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Riolo : « L’Atlético surclasse le « Boring Chelsea » »…

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Retour sur la qualification de l’Atlético Madrid en finale de la Ligue des Champions face à Chelsea (3-1)…

Mourinho est en pleine obsession défensive. A domicile et après avoir ramené un 0/0 du match aller, il propose une compo avec seulement 3 joueurs offensifs. C’est à contre-courant de tout ce qui se fait depuis des années. Même avec l’Inter en 2010, jamais il n’a proposé de tactique aussi fermée. Mourinho la serrure veut visiblement gagner la compétition de cette façon.

Toutes les tactiques sont respectables. Je dis toujours et j’insiste, le foot ne doit jamais être uniforme. Mais on doit avoir le droit de ne pas aimer. Et personnellement, je déteste ça. C’est très rare que je regarde un match de cette façon, mais clairement je souhaite la défaite de ce « Boring Chelsea ». La dernière fois que j’avais souhaité la défaite d’une équipe, c’était en 2012. Chelsea, déjà…

Le match s’annonçait avant tout une lutte physique, mentale. Des espaces réduits, du marquage serré, bref une bonne baston.

Dans ces conditions, difficile de voir du jeu. On balance, on tente de percer individuellement. L’Atlético essaye, mais le mur Bleu est dense. Le non-match voulu par Chelsea est là…

Plus ça et mieux ça va pour Chelsea. Les joueurs de l’Atlético montrent des signes d’agacement. Diego Costa voit peu de ballons et s’en plaint… Le plan fonctionne. Les Bleus dégagent beaucoup de tranquillité. Ça marche tellement bien qu’ils vont même marquer. Ils n’ont rien fait, rien proposé mais avec un ballon, ça passe. C’est écoeurant, gerbant, mais ça gagne et il paraît que c’est ça qui importe. Il paraît que jouer comme ça, c’est du génie tactique. Mourinho se moque des critiques et des « philosophes » du foot. A ses yeux, celui qui gagne a raison. Quand il perd, c’est la faute aux arbitres ou à l’équipe d’en face qui ne sait pas jouer… Lui ne perd jamais.

Mené 0/1, comment l’Atlético peut maintenant s’en sortir ? Comment ne pas être atteint mentalement et ne pas se dire que ça va être encore plus dur ? Ne pas laisser le temps filer, pour ne pas gamberger voilà qui serait bien. Suite à une belle séquence de jeu, l’Atlético égalise, juste avant la pause.

Mourinho est alors éliminé. C’est à lui de bouger. Il a 45 minutes pour aller chercher une qualification. Rien de ce que Chelsea de béton a montré cette année ne peut encourager à l’optimisme. Surtout face à une équipe qui défend aussi bien, qui profite aussi bien de l’espace… la seconde période s’annonce donc palpitante…

Mais Mourinho attend. Eto’o, Schürrle, Ba se tiennent prêt. En attendant, l’Atético manque d’un rien le 2e but. L’équipe espagnole ne semble pas disposer à reculer, à conserver son avance.

Cole sort pour Eto’o. Mou n’attend pas beaucoup pour modifier son équipe. Juste avant le changement, Terry a failli marquer de la tête. A 2/1, Mourinho aurait peut-être mis un 2e gardien !

Peu après son entrée, Eto’o provoque un penalty. Costa n’arrive pas à placer son ballon, s’énerve. Ça devient une sorte de psychodrame ce peno ! Mais Costa est solide. 2/1 ! Chelsea doit en mettre 2 en 30 minutes ! Allez José montre nous ton football offensif ! En 1 match et ¾, tu as eu 3 occasions. Peux-tu faire plus ?

C’est sur les phases arrêtées que Chelsea parvient à être dangereux. C’est la seule solution pour les Blues, le jeu direct. Mourinho sort Torrès et lance Demba Ba.

Chelsea s’installe très haut et fait passer un sale moment à l’Atlético. Mais ça ne dure pas, cette équipe de Chelsea ne sait rien faire du ballon. Encore après une belle phase, une belle séquence de possession, de passes réussies, l’Atlético met le 3e ! 3/1 c’est bouclé. Comment ne pas penser au match craintif du PSG en quart ?

Ça se termine en débandade pour l’équipe du soi-disant génie tactique. Le jeu est récompensé et c’est heureux. Il n’y a pas de cadors dans cette équipe de Madrid. Moins qu’au PSG, mais c’est une belle équipe dirigée par un super coach. Un entraîneur qui sert à quelque chose. Mourinho aussi sert à quelque chose. Ça reste assurément un grand coach. Mais à force de se caricaturer, de vouloir être seul contre tous, de vouloir avoir raison même quand il se trompe, il se fourvoie. Rien à changer depuis son passage au Real. Mourinho est sur la pente descendante. Le foot avec la tête, le mental, ok c’est très bien, mais il faut aussi savoir quoi faire du ballon. Eto’o, Torrès, Schürrle, Hazard, Ba, Willian, il dispose de plusieurs joueurs offensifs. Il est à la tête d’un grand club riche, mais son approche du jeu n’est pas à la hauteur.

Ces dernières semaines en France, où visiblement on tarde à comprendre les choses, on s’est remis à genou devant la chapelle du guide portugais. Le résultat, il n’y a que ça mon coco ! Le football négatif du Mou est admiré. On parle même de génie. On se gargarise du mot. Dans le même temps, on a traité Ancelotti comme si c’était un coach de DH.

Fin mai à Lisbonne, Mourinho et les observateurs de « chez nous » seront devant la télé. Ils verront deux très belles équipes face-à-face, des très beaux joueurs et deux très grands coachs. J’ai pas mal usé du « Dis moi qui tu as battu, je te dirai qui tu es » ces derniers temps… J’ai une variante : « Dis moi qui tu aimes, je te dirai qui tu es… »

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La rédaction