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Ouaddou et l’autre visage du Qatar

Abdeslam Ouaddou

Abdeslam Ouaddou - -

A 34 ans, Abdeslam Ouaddou sort d’une expérience difficile au Qatar. Le défenseur marocain a dû résilier son contrat et rentrer en France après de longs mois sans toucher son salaire. Une situation surréaliste dans l’un des clubs appartenant pourtant aux propriétaires du PSG.

La scène est majestueuse, clinquante, dressée en plein Paris, entre la Tour Eiffel et le Parc des Princes. Depuis un an et demi, elle voit défiler les plus grandes stars du ballon rond. Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva, l’été dernier, Lucas Moura et David Beckham cet hiver. En attendant les autres… Un déploiement fastueux qui témoigne de la puissance financière du Qatar, exportée par ses richissimes investisseurs. Ces derniers ont choisi le PSG comme théâtre de prestige, à 5000 km de leur terre natale.

Une opulence qui tranche avec l’état des coulisses, au Moyen-Orient, où la famille Al-Thani possède également plusieurs clubs. Abdeslam Ouaddou a pu le constater. Après une saison et demie passée dans l’émirat, le défenseur marocain a été contraint de plier bagages, faute de percevoir son salaire en temps et en heure. « Il me restait un an de contrat mais je l’ai résilié parce que je n’étais pas été payé depuis 6 mois, explique l’ancien joueur de Nancy. Pourtant, je jouais à Lekhwiya, le deuxième club du propriétaire du PSG. C’est étonnant. Plusieurs joueurs étaient dans mon cas. On m’a demandé de rencontrer les dirigeants. On n’a jamais pu le faire. Ils ne voulaient pas discuter avec nous. Donc à un moment donné, on a dû utiliser le règlement de la Fifa (sollicitée dans ce type de litige, ndlr) pour pouvoir résilier nos contrats. »

Ouaddou : « J’ai dû faire intervenir mes avocats »

Une situation surréaliste à l’heure où le Qatar, qui a obtenu l’organisation de la Coupe du monde 2022, investit de manière massive dans le sport. « Pendant plusieurs années, c’était le comité olympique qui gérait un peu tous les professionnels au Qatar, précise Ouaddou. On n’a jamais eu de soucis de paiement. Et depuis cette année, avec la disparition du comité olympique, la fédération a donné un budget aux clubs, qui s’autogèrent pour payer leurs joueurs. Donc c’est devenu le bordel ! »

Un bordel dont le joueur de 34 ans a eu du mal à s’extirper. « Pour quitter le pays, il faut une autorisation de sortie, j’ai galéré pour l’avoir, souffle-t-il. C’était un peu compliqué. En plus, j’étais avec mes enfants là-bas. J’ai dû faire intervenir mes avocats pour pouvoir partir. Finalement, ça s’est bien passé. Je suis rentré. Aujourd’hui, mes enfants sont réinscrits à l’école. Tout va bien ». Après avoir failli retourner à Nancy, puis signer au Mans (Ligue 2), Ouaddou attend désormais l’été prochain pour se trouver un nouveau challenge. Entre-temps, il suivra la Ligue 1 avec attention. Et sûrement un pincement au cœur lorsqu’il verra le PSG et sa pléiade de stars…

Alexandre Jaquin