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Riolo : « Le Real 10 fois champion !! »

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Retour sur la finale de la Ligue des champions…

Mine de rien, on était presque en manque. Une semaine sans match, on n’est plus habitué. Alors avant le marathon, le gavage du Mondial, c’était la fête et la fin de la saison des clubs. Quoi qu’il arrive, l’Atletico est et restera l’équipe de l’année. Une révélation, un élan de sympathie qu’on a tous ressenti. Et une semaine après le titre de champion, l’outsider de Madrid venait à Lisbonne pour marquer définitivement l’histoire.

Avec Diego Costa, sans Turan, l’Atletico pouvait aussi priver le Real de son fameux rêve de « decima ». Un Real privé d’un joueur essentiel dans l’organisation de son jeu, Xabi Alonso. Pour le remplacer, Ancelotti aligne Khedira de retour d’une longue absence. Un vrai risque dans un secteur clé.

Des premières minutes, il y a peu de choses à retenir. Les deux équipes ne relâchent pas la tension. Le Real essaye de faire le jeu, mais il en faut bien plus pour bouger l’Atletico. Costa sort dès la 8e. Simeone y-t-il vraiment cru ? Pourquoi se priver d’un changement si vite ? Peut-être parce qu’il sait que son équipe de guerriers est capable de résister, de se battre en toutes circonstances.

Le Real essaye donc, mais ne touche pas facilement Ronaldo et Bale. Khedira n’est pas Xabi Alonso et qu’il soit approximatif dans ses passes est logique. On voit Bale pour la première fois à la 32e. Une belle percée mais une finition défaillante.

C’est au moment où le Real semble se détendre, gagner en confiance que l’Atletico marque. Suite à un corner concédé inutilement, un ballon mal renvoyé, Casillas qui rate sa sortie et Godin qui en profite. Mené 1/0 en ayant fait aussi peu, c’est le scenario absolument idéal pour une équipe qui ne veut pas faire le jeu et qui défend comme personne cette année.

Son pressing permanent et quasi tout terrain peut dégoûter toutes les équipes du monde. L’Atletico de cette année, c’est Nadal ! Il te fait mal au crâne. Il semble te dire sans cesse : « Pour me battre, tu devras être énorme… »

Mené 1/0, le Real rentre au vestiaire avec un gros mal de tronche… Comment retourner une situation contre une équipe qui ne perd jamais quand elle mène ?

Qui peut imaginer le Real s’en sortir ? C’est pas que je ne veux pas y croire, c’est que j’aimerais savoir comment ? Tout lâcher ? Si oui, à quel moment ? Des changements ? Oui mais qui ? Le Real sans être extra est meilleur que l’Atletico mais perd. Il y a vraiment de quoi avoir mal au crâne…

Et comme rien ne bouge, Ancelotti change de plan à 30 minutes du terme. Marcelo pour Coentrao, Isco pour Khedira, la prise de risque est évidente. Mais comment faire autrement ?

L’Atletico endort le match, le rend sale quand il faut. C’est pas beau, mais on pardonne tout à cette équipe. Même son béton.

Les changements d’Ancelotti cassent le sacro-saint équilibre d’équipe. Le match est d’un coup plus ouvert. Les espaces plus grands.

Le Real pousse de plus en plus, obligeant son adversaire à reculer. Mais on a l’impression que même dans ses 6 mètres, l’Atletico pourrait défendre sans paniquer.

Le Real bute sur un autobus en béton. C’est là qu’on se dit que l’une des 3 stars offensives doit faire une différence.

Godin, Gabi, Juanfran, tous défendent, se battent comme des fous. Ce qui frappe le plus, c’est la tranquillité, le calme. Canizares, l’ancien gardien de Valence, parlant de ses finales de LDC disait que le plus dur, c’est la maîtrise de l’évènement, vaincre la peur. L’Atletico respire une sérénité étonnante.

Qu’est-ce que le Real a mal fait dans ce match ? Etre nerveux en début de match ? Est-ce suffisant pour perdre une finale ?

Simeone est parvenu à faire un truc de fou avec cette équipe. Une saison monstrueuse, un collectif dont on se souviendra. On a eu la confirmation que ce coach sera l’un des grands de ces prochaines années. Une sorte de nouveau Mourinho, pour qui la motivation, le travail psychologique, sont les atouts premiers.

L’heure est à la conclusion quand arrive l’énième corner pour le Real. 93e minute. Sergio Ramos le « merengue » au caractère de « colchonero » place une énorme tête pour égaliser ! 1/1, le Real méritait au moins ça !

Psychologiquement, l’infaillible Atletico peut-il aussi surmonter ça ?

Le Real débute la prolongation en restant dans le camp adverse. Les hommes d’Ancelotti se sentent visiblement plus forts. L’Atletico va défendre et miser sur les penos. Tenir jusque-là pourrait leur redonner foi en une sorte de destin, de saison parfaite que rien ne peut troubler. Le Real veut clairement faire la différence avant. Le problème, c’est toujours la doublette Bale/Ronaldo qui n’apporte pas assez. Ramos est énorme, Marcelo a fait une entrée excellente, Modric est là, Carvajal très bon, Varane remarquable, Di Maria tranchant, mais il manque la différence des stars…

Sur une percée heureuse de Di Maria, Bale termine l’action ! 2/1. On aime beaucoup l’Atletico, on a adoré leur saison, mais l’avantage du Real est franchement mérité. Le jeu doit être récompensé. C’est en allant provoquer en dribble que le Real aura souvent fait la différence. C’est ce que fait Marcelo quand il va marquer le 3e but…

Le Real a donc enfin remporté sa dixième C1. Diego Simeone et son équipe auront enchanté la saison. Mais ce Real mérite amplement son succès.

Carlo Ancelotti a remporté 2 titres sur le terrain. 3 en tant que coach. En France, les « experts » l’ont pourtant traité comme un moins que rien…

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La rédaction