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Match mortel en Egypte

Le stade de Port-Saïd

Le stade de Port-Saïd - -

Des violences ont provoqué la mort de plus de 70 personnes mercredi soir dans le stade de Port-Saïd, dans le nord-est de l’Egypte, à l'issue du match du championnat entre Al-Masry et Al-Ahly (3-1). C’est l’un des évènements les plus meurtriers de l’histoire du football international.

Le football a viré au drame mercredi soir dans le nord-est de l’Egypte, à Port-Saïd. De violents affrontements entre supporters des clubs d’Al-Masry et Al-Ahly ont entraîné la mort de 74 personnes selon un bilan du gouvernement égyptien donné en milieu de soirée. Plus de 1 000 personnes ont été blessées, dont 188 gravement, le plus souvent à la tête et par armes blanches. Certaines ont été victimes d’étranglements. D’autres ont été jetées par-dessus les tribunes. Le 1er février 2012 est devenu l’une des dates les plus meurtrières de l’histoire du football international.

Il s’agissait d’un match de la 17e journée du championnat égyptien entre l’équipe d’Al-Ahly, l’un des clubs les plus importants du Caire, et l’équipe d’Al-Masry, de Port-Saïd. Les heurts ont commencé pendant le match avec des fumigènes jetés sur le terrain. L’arbitre a dû retarder de quelques minutes le coup d’envoi de la seconde période. Mais le match a repris. Il s’est achevé sur la victoire d’Al-Masry (3-1), la première défaite de la saison d’Al-Ahly. Quelques secondes plus tard, un supporter d’Al-Ahly pénétrait sur la pelouse avec une barre de fer.

Une banderole déployée par les supporters d’Al-Ahly, insultante à l’encontre de de Port-Saïd, semble également avoir provoqué les débordements. « L’agressivité, en Egypte, c’était jusque-là entre les supporters et les forces de l’ordre, explique Ahmed Hasan Sami, journaliste à l’agence égyptienne d’information Ména. Jamais entre les supporters. Jamais. » Mercredi soir, les premières déclarations des personnes qui étaient au stade ont condamné l’absence des forces de l’ordre.

Blatter : « Un jour sombre pour le football »

Sur les réseaux sociaux, les relais de la révolution il y a un an, certains supporters ont ainsi évoqué la « disparition » des services de sécurité au début des violences. A partir de là, s’est rapidement posée la question de savoir si ces violences ont été préméditées, organisées. L’enjeu des prochains jours pour le football égyptien et le pays dans son ensemble sera d’évaluer les responsabilités qui ont abouti à ce drame. Les débats pourraient se déplacer sur le terrain politique, dans le contexte tendu d’une démocratie naissante.

Le monde du football, lui, est sous le choc. Sepp Blatter, le président de la FIFA, a réagi dès mercredi soir. « Je suis très choqué et triste d'apprendre qu'un grand nombre de fans de football sont morts ou ont été blessés, a-t-il déclaré dans un communiqué. C'est un jour sombre pour le football. Une telle catastrophe est inimaginable et ne devrait pas se produire. » Le ballon rond, « l’opium du peuple en Egypte » pour Ahmed Hasan Sami, est maculé de sang.