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Mercato: "Cet été, ça a été difficile avec Monaco", Loïc Badiashile se confie

Loïc Badiashile a répondu aux questions de RMC. Le gardien du Cercles Bruges, prêté par l'AS Monaco, s'exprime sur l'évolution de sa carrière, le choix de quitter la France et son avenir avec l'ASM.

C’est à Bruges, à 15 minutes du centre historique, que l’on a retrouvé Loïc Badiashile, prêté cette saison au Cercle par l’AS Monaco. Dernier de Jupiler League, le club belge reste sur sept défaites lors des sept derniers matches. Malgré cette situation sportive, le gardien possède déjà beaucoup de recul sur sa jeune carrière. Une maturité tirée d’un parcours où Loïc Badiashile a déjà connu la blessure, le fait d’être écarté du groupe professionnel, d’être sans club et des titularisations en Ligue des champions. Au fil de l’interview, on comprendra qu’un retour à l’AS Monaco, où il lui reste un an de contrat, l’année prochaine semble difficile.

Comment se passe la vie en Belgique ?

Loïc Badiashile: Dans la vie de tous les jours ça va, je commence à m’y faire. Je suis souvent avec ma famille. Pour le football, c’est plus dur. On connait des moments difficiles avec un changement de coach dernièrement… On essaye de sortir la tête de l’eau.

Qu’est-ce que vous avez découvert en arrivant au Cercle Bruges ?

Tout. Je ne suivais pas beaucoup le championnat belge et je suis agréablement surpris par le niveau. Il y a de très bonnes équipes. C’est bien pour progresser, mais j’aurais préféré que ça se passe mieux pour nous. C’est un peu dur de progresser quand on a de si mauvais résultats. Ça remet un peu tout en cause. J’espère que ça va changer.

Comment expliquez-vous ce début de saison si difficile?

On a beaucoup de très jeunes joueurs dans l’effectif. De nouveaux joueurs aussi. On manque d’expérience et on ne se connait pas énormément.

Comment jugez-vous votre début de saison personnel?

Il est encourageant. Sur dix matches disputés, c’est six bons matches, deux très bons matches et deux mauvais matches. Je dois progresser sur ces deux matches, mais c’est pour ça que je suis venu. On ne peut pas me demander d’être tout le temps exceptionnel, sinon je serais déjà titulaire à l’AS Monaco.

Comment s’est décidé ce prêt au Cercle cet été?

On l’a décidé avec Monaco. On a eu l’opportunité de ce prêt. Je pouvais aussi rester à Rennes où j’ai fait les 6 derniers mois. On a décidé avec Monaco de venir ici, pour jouer.

Que gardez-vous de ce prêt à Rennes?

Une superbe expérience, de bons souvenirs. J’ai beaucoup aimé avec des joueurs que je ne connaissais pas avant et avec qui je me suis super bien entendu. Je ne regrette pas le prêt même si ça ne s’est pas passé comme prévu sur le terrain. On espère toujours changer la hiérarchie en arrivant. Je me suis dit qu’il y avait un coup à jouer. Mais j’étais prêt à rester avec Rennes car j’aimais ce qu’ils proposaient. J’ai eu de très bonnes discussions avec le président.

C’est le temps de jeu qui a fait basculer votre décision vers Bruge ?

Ça n’a pas été que ma décision. Il fallait que les négociations entre Rennes et Monaco se passent bien. Et cette partie a été compliquée. Monaco n’a pas voulu me vendre. J’ai étudié les autres options et la plus logique c’était de venir au Cercle. C’est un club dirigé par Monaco, les dirigeants viennent souvent, donc finalement, pour le suivi, c’était plus facile.

Regrettez-vous de ne pas avoir pu rester à Monaco pour vous battre pour votre place?

Honnêtement, ça fait deux ans que je me dis qu’il y a des possibilités à Monaco. Et chaque été, c’est la même chose. D’autres gardiens arrivent… des promesses non tenues… C’est dur à accepter car c’est mon club formateur. C’est le club que j’aime. Je voulais avoir une place plus importante. Si ce n’était pas premier gardien, au moins être deuxième et venir titiller le premier. C’est compliqué car il y a eu un moment où j’y ai vraiment cru, avec l’arrivée de Thierry Henry. Je pensais que j’allais pouvoir me lancer. J’ai eu énormément de déception à ce moment-là.

Vous avez quand même pu la Ligue des champions avec Monaco la saison dernière…

Ça reste un super souvenir. La saison avait mal commencé pour moi parce que je n’avais pas repris avec le groupe professionnel. J’ai même mis du temps à reprendre avec la réserve. Je n’étais pas du tout dans les plans de Jardim. Au final, ça finit par la meilleure saison de ma jeune carrière.

Est-ce que vous comprenez les nombreux départs de jeunes joueurs à Monaco cet été?

Ça a été très dur pour certains jeunes. Surtout ceux qui ont joué la Ligue des champions et qui se sont retrouvés à ne plus s’entraîner du tout avec les professionnels. On pensait qu’on avait réussi à intégrer le groupe. C’est très dur pour un joueur de jouer la Ligue des champions, avec un très grand club comme Monaco et se dire qu’il faut retourner en CFA ensuite, sans pouvoir s’entraîner avec les professionnels. Certains ont préféré partir.

Qu’est-ce que vous a dit le club à ce moment-là?

Pas grand-chose… Simplement qu’il y a un nouveau coach (Jardim) qui arrive, qu’il ne fait pas confiance à certains et qu’il faut retourner avec la CFA. Après, on a eu la chance de pouvoir jouer aussi, il ne faut pas s’en plaindre. On aurait simplement aimé que ce soit plus long et plus joyeux.

Pour beaucoup de joueurs, le point commun à ces envies de départ, c’est Leonardo Jardim. Comment l’expliquer?

C’est un peu bizarre avec lui. En soit, on n’a pas de problème avec le coach, on n’est pas énervé, on ne s’est jamais manqué de respect. Mais comme ça peut arriver avec certains coaches, ça ne passe pas. Peut-être qu’il n’aime pas mon profil… Je pense que ce sera compliqué à l’avenir avec lui, mais je suis à Bruges pour faire changer ça. On a discuté avant que je signe et il pensait que c’était la meilleure chose pour moi.

Votre ambition, c’est de jouer à Monaco?

Oui je l’ai toujours dit. C’est le club que j’aime. Mais c’est dur aussi d’aimer un club qui ne te rend pas vraiment cet amour. Mais je vais tout faire pour pouvoir y revenir et jouer. Certains disent qu’ils ne misent plus sur les jeunes mais c’est dur de dire ça pour moi. Mon petit frère (Benoit Badiashile – 18 ans) joue beaucoup cette saison (9 matches).

Qu’est-ce qu’il vous manque pour passer le cap et jouer à l’ASM?

L’expérience… Mais c’est bizarre car il faut jouer pour avoir de l’expérience. Il faudra voir ce que Monaco propose l’été prochain. Numéro 3 ce sera compliqué de redescendre alors que je joue ici. Numéro 2… on en discutera. Monaco, ça reste mon club.

Loïc Tanzi