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Se méfier des apparences

Mathieu Valbuena et André Ayew

Mathieu Valbuena et André Ayew - -

Face à une équipe de l’Inter Milan moribonde, les Marseillais espèrent, ce mercredi soir (20h45), prendre une option sur la qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Mais même touchée, la bête italienne ne manque jamais de ressources…

Didier Deschamps était à Milan, vendredi dernier. Au théâtre du foot, plutôt qu’à La Scala. A cinq jours du 8e de finale aller de la Ligue des champions contre l’OM, l’Inter était en représentation face à une modeste troupe de Serie A, Bologne. La séance a tourné au fiasco. Les visiteurs se sont imposés 3-0 à San Siro, et les tribunes ont scandé le nom de José Mourinho. En quittant la scène milanaise, « DD » pouvait avoir le sourire. Son OM, même privé de Loïc Rémy, pouvait raisonnablement croire en ses chances. Cette image d’un Inter fantomatique en Serie A, l’entraîneur marseillais la combat. Pour mieux rappeler que c’est le vainqueur de la Ligue des champions 2010 qui vient au Vélodrome ce mercredi soir (20h45).

L’Inter que craint « DD », c’est cette colonie d’internationaux, de joueurs de talent et d’expérience, qui changent de peau quand l’enjeu bondit. Et ce réalisme poussé à l’extrême, tradition italienne oblige. L’OM, s’il n’a pas oublié l’héroïque qualification pour les demi-finales de la Coupe de l’UEFA aux dépens de l’Inter en 2004, se souvient comme si c’était hier du doublé d’Inzaghi en septembre 2009, qui avait offert la victoire au Milan AC (2-1). « Ce ne sera pas du tout le même Inter », a donc parfaitement conscience Steve Mandanda. Oubliées, les trois défaites consécutives en championnat d’Italie, l’absence de victoires depuis le 22 janvier.

Retenir la leçon de Man Utd

« Ils ne sont pas sur une très belle série, c’est clair, mais l’Inter est quand même favori », jure Steve Mandanda. De cet Inter malade, les Lillois ne s’en méfiaient peut-être pas assez l’automne dernier. Deux mauvaises surprises attendaient le champion de France, battu chez lui (0-1) et à San Siro (1-2). Deux matchs que Didier Deschamps a revus récemment. Il n’a pas eu besoin d’appeler Rudi Garcia pour renforcer son opinion, pour demander à ses joueurs de redoubler de vigilance. « On dit cette équipe malade, mais lors des grands rendez-vous, elle est présente », abonde Alou Diarra.

Leurs derniers grands rendez-vous, les Marseillais les ont assez bien négociés, depuis leurs victoires contre le PSG (3-0) et à Dortmund (3-2). Mais là, tout ne se jouera pas sur un match. Il faudra calculer le risque, doser l’effort. Il y a un an, à trop vouloir ne pas prendre de buts contre Manchester United à l’aller (0-0), l’OM avait surjoué la réflexion et basculé dans une trop grande timidité. Au retour, à Old Trafford, des regrets avaient surgi (1-2). L’art de l’équilibre des volontés est italien. Didier Deschamps l’inculque à son groupe depuis deux ans et demi. Réussir ce test de 180 minutes, avec verdict le 13 mars à San Siro, enverrait l’OM en quarts de finale. Dix-neuf ans que Marseille attend ça…

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Deschamps l’Italien|||

Ses six saisons en Italie, comme joueur (1994-1999) puis comme entraîneur (2006-2007) de la Juventus Turin, l’ont profondément marqué. Le Bayonnais Didier Deschamps, formé au FC Nantes et révélé à l’OM, a appris en Italie une attitude et un goût pour la gagne qui le guident encore aujourd’hui. « Il y a beaucoup de choses en lui qui sont italiennes, reconnait Antonio Pintus, le préparateur physique italien de l’OM, qui accompagne ‘‘DD’’ depuis de longues années (Juve, Chelsea, Monaco). Le professionnalisme, il l’a appris en Italie. Il essaye de le transmettre tout le temps. Il a aussi, à mon avis, une façon de chambrer, de rigoler, qui est typique des Italiens. A la Juventus, il rigolait même en dialecte romain avec les joueurs romains comme Angelo Di Livio et Angelo Peruzzi. » Deschamps l’Italien retraversera-t-il les Alpes ? Retournera-t-il entraîner dans ce pays qu’il aime tant ? « Moi, je le souhaite. Mais on ne sait pas… », glisse Antonio Pintus dans un grand éclat de rire. ‘‘DD’’ n’était pas loin et sur ce sujet-là, c’est visiblement « silenzio stampa »…

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Gignac et Diarra dans le groupe |||

Son dernier match remonte au 2 décembre. Blessé aux adducteurs depuis deux mois et demi, André-Pierre Gignac pourrait rejouer contre l’Inter Milan ce mercredi. L’attaquant marseillais a en tout cas été inclus dans le groupe par Didier Deschamps. L’entraîneur de l’OM, qui doit se passer de Loïc Rémy (cuisse), peut également compter sur Alou Diarra. Touché à un orteil contre Valenciennes samedi dernier (1-1), le milieu de terrain international est apte.