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Lolli : « Une justice à deux vitesses »

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Julien Lolli, le président du Sporting Club de Bastia, ne digère pas la décision de la DNCG de réléguer son club en CFA. D’après lui, la formation insulaire est victime d’un acharnement anti-corse.

Comment avez-vous accueilli la décision de la DNCG ?
Avec de l’accablement et une grande rancœur. C’est quelque chose d’injuste et d’inqualifiable. La commission d’appel de la DNCG a manqué de respect aux élus de la République. C’est profondément scandaleux que des gens puissent remettre en cause des décisions émanant des élus du peuple.

Quels arguments vous a donné la DNCG ?
La DNCG fait partie des gens qui n’aiment pas le Sporting Club de Bastia. Il faudrait qu’elle ait le courage de dire qu’elle ne souhaite plus que les clubs corses jouent dans le championnat français. Ça irait plus vite. On est victime d’un acharnement. Les décisions sont prises sans soucis d’équité. Le dossier de Gueugnon, qui était dans la même situation que nous, est passé comme une lettre à la poste. Celui de Bastia a été refusé. C’est honteux et scandaleux.

Est-ce, selon vous, une décision politique ?
Le débat a dépassé le cadre sportif. Cela va plus loin qu’une simple sanction à l’encontre du SCB. C’est un véritable camouflet pour les représentants du peuple corse, puisque leurs engagements sont suspectés d’illégitimité. Une simple institution se permet de trancher sur le destin d’un club en refusant de prendre en compte le vote des élus.

Êtes-vous décidé à exploiter tous les recours possibles ?
Evidemment. On n’en laissera tomber aucun. Une grosse mobilisation des élus corses est en marche. Certains d’entre eux sont actuellement à Paris pour discuter de ce dossier. Et voir pourquoi certaines petites personnes se permettent de faire des commentaires sur les élus du peuple.

La mobilisation est d’autant plus forte que le Sporting Club de Bastia représente la fierté du peuple corse…
C’est effectivement notre fierté. Mais il ne faut pas oublier que la Corse est rattachée à la France. Si certains trouvent que cette situation est gênante, il faut qu’ils le disent. Mais il faut qu’ils arrêtent de se cacher derrière des faux problèmes pour ne pas faire face à leurs responsabilités. La justice à deux vitesses, ça ne me plait pas beaucoup. Les juges de la DNCG ont besoin d’être recadrés. Ils n’ont pas conscience qu’ils mettent en péril une institution, des salariés et tout un peuple qui est attaché à son club.

Propos recueillis par Alexandre Jaquin