuxième saison au Real. En 2009-2010, il loupe la seconde moitié de la saison en raison d’une rupture du ligament croisé antérieur droit. Après avoir craint de rater la Coupe du monde en Afrique du Sud, il disputera tout de même deux matches contre le Brésil (0-0) et l’Espagne (0-1). Mais sa trajectoire en club est déclinante.

L’arrivée cette saison aux affaires de José Mourinho et de son équipier en sélection Ricardo Carvalho le relance. Associés en défense, les deux hommes forment l’une des charnières centrales les plus redoutées de Liga. Mais c’est le coup de génie tactique de son mentor José Mourinho qui en fait l’attraction de ce troisième Clasico. Le Special One qui jure que son équipe n’a pas les moyens de jouer comme le Barça, a besoin de ce chien de garde devant sa défense. Et tant pis si le pitbull crache, insulte et provoque. C’est dans le contrat. A 28 ans, le natif de Maceio, une ville de l’état d’Alagoas au Brésil, a d’ailleurs prolongé jusqu’en 2015. Fidèle à la Maison blanche et à son chef de meute !

Louis Chenaille