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PSG-Bayern: Keylor Navas, un "Tico" roi au Costa Rica

Au Costa Rica, le gardien du PSG Keylor Navas est une idole. Considéré par beaucoup comme le plus grand sportif du pays, il fait rêver les "Ticos" depuis plus de dix ans, à distance, grâce à ses performances au Real Madrid et à Paris aujourd’hui.

Il a beau évoluer à presque 9.000 km de la capitale costaricienne San José, Keylor Navas reste une attraction quasi quotidienne dans ce petit pays d’Amérique centrale. Chaque parade, chaque exploit rend un peu plus fier les cinq millions d’habitants. "C’est un étendard, la référence de notre pays. C’est un peu le visage du Costa Rica" raconte avec fierté Roger Mora, son premier entraîneur des gardiens au Deportivo Saprissa. Ce club, l’un des plus importants du pays, avait repéré le jeune Keylor à 14 ans, alors qu’il était à l’école de football de Pedregoso, dans le district où il a grandi, San Isidro de El General. "C’était un jeune avec beaucoup de rêves et d’espoir. Il devait encore s’améliorer techniquement mais il était déjà très agile. Et il était impressionnant mentalement : dans chaque équipe, il voulait être le numéro un", se souvient celui qui est toujours en poste au Deportivo Saprissa.

L'équipe du Deportivo Saprissa avec Keylor Navas
L'équipe du Deportivo Saprissa avec Keylor Navas © DR

La naissance de la "Keylormania"

Au Deportivo Saprissa, Navas impressionne, s’impose en équipe première à 18 ans et remporte sept titres. "Il avait une grosse force mentale, qu’il montrait toujours à l’entraînement. Dès qu’il a joué avec l’équipe première, on a vu toute sa valeur..." se rappelle Victor Cordero, ancien défenseur du Deportivo Saprissa et ex-coéquipier de Navas, aujourd’hui directeur sportif du club.

Ses prestations abouties attisent alors les convoitises européennes. Et lors de son envol vers Albacete en Espagne, en 2010, Navas laisse un héritage. "Quand Keylor est parti jouer en Espagne et qu’il a commencé à faire de beaux arrêts, de grandes actions, il y a eu ici la ‘Keylormania’. Beaucoup de jeunes sont allés s’inscrire dans des clubs pour être gardien, faire comme Keylor, explique Roger Mora. Aujourd’hui, il y a différentes académies pour les gardiens dans le pays où la référence, c’est Keylor Navas."

Keylor Navas au début de sa carrière au Costa Rica
Keylor Navas au début de sa carrière au Costa Rica © DR

"Un ambassadeur à l’échelle internationale"

Lors de ses matchs en Europe, les performances du gardien sont alors scrutées par les "Ticos", et sa cote va continuer de grimper lors du Mondial 2014 au Brésil, où il emmène les siens jusqu’en quarts de finale (défaite aux tirs au but contre les Pays-Bas). Une performance qui lui vaudra de signer au Real Madrid, en août de la même année. "Sa carrière était déjà très respectée mais quand il a signé au Real Madrid, il y a eu une couverture médiatique énorme, se souvient Victor Cordero. Et à partir de là, on voyait énormément de jeunes avec le maillot du Real sur le dos. Aujourd’hui, on voit aussi beaucoup de maillots du Paris Saint-Germain, bien sûr !"

Ses trois Ligue des champions gagnées avec les Madrilènes le font entrer dans une autre dimension. "Aujourd’hui, c’est un ambassadeur du sport et la culture costaricienne à l’échelle internationale. Ici, les matchs de Ligue des champions sont à 14h avec le décalage horaire. Mais les gens s’adaptent pour voir Keylor jouer car nous savons qu’il est probable qu’il fasse un grand match", explique Victor Cordero.

Comportement exemplaire et spiritualité

En plus d’être un exemple sur le plan sportif, Navas inspire aussi par sa façon d’être. "Keylor s’est toujours bien comporté. Il a toujours été exemplaire pour bien récupérer, bien manger, ne pas sortir faire la fête, raconte Kevin Barrantes, journaliste sportif costaricien. Et cela va avec sa spiritualité, il est très croyant. C’est un homme simple, il ne fume, ne boit pas..."

Ce fervent chrétien a même fait l’objet d’un biopic, "Hombre de Fe" (Homme de foi), qu’il a présenté au festival de Cannes en 2018. Le "Tico" a dépassé le cadre sportif dans son pays. "Vous pouvez demander à un enfant de 5 ans ou à un grand-père de 80 ans au Costa Rica, tout le monde le connaît. Il est une image de marque forte. Et il n’est pas rare, dans la rue, de voir des publicités avec Keylor Navas."

Les Costariciens espèrent aussi le voir à la Une des journaux au lendemain du match de Paris face au Bayern Munich. Cela voudrait dire que leur idole est encore en lice pour remporter une quatrième Ligue des champions.

Valentin Jamin