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PSG-Atalanta: que vaut Sportiello, le gardien numéro 2 titulaire face à Paris

L’Atalanta affrontera mercredi soir le PSG en quart de finale de Ligue des champions (21h, sur RMC Sport) sans Pierluigi Gollini, son habituel gardien numéro 1. C’est donc Marco Sportiello, sa doublure, qui prendra place dans les buts italiens. Un portier qui n’a jamais vraiment convaincu à Bergame, mais qui a quelques arguments à faire valoir. Et une énorme soif de revanche, aussi.

Si le PSG, avec les blessures de Kylian Mbappé et Marco Verratti, a vu son infirmerie se remplir au pire moment, l’Atalanta Bergame, son adversaire en quart de finale de la Ligue des champions (mercredi, 21h sur RMC Sport), n’a pas été épargnée non plus. Outre le cas brûlant du buteur slovène Josip Ilicic, dont l’état psychologique ne lui permettra pas de finir la saison, la Dea a aussi perdu son habituel gardien numéro 1, Pierluigi Gollini.

Touché à un genou le 1er août contre l’Inter, lors de l’ultime journée de Serie A, ce dernier a longtemps pensé pouvoir être présent contre le PSG. Jusqu’à samedi, et la publication d’un message officialisant son forfait: "Les gars, malheureusement c’est drapeau blanc pour moi, a-t-il confirmé sur Instagram. Mon ligament croisé (du genou gauche, ndlr) est touché. J’ai essayé de forcer ces derniers jours mais je sentais que quelque chose n’allait pas, et l’IRM d’hier (vendredi) l’a confirmé… Ce n’était pas possible de déceler cette lésion avant à cause du liquide dans mon genou. Je vais être écarté des terrains pour un peu moins de deux mois, mais pour le moment je dois dire stop. (…) Il y aura un tifoso de plus avec vous." Un tifoso de plus, et un autre gardien dans les buts bergamasques: Marco Sportiello.

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Un gardien inexpérimenté sur la scène européenne, bon dans les duels, mais parfois léger dans la relance

Sportiello, c’est un gardien de 28 ans, 1,92m, qui affiche 164 matchs de Serie A au compteur, tout de même. C’est aussi un joueur au profil différent de Gollini. "Si Gollini est numéro 1 et que sa doublure ne joue quasiment jamais, c’est qu’il y a une raison, observe Johann Crochet, spécialiste foot italien de RMC Sport. Intrinsèquement, je trouve qu’ils ont à peu près le même niveau, après Gollini est intéressant dans les phases de construction, il va plus coller au jeu de l’Atalanta qui relance très vite, va très vite sur les ailes. Là-dessus il est intéressant, même s’il a fait une ou deux erreurs contre Valence lors du huitième de finale aller (victoire 4-1). C’est un gardien qui rentre davantage dans le projet de jeu de Gasperini."

Plus que Sportiello, sans doute moins à l’aise balle au pied. Ce qui n’enlève rien à ses qualités. "C’est un très bon deuxième gardien, il a joué sept matchs cette saison, dont le huitième retour contre Valence (victoire 4-3)", rappelle Johann Crochet. Un souvenir mémorable pour l’intéressé. Parce qu’il a été testé positif au coronavirus à son retour d’Espagne, mais surtout parce qu’il a disputé ce 10 mars le tout premier match européen de sa carrière. Ce qui traduit, malgré tout, une certaine inexpérience du très, très haut niveau.

"Il a certes pris trois buts ce soir-là, mais il a fait des arrêts, se souvient Johann Crochet. Il a aussi fait des arrêts très intéressants contre Sassuolo (victoire 4-1, le 28 septembre) ou Brescia (victoire 6-2, le 14 juillet) en championnat. Il est très bon sur les face-à-face, un peu moins sur les frappes lointaines, si jamais Neymar veut en profiter… C’est un bon gardien de Serie A, voilà. Si c’était un grand gardien, il ne serait pas numéro 2 à l’Atalanta." Sportiello présente pourtant cette saison un pourcentage de tirs arrêtés supérieur à celui de Gollini en championnat (74% contre 68%). Mais cela ne lui a pas permis de renverser la hiérarchie, ni de faire l’unanimité à Bergame. Un vieux problème pour lui…

Avec la Dea, une histoire d'amour et de peines

Né à Desio, en Lombardie, Marco Sportiello est un pur produit de l’Atalanta, club qu’il a rejoint en 1999, dès l’âge de 7 ans. "Le fils de la Dea", le surnommait La Gazzetta dello Sport dans un portrait publié en mars, au moment de son baptême du feu européen. Sauf que l’enfant en question n’a pas toujours été chouchouté… Après avoir gardé les buts de toutes les équipes de jeunes de Bergame, Sportiello a été contraint à l’exil, en 2010, au moment de passer professionnel. Direction Seregno, Poggibonsi, puis Carpi, dans l’anonymat des divisions inférieures.

Durant ces trois saisons, le gardien engrange de l’expérience, de la maturité, mais semble aussi se faire une raison quant à son avenir au plus haut niveau. Jusqu’à l’été 2013: à la recherche d’une doublure à Andrea Consigli, l’Atalanta rapatrie son ancien poulain. En janvier 2014, Sportiello dispute son premier match de Serie A avec Bergame. L’été suivant, il est propulsé numéro 1 avec le départ de Consigli vers Sassuolo. La période de grâce dure deux ans, et 73 matchs de championnat. Mais à l’été 2016, arrive sur le banc un certain… Gian Piero Gasperini.

Le technicien, qui débarque à Zingonia avec un projet de jeu bien défini et des idées arrêtées, lui préfère Etrit Berisha, et ne cache pas son envie de faire venir un nouveau portier. Sportiello se sent humilié: en janvier 2017, il claque la porte de l’Atalanta, se fait prêter 18 mois à la Fiorentina, où il est titulaire durant la saison 2017-2018. En septembre 2017, il ne cache pas sa joie, d’ailleurs, lorsqu’il sort un penalty de Papu Gomez face à la Dea (1-1). Au printemps suivant, c’est sa rancœur qu’il ne masque plus: "Je me suis senti mieux en un an et demi à Florence qu’en quatre années à Bergame", lâche-t-il dans une interview à La Nazione.

La Fio, pas forcément convaincue, ne conserve toutefois pas Sportiello, qui repart dans la foulée une année en prêt à Frosinone (2018-2019). Le premier match de la saison lui offre d’ailleurs un déplacement sur le terrain… de l’Atalanta. Sportiello en repart avec une valise (4-0), et les sifflets du public local. Ce devait être la fin de l’histoire. Mais le destin, et la Dea, en ont décidé autrement.

A l’été 2019, alors qu’il s’apprête à chercher une nouvelle destination, Sportiello voit le club lombard lui proposer de rester, comme doublure de Gollini. "Honnêtement, je ne pensais pas que le club voudrait me garder, notamment pour ce que j’ai pu dire par le passé, confie-t-il alors à Bergamo TV. Mais j’ai choisi de rester." Il a fallu au gardien quelques excuses, quelques petites attentions, mais Sportiello a réussi à obtenir le pardon des tifosi. S’il veut maintenant obtenir leur amour, le fils de la Dea sait ce qu’il lui reste à faire contre le PSG.

Clément Chaillou