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Seydoux : « On a été trop prétentieux »

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Michel Seydoux, le président du LOSC, était l’invité de Luis Attaque sur RMC au lendemain de la défaite à domicile des Dogues face au Bate Borisov. Il assume la défaite, le début de saison mi-figue mi-raisin de son club, et croit dans le groupe de Rudi Garcia.

Comment allez-vous au lendemain de ce grand rendez-vous manqué ?

Pas trop mal, cela reste un jeu. Mais c’est vrai que c’est le match cauchemar. Je partage l’analyse de Rudi (Garcia, l’entraîneur). On a l’impression qu’on ne peut rien faire. Mais ce n’est pas très grave. On assume toujours tout. Les joueurs sont tout à fait conscients du rendu. C’est le genre de match qui doit servir d’expérience. En ce moment, nous nous tirons des balles dans le pied. Heureusement, il y a eu une seconde mi-temps beaucoup plus cohérente.

Les supporters sont déçus, les comprenez-vous ?

Honnêtement, j’aurais été tout à fait d’accord pour les siffler (les joueurs). Mais les supporters ont été formidables. Malgré le score terrible à remonter, il y a eu un véritable enthousiasme en seconde mi-temps. Je leur rends hommage, et merci à eux. Donc ce n’est pas le divorce entre supporters et joueurs. Mais la prestation d’hier n’était pas digne de ce qu’ils attendaient.

Ou le bât blesse-t-il en ce début de saison ? Dans le recrutement ou ailleurs ?

Pour moi, le problème est dans le travail. Il est dans les automatismes. Hier, on a pris une bonne raclée, pour être poli. Quand on prend une bonne raclée, il y a deux solutions. Soit on fait des progrès, soit on s’enterre. Moi, je suis persuadé qu’on va s’en sortir. Le talent est là, mais il y a beaucoup de travail. Je le dis avec franchise, peut-être a-t-on été un peu trop prétentieux…

Ne regrettez-vous pas de ne pas avoir acheté un grand attaquant ?

Je pense que pour avoir un grand attaquant, il faut des ballons qui viennent. Les extra-terrestres, on n’a pas les moyens de les avoir. Je n’ai pas les moyens du PSG. Nous essayons d’être le plus ambitieux avec nos moyens. L’an dernier, nous évoluions dans un petit stade, donc des petits revenus. Nous avons donc dû compenser un manque à gagner (vente de Hazard). On a correctement géré l’après-titre, mais on ne se cache pas : ce début de saison est en demi-teinte.

Rudi Garcia vous avait demandé un attaquant…

Il a les joueurs qu’il veut, je crois. L’entrée de Ryan Mendes a été formidable, je trouve. Combatif, il y va, il a du ballon… Pourquoi notre ami Moussa Sow a-t-il mis 20 buts, parce qu’il y avait à gauche un monsieur Hazard, et à droite, un monsieur Gervinho. Les buts, c’est parce qu’on vous envoie des ballons formidables. Je pense que nous avons des talents, j’ai confiance en eux, mais il y a encore beaucoup de travail au niveau de la cohésion.

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Garcia désamorce la crise|||

Alors que la France du foot aurait pu imaginer une colère noire de la part de Rudi Garcia après la première mi-temps totalement ratée face au Bate Borisov (0-3), le coach lillois semblait plus désemparé qu’autre chose. D’un calme olympien, ce dernier a parlé à ses joueurs d’un accident. « Je ne peux pas jouer à votre place, leur a-t-il lancé, avant de muscler sa causerie : « A vous de montrer votre vrai visage ». A la fin du match (1-3), le discours se voulait encore optimiste, notamment en raison de la réaction d’orgueil de ses joueurs en seconde mi-temps. Plus satisfait par le jeu proposé, Rudi Garcia a tout de même voulu souligné que le LOSC avait été ridicule pendant les 45 premières minutes. Enfin, ce matin avant l’entraînement, le coach a reçu les cadres du vestiaire. Tous se sont mis d’accord sur le fait que des choses devaient changer. Si personne ne parle officiellement de crise, tout autre résultat qu’une victoire dimanche, dans un « match indispensable à gagner contre Lyon » dixit Garcia, ferait tâche. Et compromettrait encore un peu plus ce début de saison délicat.

Luis Attaque avec Mohamed Bouhafsi