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Riolo: "La France en Coupe d'Europe... Médiocre, comme d'habitude"

Retour sur la terrible semaine des clubs français en Coupe d’Europe…

Le frémissement ! C’était quoi déjà ? L’amélioration des résultats en Coupe d’Europe de nos clubs. A cela s’ajoutaient, des nouveaux coachs, des nouveaux visages, des discours plus ambitieux, une LFP plus ouverte et de l’oseille fraîche grâce à des droits TV en augmentation. Conclusion, notre football se portait mieux.

On ne va pas jeter tout ça à la poubelle à cause d’un bon vieux "jeudi noir" non ?

"Tout ça", c’est quoi au juste ? Les résultats pardi ! On met de côté le PSG. On connaît tous les parcours par cœur. Ils n’ont rien de fou, bien au contraire. 

En dehors du PSG, depuis 2014, la France a, quasiment chaque année (4 sur 5), placé un club en quarts de Coupe d’Europe. L’OL en 2014 et 2017, Monaco en 2015 et 2017, l’OM en 2018. Mieux, sur ces deux dernières saisons, la France a envoyé l’ASM, l’OL et l’OM en demi-finales. Marseille allant même jusqu’en finale en mai dernier. 

Allez, on rajoute le PSG à la bande pour gonfler les statistiques et ça fait un bilan de cinq quarts, deux demies et une finale sur les cinq dernières saisons. 

Que faut-il penser de ça ? Si le frémissement est selon la définition officielle un tremblement léger, causé par une émotion, alors on peut garder. Ce n’est pas parce qu’on a pris une grosse claque cette semaine qu’on efface les émotions des années récentes, n’est ce pas ? 

Ce n’est peut-être pas aussi simple et il faut, je crois, être sacrément optimiste pour ne pas voir que l’eau du verre à moitié plein n’est pas très claire.

Je pense, en effet, qu’au fond, rien n’a changé. Les clubs français proposent toujours par ci par là des belles aventures. L’OM a joué une finale de Coupe d’Europe l’an passé, comme en 1999 ou 2004, sans réel espoir de soulever le trophée. L’exploit était déjà d’être en finale.

Une aventure sans lendemain. L’horrible parcours de cette année le démontre. L’analyse lucide des matchs de la saison dernière aurait dû alerter. Mais on ne relativise pas quand l’émotion déborde.

L’OL est allé en demi-finales il y a deux ans, pour échouer finalement contre une équipe a priori plus faible. Et Monaco a fait son gros coup. Comme en 2004 mais en moins bien.

La vérité, c’est que le bilan est largement mauvais. La tradition française en Coupe d’Europe perdure. Le naturel finit toujours par nous rattraper. Sur les dix dernières années, l’analyse conduit même à tirer un horrible constat. La France existe au niveau européen en-dessous de la Russie, de l’Ukraine. Rien de plus. Et l’indice UEFA alors ? Sans le PSG et ses victoires en Ligue des champions (toujours contre des faibles), pas sûr qu’on soit devant ces deux pays. L’indice UEFA n’indique pas les confrontations entre les pays. A ce petit jeu, si on prend ensemble Russie et Ukraine, notre bilan devant les équipes de ces pays est largement déficitaire.

A dire vrai, la France affiche un bilan positif devant le Danemark, l’Autriche, la Grèce, la Turquie, les Pays-Bas mais hors Ajax et PSV. 

La lecture des résultats sur dix ans donne le tournis. Voir qu’on est négatif contre Chypre file la nausée. 

Après ça, on a envie de prendre l’indice UEFA et de le foutre à la poubelle ! 

J’encourage tout le monde à se plonger dans ces dix dernières années, c’est sordide ! 

Pour revenir à cette semaine noire, au delà des résultats, le plus dur est de constater que dans le jeu, l’intention, l’engagement, on est battu à chaque fois ! 

A quelques heures d’intervalles, Christophe Galtier et Patrick Vieira ont lâché (enfin !) que le niveau de la L1 n’aidait pas le PSG en Ligue des champions. Et si Paris n’est pas aidé, c’est forcément pareil pour les autres.

La victoire des Bleus cet été a peut-être monté la tête de beaucoup. Après 98, on n’a rien noté de mieux en Coupe d’Europe. Comme d’habitude, quelques aventures sans lendemain. Bientôt, nos clubs auront plus d’argent dans les caisses grâce à Mediapro et son chèque record. Quel usage en feront nos clubs ? Va-t-on enfin un jour exister sur la carte du foot européen ? Rien n’est moins sûr. En attendant, grâce à Neymar qui tenait le flingue, le milliard décroché par la L1 ressemble, pour l’instant, à un superbe braquage…

Daniel Riolo