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PSG-Dortmund: les vérités du patron du Borussia avant le match retour

EXCLU RMC SPORT. Hans-Joachim Watzke, directeur général du Borussia Dortmund, laisse la pression au PSG avant le 8e de finale retour de la Ligue des champions mercredi soir au Parc des Princes (21h, sur RMC Sport 1). Il évoque également Thomas Tuchel, les pépites Jadon Sancho et Erling Haaland ainsi que les différences entre les deux clubs.

Hans-Joachim Watzke, qui a le plus besoin d’aller en quarts de finale de la Ligue des champions entre le PSG et le Borussia Dortmund ?

Je pense que c’est le PSG. C’est clair, le PSG a des moyens financiers beaucoup plus importants que le Borussia Dortmund. J’aurais plutôt dû dire que l’Etat du Qatar a bien plus de possibilités que Dortmund. Et je sais que leur plus grand rêve est de gagner la Ligue des champions. Pour nous, ce serait super d’aller en quarts de finale mais nous n’avons pas la même pression que Paris.

Le Borussia a-t-il un avantage psychologique avant le match retour ?

Un peu, je pense car nous avons gagné le match aller. Je pense que la pression ne sera pas sur nos épaules, mais davantage sur celles du PSG. Ils ont un potentiel offensif incroyable, avec cinq joueurs de classe mondiale. C’est pour cette raison que cela reste du 50-50.

Le Borussia a-t-il surpris les joueurs du PSG à l’aller ?

Je ne pense pas. Enfin, peut-être un peu, car deux joueurs sont arrivés en janvier. Erling Haaland et Emre Can ont modifié notre équipe. Mais le PSG savait tout ça et leur entraîneur Thomas Tuchel le savait très bien aussi.

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Comment se sont passées les retrouvailles avec Thomas Tuchel ?

Elles n’ont pas eu lieu. Pas parce que nous le souhaitions pas, mais juste parce que ce n’était pas le bon moment. Mon opinion, c’est que Thomas Tuchel est un entraîneur fantastique. Si nous nous croisons à Paris, ce qui peut arriver, nous nous serrerons la main. Sans aucun problème.

Quelle est la raison de la séparation entre le Borussia et Thomas Tuchel en 2017 ?

(Il souffle) Il n’y a pas qu’une seule raison. Mais chacun d’entre nous a ressenti ce sentiment que l’histoire était terminée. Nous avons vécu des moments difficiles ensemble, comme cet attentat à la bombe contre notre bus. Peut-être que c’était devenu très difficile, trop difficile pour notre relation. Il aura au moins gagné le premier titre de sa carrière avec le Borussia Dortmund. Tout est ok entre nous.

Quelle est la différence entre l’esprit du Borussia et celui du PSG ?

Tous les supporters de Dortmund ne désirent qu’une chose : être partie prenante de ce club, pas des clients. Et ils ont le sentiment qu’à Paris, les supporters sont plus des clients que des acteurs. Il y a un seul propriétaire avec beaucoup d’argent. Il dirige le club en prenant toutes les décisions. Le Borussia Dortmund a choisi une autre voie, une philosophie démocratique. Les membres du club sont des acteurs, des amis et non des clients.

Le PSG n’est pas démocratique ?

Mais c’est normal ! Si vous n’avez qu’un seul actionnaire et qu’il prend toutes les décisions, ce n’est pas démocratique. La voie qu’a choisie le PSG est semblable à celle de certains clubs en Angleterre, en Italie. C’est tout à fait acceptable. C’est un chemin qui mène à Rome. Nous en avons choisi un autre.

Comment jugez-vous Jadon Sancho ?

Jadon est un très, très grand talent, peut-être le plus grand actuellement en Europe parmi les joueurs de moins de 21 ans. A mon avis, il a le potentiel pour devenir l’un des deux ou trois meilleurs joueurs du monde dans les années à venir. Nous ferons de notre mieux pour le conserver aussi longtemps que possible. Nous avons une très bonne relation avec lui. Mais si un jour, il vient nous voir en nous disant qu’il souhaite quitter le club, alors nous discuterons. Mais ce n’est pas notre première option. La première est de le garder le plus longtemps possible.

Avez-vous vraiment recruté Erling Haaland pour seulement 20 millions d’euros ?

C’est le cas, oui. Et d’ailleurs, c’est officiel. Il est important de ne pas créer une mauvaise atmosphère autour de lui, de ne pas lui mettre trop de pression. C’est un jeune garçon de seulement 19 ans. Il est fantastique, il a beaucoup de talent, une super mentalité. Mais il a encore beaucoup à apprendre. C’est pour ça que nous devons être vigilants avec lui.

Lucien Favre a été critiqué par les supporters durant la saison…

Je ne pense pas qu’il y ait tant de critiques. Ces dernières semaines, les supporters étaient très satisfaits du jeu proposé par l’équipe. Je pense que les critiques proviennent surtout des médias. Ce n’est pas un entraîneur qui sourit comme Jürgen Klopp, que tout le monde aime grâce à cela. Mais il fait du bon travail. Nous pouvons encore remporter le titre en Bundesliga, nous sommes toujours en course en Ligue des champions. C’est pourquoi il n’y a pas matière à critiquer son travail. (Avez-vous pensé à le licencier durant la saison ?) Non, à aucun moment. Pas une seule minute.

Quel est votre rêve avec le Borussia ?

Pouvoir ramener un trophée sur la place principale de Dortmund, comme nous l’avons déjà fait. C’est incroyable d’attirer 300 ou 400.000 personnes à Dortmund pour célébrer un trophée, pour fêter pourquoi pas un titre en Bundesliga. C’est mon ambition.

LP avec Saber Desfarges