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Ménès, le Frostbite, Journey... : pourquoi FIFA 17 est encore la référence cette saison

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Ca y est, c’est le grand jour : hormis si vous êtes un des petits veinards à l’avoir reçu avant sa sortie (pistonné) ou téléchargé via le EA Access (pistonné bis), dans quelques heures (ou minutes), FIFA 17 sera là, devant vous, entre vos mains, prêt à être lancé sur votre console de jeu vidéo. Vaut-il tout le tintamarre et toute l’attente qu’il suscite ? Il est temps de passer ce FIFA 17 sur le grill.

LES PLUS Protéger… et servir

C’est l’un des points forts de ce FIFA 17, certainement LE point le plus important de ce test, celui sur lequel vous vous êtes précipités (si ce n’est pas déjà fait) pour être sûr que l’on n’a pas divagué au moment de rédiger ce test. Que vaut donc ce nouveau FIFA manette en main ? Y a-t-il une différence abyssale entre la démo, jugée excellente et le jeu définitif ? On vous rassure d’entrée sur ce point : en deux semaines, FIFA 17 n’a pas subi d’énormes modifications, même s’il faut reconnaitre que le rythme des matches a été revu à la hausse. Le jeu est toujours posé, lent et nécessite un sens de la construction et de la maîtrise de la passe. Grâce à la protection de balle, applicable partout sur le terrain et dans n’importe quelle position, l’animation offensive est un véritable régal : les joueurs se servent de ce jeu en pivot pour proposer des décalages et des appels plus variés que d’habitude. Du coup, contrairement aux autres versions, on se retrouve dans un jeu un peu moins stéréotypé – débordement sur les côtés, centre à ras de terre ou en l’air – et plus axial, ce qui ravira les joueurs adeptes des redoublements de passes. Cette abondance de biens a un prix : celui de savoir rapidement bien défendre. Car il est parfois bien difficile de pouvoir anticiper correctement le jeu adverse.

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Quoi ma gueule… qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?

Elle est magnifique. Et c’est le cas pour la majorité des joueurs modélisés dans ce FIFA 17. En changeant de moteur cette année – EA Sports utilise désormais le Frostbite, le même moteur que la série du jeu de tir Battlefield – FIFA a fait très fort et mis encore un peu son rival historique, PES, dans le dur. Car le Frostbite n’a rien à envier au Fox Engine sur le plan graphique. Le résultat est bluffant, saisissant même lors des cinématiques du mode Aventure ou lors des gros plans de match, avec des joueurs en sueur et peinant à reprendre leur souffle. Le rendu est aussi épatant manette en main ou la gestuelle des joueurs a encore gagné en fluidité et les duels, surtout à l’épaule, en crédibilité. Retrouver les visages sur le bord du terrain de José Mourinho, Arsène Wenger ou encore Claudio Ranieri est appréciable, d’autant que leurs avatars virtuels s’en sortent avec les honneurs. On regrette que, l’accent ayant été mis cette année sur les clubs de Premier League, les autres grands coaches européens n’aient pas, eux aussi, bénéficié d’un polish au poil. L’an prochain ?

Di Maria qui tourne le dos à Marcelo : la protection de balle dans sa meilleure expression
Di Maria qui tourne le dos à Marcelo : la protection de balle dans sa meilleure expression © -

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FUT, le monde est FUT

Quand on tient un bon filon, il ne faut pas hésiter à l’exploiter jusqu’au bout. Avec son mode FIFA Ultimate Team, FIFA a déjà séduit des millions de joueurs à travers le monde et s’est offert un mode de jeu à la durée de vie monstrueuse. Mais EA Sports a frappé encore plus fort en intégrant un nouveau mode dédié à FUT dans FIFA 17 : FUT Champions, qui risque de faire chauffer ce qui vous reste de CB (ou d’économies) et de ruiner quasi-définitivement votre vie sociale. Le principe est simple : vous allez défier avec votre équipe – que vous aurez créé soit une fois le jeu en main soit avec l’application companion dédiée pour smartphone – d’autres joueurs FUT tout au long de la semaine. Si votre ranking est bon, vous pourrez vous qualifier pour les tournois du week-end, riches en packs de joueurs et en bonifications en tout genre. Et ce n’est pas tout : pour les gamers pur et dur, sachez que FUT Champions vous permettra de vous qualifier pour les Series Championship Ultimate Team, une des grandes compétitions eSport dédiées à FIFA. Et on parle d’un 1,3 million de dollars à gagner ! Enfin, si on vous dit que vous pourrez télécharger votre équipe FUT pour affronter hors-ligne celle de votre copain ou voisin… compliqué voire impossible, dans ces conditions, de passer encore à côté d’Ultimate Team cette année.

Pas mal non le Pierre-Emerick Aubameyang ?
Pas mal non le Pierre-Emerick Aubameyang ? © -

LES MOINS

Ménès… que un commentateur

On adore (ou pas) Pierre Ménès, son franc-parler et ses punchlines à répétition. Du coup, on attendait avec impatience de le voir à l’œuvre sur nos écrans, tailler un short à Edinson Cavani ou ajouter une précision statistique sur le rendu d’un joueur. Si le journaliste phare du Canal Football Club fait le job, il manque de… punch, condition sine qua none pour emballer le chaland manette en main. C’est simple, il faut vraiment tendre l’oreille pour entendre Pierre Ménès, dont la voix est systématiquement couverte par l’ambiance en tribunes, notamment lors des matches de Premier League. Dommage, car quand ses commentaires sont audibles, le résultat est – hormis deux phrases par-ci, par-là en décalage avec l’action – plutôt sympa. A revoir.

Une aventure qui ne vous prendra peut-être pas toute la… Journey

On est peut-être un peu dur sur le nouveau mode de jeu de ce FIFA 17, le mode Aventure (ou Journey en anglais). Car il est beau comme un camion - merci le Frostbite –, franchement bien fait, avec un vrai scénario, de l’émotion et des cinématiques tout plein. Mais c’est là que le bât blesse. Il y a beaucoup trop de cinématiques dans ce mode qui ressemble parfois trop à un film interactif et pas assez à une carrière virtuelle. On adhère moins aussi à l’aspect psychologique un peu trop poussé de certains personnages censés être secondaires dans l’histoire d’Alex Hunter, le héros de Journey. Et on regrette vraiment que cette aventure, bourrée de bonnes idées (le système de détection et de choix d’équipes), de moments sympa (les rencontres avec Marco Reus ou les autres stars de votre équipe), ne se passe qu’en Premier League. Espérons que la saison 2 l’an prochain s’ouvrira à d’autres championnats… comme la Ligue 1 ?

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Voici ce que me demande Claudio Ranieri avant mon entrée en jeu : serais-je à la hauteur ?
Voici ce que me demande Claudio Ranieri avant mon entrée en jeu : serais-je à la hauteur ? © -

Une défense qui fait débat

Mouais… c’est un peu le mot qui revient après plusieurs parties successives sur FIFA 17. Et ce mouais s’adresse exclusivement au secteur défensif. On vous le disait plus haut : défendre en anticipant s’avère très, très compliqué. On pense notamment à la protection de balle, utile pour inciter des appels de la part de vos partenaires mais quasi impossible à endiguer (gare à l’abus !). Mais c’est globalement tout le système défensif qui est vraiment dur à prendre en main, hormis avec des équipes bâties sur ce système, type Juventus de Turin et Atlético de Madrid, la faute parfois à un changement de curseur pas assez précis (argh). On regrette notamment le côté hyper aléatoire sur la défense des corners, où on n’est jamais sûr de pouvoir intervenir avec succès. Ceux joués à la rémoise, où le gardien se troue quasi-systématiquement, notamment en ligne. Et les centres au cordeau (quasiment sur la ligne de sortie de but), qui font mouche presque à tous les coups. Il y a là un véritable équilibre à trouver et on ne doute pas qu’EA Sports fasse le nécessaire, patch à l’appui, pour s’en rapprocher très rapidement.

LA TENO : 17/20

Alors ? Alors ? Eh bien alors : oui, c’est un grand oui pour ce FIFA 17. On ne va pas se mentir : avec un nouveau moteur, un nouveau système de jeu, des coups de pied arrêtés repensés et du contenu inédit, EA Sports a bien enclenché cette année une révolution pour son jeu phare de football, la première depuis son passage sur consoles nouvelle génération. Mais tout n’est pas toujours bon dans le changement ou du moins tout n’est pas toujours bien maitrisé. Si on adooore les nouveaux penalties et la possibilité de bluffer son adversaire jusqu’au dernier moment, les coups francs, leur vue plongeante, immersive et la possibilité d’ajuster soi-même la position du tireur, on accroche moins avec les corners et leur système de curseur. Un peu moins avec le poids narratif du mode Aventure et, manette en main, beaucoup moins avec une défense pas toujours simple à mettre en place, avec un changement de curseur qui en frustrera plus d’un et une protection de balle jouissive en phase offensive, irritante en phase défensive. Pas de quoi bouder notre plaisir - un patch devrait rapidement voir le jour pour corriger ça – et ne pas passer à la caisse cette année : malgré un PES 2017 plutôt convaincant, FIFA 17 conserve encore cette année sa couronne de champion.

Partenariat Premier League oblige, on retrouve l'habillage TV officiel du championnat anglais
Partenariat Premier League oblige, on retrouve l'habillage TV officiel du championnat anglais © -
Alix Dulac